Le samedi 22 février 2025, la Commission des femmes du Conseil national de la Résistance iranienne a organisé une conférence pour commémorer la Journée internationale de la femme (JIF2025). L’événement a rassemblé d’éminentes dirigeantes politiques, des défenseurs des droits de l’Homme et des sympathisantes de la Résistance iranienne venus de plus de 80 pays.
Michèle Alliot-Marie a été la première femme en France à détenir les portefeuilles de la Défense (2002-2007), de l’Intérieur (2007-2009) et des Affaires étrangères (2010-2011). Elle a également été ministre de la Jeunesse et des Sports (1993-1995) et de la Justice (2009-2010), et a reçu le titre honorifique de ministre d’État lors de ses deux dernières nominations.
Amie proche de la Résistance iranienne et de Mme Maryam Radjavi, Mme Alliot-Marie a prononcé un discours lors de l’événement IWD2025 à Paris, dont le texte est présenté ci-dessous.
Michèle Alliot-Marie : Nous voulons un monde où l’égalité et la liberté ne sont pas des privilèges
Merci à vous, merci de votre accueil.
Madame la présidente, chère Mariam Radjavi, Mesdames les ministres, Mesdames les présidentes, Mesdames et Messieurs et surtout chers amis, c’est toujours un grand plaisir de vous retrouver et de vous retrouver une fois de plus pour cette journée internationale de la femme (JIF2025).
Un remerciement sincère
Mais d’abord, comment ne pas vous remercier chère Maryam Radjavi de votre superbe discours.
C’était vraiment un discours qui nous a profondément ému, qui nous a profondément touché et en même temps un discours plein d’une vision et d’une élévation d’esprit, ô combien nécessaire dans la situation actuelle de notre politique internationale.
Alors je crois oui que vous montrez comment aussi faire de la politique, c’est avoir une vision, c’est avoir une philosophie non seulement de la gestion de l’État, mais une philosophie de la vie et une philosophie qui sait réunir les uns et les autres vers le plus beau mot qui est le mot de paix.
Merci chère madame Radjavi de ce si beau discours.
Célébrer les talents et les contributions des femmes
Mesdames et messieurs, oui cette journée de la femme, nous aimerions qu’elle soit là finalement tous les jours.
Mais c’est une bonne occasion pour nous. C’est une bonne occasion pour nous de célébrer les talents, les talents des femmes, parfois passés sous silence.
Des talents que je vois ici parmi vous, mesdames, qui à travers des fonctions les plus diverses, avez à montrer à chaque fois cette hauteur de vue, cette volonté d’agir qui nous guide les unes et les autres lorsqu’on nous confie des responsabilités.
Nous n’agissons pas pour nous, nous agissons pour les autres, nous agissons pour d’autres pays, nous agissons pour l’ensemble de la population dans le monde.
Solidarité et responsabilité
Cette journée internationale de la femme (JIF2025), c’est aussi une journée des droits des femmes et l’occasion pour nous, pour nous qui, mesdames, avons la chance finalement de vivre dans un pays, de vivre dans des pays et de vivre dans des circonstances où nous pouvons nous exprimer, où nous pouvons dire ce que nous pensons, nous bénéficions de la liberté, c’est une occasion de dire notre solidarité avec celles qui n’ont pas la même chance que nous.
C’est une occasion pour nous aussi de sentir le poids de la responsabilité qui pèse sur nos épaules, parce que ce privilège que nous avons, nous le devons aussi à celles et à ceux qui se battent chaque jour pour la liberté, pour la démocratie, pour la reconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes.

Action et défense de la liberté et de l’égalité
Alors cette journée internationale des femmes, c’est aussi une journée de l’action.
C’est une journée qui célèbre l’action pour la liberté, une journée qui célèbre l’action pour l’égalité entre les hommes et les femmes, une journée qui célèbre la démocratie, une journée qui célèbre la paix que nous toutes ici nous voulons.
Et cette action, ce combat nécessaire chaque jour, c’est aussi le vôtre, chère Mariam Radjavi, celui que vous menez depuis des années, celui que vous menez tous les jours, avec quel talent, avec quelle détermination, avec quelle volonté de passer au-delà de toutes les difficultés, parce que vous savez qu’il n’y a pas de plus beaux messages, vous savez qu’il n’y a pas de plus belle action que celle qui nous dépasse, qui dépasse chacune de nos petites personnes, qui nous permet de nous mettre au service de toutes celles et de tous ceux qui en ont besoin dans le monde.
