Pour la 121e semaine consécutive de la campagne « Non aux exécutions du mardi », des prisonniers politiques dans 56 établissements pénitentiaires à travers l’Iran ont lancé une nouvelle grève de la faim ce mardi 19 mai 2026. Cette action vise à protester contre la vague d’exécutions ininterrompue et le durcissement de la répression judiciaire. Cette protestation survient alors que les autorités sécuritaires et les responsables carcéraux ont multiplié, ces dernières semaines, les restrictions et les menaces, ciblant particulièrement les prisonnières politiques afin de briser le mouvement.
Ce mouvement de contestation, qui figure désormais parmi les formes de résistance les plus longues et les plus constantes au sein du système carcéral iranien, témoigne de l’opposition persistante des détenus à la peine capitale.
Une proportion importante de ces protestataires est constituée de prisonnières politiques purgeant actuellement leurs peines dans le quartier des femmes de la prison d’Evin (Téhéran), de la prison de Qarchak (Varamin), ainsi que dans les quartiers des femmes des prisons de Sepidar (Ahvaz), d’Adelabad (Chiraz), de Zahedan, de Yazd et de la prison de Lakan à Racht.

En dépit d’un climat sécuritaire pesant, les prisonniers politiques ont maintenu leur grève de la faim pour dénoncer l’augmentation du nombre d’exécutions et les politiques répressives du gouvernement. Les prisonnières politiques détenues à la prison d’Evin auraient fait l’objet de mesures punitives accrues et de pressions supplémentaires en représailles à leur participation à la campagne.
Selon certaines informations, plusieurs prisonnières politiques d’Evin, notamment Zahra Safaei, Forough Taqipour, Marzieh Farsi, Elaheh Fooladi, Arghavan Fallahi, Shiva Esmaili et Golrokh Iraee, avaient déjà été frappées d’une interdiction de visite familiale de trois semaines. Suite à leur nouvelle participation aux actions de protestation, elles auraient été condamnées à une suspension supplémentaire de leurs droits de visite pour une durée de trois semaines.
Parallèlement, des dizaines d’autres prisonniers auraient subi des sanctions disciplinaires, de nouvelles restrictions et des pressions sécuritaires au seul motif de leur présence dans les cours des prisons ou pour avoir observé les rassemblements de contestation liés à la campagne « Non aux exécutions du mardi ».
Une partie du communiqué publié par la campagne aborde l’intensification du climat de répression dans la société iranienne. Le texte affirme que les autorités ont, ces derniers mois, renforcé la présence des forces affiliées aux institutions étatiques dans les villes, tout en promouvant ouvertement l’entraînement au maniement des armes dans les espaces publics. Le communiqué décrit ces agissements comme une tentative de normaliser la violence et d’instaurer une peur profonde au sein de la population.
Le communiqué alerte également sur le recours croissant aux exécutions, soulignant que la peine capitale en Iran ne fonctionne pas seulement comme une sanction judiciaire, mais aussi comme un instrument politique de répression et de terreur. Selon les militants, les autorités utilisent les exécutions comme un levier pour contraindre la société au silence et à la soumission. Néanmoins, prisonniers et manifestants continuent d’affirmer leur détermination à résister et à s’opposer à ces pratiques.



















