Transfert soudain d’un grand nombre de détenus vers la tristement célèbre prison du Grand Téhéran
Téhéran, lundi 23 juin 2025 – À 11h00, heure locale, la prison d’Evin — l’un des centres de détention les plus tristement célèbres d’Iran pour les prisonniers politiques — a été gravement endommagée par des explosions survenues dans le cadre de combats intensifiés, suscitant une vive inquiétude parmi les familles des détenus.
L’explosion a brisé les vitres de plusieurs quartiers et a blessé plusieurs prisonniers.
Les sections administratives et sécuritaires de la prison d’Evin ont été bombardées. La zone administrative visée comprend les bureaux du pouvoir judiciaire, du parquet, des unités d’enquête et les services de renseignement du quartier 209 d’Evin. Cette zone est située près de l’entrée du hall des visites d’Evin. Tous les interrogateurs opèrent à partir de ce bâtiment.
Selon des témoins oculaires, l’explosion a provoqué des incendies et une destruction massive dans plusieurs sections de la prison, notamment le quartier des femmes, le quartier 4, les quartiers 7 et 8, le quartier 209, le gymnase, la bibliothèque et l’infirmerie.
Quartier des femmes : blessées, panique et absence de soins médicaux
Le quartier des femmes fait partie des zones les plus touchées. Des rapports crédibles confirment que plusieurs prisonnières ont été blessées par le souffle de l’explosion et les éclats de verre. Les vitres brisées ont été projetées à l’intérieur, laissant les femmes piégées dans un environnement endommagé et dangereux, sans protection ni accès à un abri.
Les autorités pénitentiaires n’ont pas transféré les prisonnières blessées à l’hôpital ni assuré une prise en charge médicale adéquate.
Incendies généralisés et menace pour la vie des prisonniers
L’infirmerie de la prison — le principal centre de soins — a pris feu lors de l’attaque et a été détruite.
Des explosifs ont frappé le gymnase de la prison, situé entre les quartiers 7 et 8, y mettant le feu et provoquant l’effondrement de la toiture. Les détenus ont été laissés à eux-mêmes pour combattre l’incendie à mains nues, avec des moyens de fortune.
Communications coupées, visites annulées, familles sans nouvelles
À la suite de l’attaque, les lignes téléphoniques de la plupart des quartiers ont été coupées, limitant gravement les communications. Les autorités pénitentiaires ont également annoncé la suspension de toutes les visites jusqu’à nouvel ordre. Les portes des quartiers ont été scellées et l’accès aux espaces extérieurs a été interrompu.
Transferts forcés et répression accrue à l’intérieur de la prison d’Evin
Dans le chaos, des informations font état du transfert suspect de détenus du quartier 209 — une section de haute sécurité généralement réservée aux prisonniers politiques — vers un lieu non divulgué.
Le directeur de la prison d’Evin, accompagné de gardes armés, est entré dans le quartier 4 et a ordonné aux prisonniers politiques d’évacuer les lieux pour être transférés à la prison du Grand Téhéran, sans pouvoir emporter leurs affaires personnelles. Les prisonniers s’y sont opposés et ont protesté contre ce transfert forcé et illégal.
Le quartier 4 de la prison d’Evin est l’un des quartiers politiques les plus importants de l’établissement. Il abriterait plus de 400 prisonniers répartis dans quatre halls.
Appels à la libération des prisonniers politiques et à la protection des détenus
Le transfert soudain et non préparé d’un si grand nombre de détenus — en particulier vers la prison du Grand Téhéran, l’une des plus dangereuses du pays — constitue un acte inhumain et alarmant.
Dans ces conditions, tous les prisonniers politiques, détenus uniquement pour avoir exprimé leurs opinions, doivent être libérés immédiatement. Les autres détenus doivent être transférés sans délai vers des établissements sûrs.
Malgré les alertes des organisations internationales de défense des droits humains, les autorités iraniennes ont refusé d’évacuer ou de libérer les prisonniers politiques d’Evin. La semaine dernière, des rapports locaux ont révélé une répression violente après une émeute à la prison de Dizel-Abad à Kermanchah, où les gardiens auraient ouvert le feu sur les détenus, tuant plusieurs d’entre eux.
La Commission des Femmes du CNRI exprime sa profonde inquiétude face à la situation des prisonniers détenus dans les prisons iraniennes et condamne fermement le transfert forcé et soudain de prisonniers sans défense, opéré sous des mesures répressives et sécuritaires.




