La lutte iranienne : Femmes et hommes dans la résistance
Oui, c’est cela aujourd’hui, mesdames, chers amis, que nous célébrons. Ce n’est pas simplement, vous l’avez très bien dit chère Maryam, un combat contre la misogynie.
C’est beaucoup plus que cela. C’est un combat culturel, c’est un combat politique au sens le plus beau du terme politique, celui que l’on oublie trop souvent.
La discrimination en Iran
En Iran, la discrimination à l’égard des femmes est inscrite dans la constitution et dans la loi Et je sais que je m’adresse ici à des juristes éminentes qui savent ce que cela veut dire.
Cela veut dire une chose, c’est qu’elle restera telle qu’elle est tant que le régime ne changera pas.
Et pour changer un régime, ce n’est pas par les armes, c’est par la politique et par la transformation culturelle que l’on peut le faire, mais d’abord par la politique.
La résistance croissante contre le régime
Et de plus en plus de femmes et d’hommes en Iran manifestent leur opposition au régime en place, au péril de leur vie, nous l’avons vu et vous l’avez rappelé, mais hors d’Iran aussi, de plus en plus d’hommes et de femmes les soutiennent dans leur combat.
Et j’aimerais, je dois le dire aujourd’hui, que de plus en plus de gouvernements, de nos gouvernements occidentaux dépassent le niveau des bonnes paroles inscrites avec beaucoup de prudence dans leur discours pour aller vers davantage d’actions concrètes, pour effectivement défendre ces valeurs qui sont les vôtres, qui sont les nôtres toutes ensemble.

Iran : Une nation à la croisée des chemins
L’Iran, je l’ai toujours dit, est un grand pays, est un grand peuple, qui peut énormément pour la stabilité de la région. Et une région qui en a de plus en plus besoin, nous le voyons encore ces derniers mois et ces dernières semaines.
Et son régime actuel malheureusement est encore une menace, une menace pour cette stabilité, une menace pour la paix parce que ne l’oublions pas et c’est de plus en plus reconnu, le régime actuel est le sponsor d’actes terrorisme qui se prononce dans le monde entier, dans la région mais aussi ici et nous en avons eu des preuves et la justice française comme belge l’a aussi reconnue.
Et c’est une menace qui effectivement déstabilise non seulement la région, mais déstabilise le monde.
La menace nucléaire et la voie à suivre
Et puis je vais vous dire que ce qui m’inquiète pour moi le plus comme ancien ministre de la Défense, comme ancien ministre des affaires étrangères, c’est de voir ce grand pays ou plus exactement son gouvernement, ne confondons surtout pas les deux, qui bafoue les conventions qu’il a lui-même signées, y compris quand il s’agit de prolifération nucléaires, qui reste quand même le grand danger pour la planète et pour la vie tout entière.
Il crée aujourd’hui des sommes d’uranium enrichis qui sont trente fois supérieures à la limite autorisée. Ce n’est pas moi qui le dis, ce n’est pas l’opposition qui le dit, c’est l’agence internationale de l’énergie atomique.
Trente fois supérieur et on va nous expliquer qu’il n’y a aucune préoccupation militaire en agissant de cette façon, c’est absolument impossible.
Un appel à l’action : Un changement de régime
Nous voyons donc bien aujourd’hui qu’il est important d’agir. Le président de la République française lui-même a qualifié le régime actuel de principal défi stratégique et sécuritaire dans le monde.
Le retour vers la stabilité, le retour vers la paix, le retour vers une perspective d’avenir meilleure et plus sûre, passe certainement par un changement de régime.
Mais disons-le tout de suite et je tiens à le dire dans le contexte actuel, ce changement ne peut venir que de l’intérieur lui-même. Il ne peut venir que des Iraniennes et des iraniens.
Il ne peut venir que de celles et de ceux qui croient réellement en la liberté, en la démocratie, dans la séparation de la religion et de l’État, dans l’égalité entre les hommes et les femmes, et dans la non-prolifération nucléaire, dans la protection des minorités, qu’elles soient religieuses ou ethniques.
C’est ça la réalité, elle ne peut venir que de l’intérieur, mais nous pouvons croire de plus en plus que ceci va arriver bientôt et nous en avons tous besoin et le monde en a tous besoin et c’est bien ce que vous avez écrit dans votre programme, chère Maryam Radjavi et dans ce superbe discours, merci à vous, merci de ce que vous faites, merci de ce que vous êtes.




















