Michèle Alliot-Marie à l’IWD 2026 : la démocratie est impossible sans les femmes dans toutes les instances de décision
Le samedi 21 février 2026, à la veille du 8 mars, Journée internationale des femmes, la Commission des Femmes du CNRI a organisé à Paris une conférence internationale intitulée « Le leadership des femmes : un impératif pour un Iran libre et une république démocratique ». La conférence, à laquelle participaient des parlementaires, des universitaires, des chercheuses et d’éminentes personnalités politiques, s’est concentrée sur la participation politique et le leadership des femmes comme éléments décisifs d’une société démocratique.
Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre française des Affaires étrangères, de la Justice, de l’Intérieur et de la Défense (2002-2011), était présente à cette conférence et y a prononcé un discours.

Michèle Alliot-Marie : le monde a besoin des femmes et d’un Iran démocratique pour la stabilité régionale
Chère présidente, chère Maryam Radjavi, chers amis iraniens d’ici, d’Ashraf et de partout ailleurs, ainsi que tous les amis qui viennent aussi apporter leur soutien de tous les pays européens, des États-Unis et bien d’autres encore, je veux vous dire combien je suis heureuse de partager avec vous cette journée avec un petit peu d’avance sur le calendrier, cette journée des droits des femmes.
Cette journée de la femme, c’est d’abord celle où nous célébrons le rôle des femmes dans toutes les sociétés. Et nous les célébrons non seulement comme mères, comme épouses, mais nous les célébrons surtout comme celles qui assument la vie quotidienne, comme celles qui font avancer la culture, la santé, la démocratie, les sports, la science. Ce n’est pas pour rien qu’il y a des prix Nobel, y compris de femmes iraniennes qu’il faut saluer et qui reconnaissent le rôle des femmes dans tous ces domaines.
Cette journée de la femme, c’est aussi celle où nous affirmons, nous qui en bénéficions, les droits des femmes : les droits des femmes à l’éducation, les droits des femmes à la liberté, les droits des femmes au libre choix de leur métier, le droit des femmes à aller et venir comme elles le veulent, le droit des femmes à penser comme elles le veulent. C’est dans tous les pays que les femmes ont un rôle à jouer, qu’elles doivent être associées à toutes les grandes décisions qui impliquent l’avenir de leur pays, qui impliquent l’avenir de leur famille, mais qui impliquent aussi l’avenir de l’humanité.
Et ça, il faut le rappeler parce que si c’est vrai dans nos démocraties, il y a encore tant de pays dans lesquels cette réalité n’est pas prise en compte, tant de pays où les femmes sont privées de pouvoir jouer le rôle qu’elles peuvent jouer pour le bien de leur pays et pour le bien de l’humanité. Cette journée de la femme, c’est aussi une occasion pour nous de dire notre solidarité, notre soutien, notre affection aux iraniennes et aux iraniens qui avec un courage et une détermination inouïe s’opposent à l’un des régimes les plus machistes et les plus cruels de toute notre planète.
Un régime qui n’hésite pas à assassiner des dizaines de milliers de personnes, des femmes en particulier, simplement parce que les citoyens osent dire qu’ils ne sont pas satisfaits de la situation, qu’ils en ont assez d’être sous une dictature, qu’ils en ont assez d’être menacés, qu’ils en ont assez d’être finalement empêchés de vivre. Et je crois que, chers amis, c’est tout un symbole que nous soyons rassemblés ici autour d’une femme iranienne qui porte depuis tant d’années, je devrais dire depuis tant de décennies, les aspirations des femmes et des hommes de toute une nation.
Leurs aspirations à la liberté, à la démocratie, à la reconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes, qui préside un parti, qui préside un mouvement où plus de 56 % des participantes sont des femmes. Cette femme, je voudrais que nous l’applaudissions tous et que nous lui disions toute notre affection : c’est Maryam Radjavi.

