Maryam Gorji, résidente de Karaj et l’une des personnes arrêtées lors des manifestations nationales en Iran en 2022, a été condamnée à cinq ans d’emprisonnement et à une amende de 300 millions de rials, malgré une décision officielle établissant son incapacité médicale à supporter l’incarcération.
Le verdict, récemment notifié, constitue un exemple frappant du mépris du pouvoir judiciaire iranien pour les avis médicaux et de la négligence systématique du droit à la vie et à l’accès aux soins médicaux des prisonniers politiques.
État médical critique : une incarcération contraire aux prescriptions médicales
Maryam Gorji a des antécédents de chirurgie intestinale majeure, au cours de laquelle une partie de son intestin a été remplacée par une prothèse artificielle. Elle souffre de douleurs abdominales sévères et persistantes et, selon les évaluations médicales, nécessite un régime alimentaire spécialisé ainsi qu’un suivi médical continu, des conditions pratiquement impossibles à assurer en prison. La poursuite de sa détention constitue une menace grave et immédiate pour sa santé.
Des informations indiquent que l’intensité de ses souffrances physiques est telle qu’elle a provoqué une détresse psychologique importante parmi les autres détenues du quartier des femmes de la prison d’Evin.
Maladie du foie et avertissements médicaux ignorés
Outre de graves complications gastro-intestinales, Maryam Gorji souffre d’une maladie hépatique sérieuse. Des médecins ont explicitement averti que son maintien en détention, sans accès à des soins spécialisés en dehors du système pénitentiaire, pourrait représenter une menace directe pour sa vie. Pourtant, ces avertissements médicaux ont été accueillis avec une indifférence totale, et aucune mesure efficace n’a été prise pour la transférer vers des établissements médicaux spécialisés.
Cela malgré le fait qu’une décision officielle d’« incapacité à supporter la peine » ait déjà été rendue dans son dossier, décision qui, conformément aux lois et procédures en vigueur, aurait dû conduire à la suspension de sa peine de prison et lui permettre de recevoir un traitement médical hors de la prison. Au lieu de cela, les autorités judiciaires ont non seulement refusé d’appliquer cette décision, mais ont également imposé une caution exorbitante de 50 milliards de rials, bloquant de facto toute possibilité de libération temporaire et de traitement médical.
Déni systématique des soins médicaux à la prison d’Evin
Des témoignages en provenance du quartier des femmes de la prison d’Evin font état d’une situation extrêmement préoccupante en matière de soins de santé et d’hygiène. Les pénuries chroniques de médecins, de médicaments et d’accès aux services médicaux spécialisés sont devenues un problème structurel. Tout au long de sa détention, Maryam Gorji a été privée de soins médicaux essentiels, sans qu’aucun plan de traitement efficace ne soit mis en place pour gérer ses pathologies graves, une situation dont les autorités judiciaires et sécuritaires portent la responsabilité directe.




