Michèle Alliot-Marie : le peuple iranien risque sa vie pour défendre les valeurs mêmes que vous portez
Et moi je vais vous dire, si vous le permettez, ce qui depuis tant d’années crée notre lien finalement : c’est que Maryam Radjavi n’a jamais changé, elle n’a jamais varié dans ses convictions. Et c’est tellement facile quand des opportunités semblent se présenter de dire ‘on va s’adapter finalement, on va essayer d’aller vers ce qui sera le plus utile’. Non, Maryam Radjavi a de vraies convictions, des convictions qu’elle défend depuis toujours, y compris cette conviction essentielle que les femmes ont un rôle indispensable à jouer dans la démocratie et dans la paix en Iran, bien sûr et d’abord en Iran.
Parce que c’est du peuple que viendra le changement de régime, mais également au-delà de l’Iran et dans l’ensemble du monde. C’est aussi, chers amis, l’occasion pour nous de rappeler que le futur de l’Iran ne saurait en aucun cas être celui des mollahs. Un grand pays doit à son peuple une vraie démocratie et il n’y a pas de démocratie possible tant que ce régime est en place. Il n’est pas de démocratie sans la présence des femmes dans toutes les instances de décision.
Et tout régime qui voudrait se substituer à celui des mollahs ou qui voudrait perpétuer celui des mollahs, dès lors qu’il ne reconnaît pas cette évidence que les femmes ont un rôle essentiel à jouer dans la démocratie, ne peut en aucun cas être considéré comme un régime démocratique, donc comme un régime satisfaisant. Il n’y a pas non plus de démocratie sans liberté d’expression, sans liberté religieuse, sans liberté d’action, sans liberté pour chacune et chacun de choisir où il a envie de vivre et comment il a envie de vivre.
Il n’y a pas de démocratie sans l’égalité entre les hommes et les femmes, c’est aussi un des éléments fondamentaux. C’est ce que vous proclamez, chère Maryam Radjavi, depuis des années dans votre programme, c’est ce que vous continuez de défendre et c’est ce que nous défendons autour de vous. Certes, certes nous sommes nous dans un climat relativement serein. Nous n’avons pas à nous plaindre, nous pourrons en sortant d’ici aller effectivement dire ce que nous pensons, vivre comme nous le voulons.

Et c’est tellement plus facile pour nous que pour celles et ceux qui en Iran même essaient de se battre au péril de leur vie pour défendre les valeurs qui sont aussi les vôtres, chère Maryam Radjavi. Mais nous voulons leur dire simplement, effectivement nous sommes avec nos moyens à leurs côtés, qu’ils ne sont pas seuls. Et je pense que c’est ça le message à leur faire passer. Certes, nous ne voulons pas interférer, nous n’avons pas à interférer dans un changement de régime, mais ce que nous voulons vous dire c’est que nous vous appuyons.
Ce que nous voulons vous dire c’est que nous sommes à vos côtés, nous nous tenons à vos côtés et dans toute la mesure du possible nous soutenons effectivement votre combat. Je pense que c’est important de le dire à l’heure où dans certains pays nous voyons remettre en cause le principe même de la démocratie. C’est un élément nouveau. La démocratie est toujours apparue comme finalement un idéal vers lequel tendre. Aujourd’hui nous voyons un certain nombre de grands pays d’ailleurs qui essaient de dire que la démocratie c’est finalement quelque chose qui ne concernerait qu’une petite partie du monde.
Et que l’on peut facilement remettre en cause au nom d’un néocolonialisme ou de la lutte contre un néocolonialisme ou au nom du droit à choisir soi-même son régime. C’est un problème essentiel. Et c’est la raison pour laquelle au moment aussi où les conflits dans le monde sont de plus en plus nombreux, violents et dangereux, il est indispensable de réaffirmer que la démocratie, que la liberté c’est quelque chose qui doit se défendre partout. C’est le moment aussi de réaffirmer que nous soutenons celles et ceux qui les défendent.
Oui, Maryam Radjavi, oui chers amis, le monde a besoin des femmes. Le monde a besoin d’un Iran démocratique qui permette la stabilisation de cette région. Le monde a besoin de vous toutes, les iraniennes qui êtes ici, qui êtes à Ashraf. Oui, le futur de la paix dans le monde dépend aussi de votre capacité à imposer vos idées et c’est pour ça que nous vous admirons, c’est pour ça que nous vous soutenons, c’est pour ça que nous vous aimons.




















