CNRI Femmes – Au moins 85% des maternelles en Iran ont été privatisées. En conséquence, ces établissements sont devenus inabordables pour de nombreuses femmes qui travaillent.
Certaines n’ont d’autre choix que d’y envoyer leurs enfants. Cependant, avec l’augmentation de la privatisation et la diminution du nombre d’établissements publics, les travailleuses iraniennes sont confrontées à des difficultés supplémentaires. L’une d’entre elles est la garde des enfants pendant qu’elles travaillent.
Interrogée sur la forte diminution du nombre de maternelles publiques, Habibollah Masoudi-Farid, sous-directeur des Affaires sociales à l’Organisation de la protection sociale, a déclaré : « Comme le financement nécessaire aux maternelles publiques n’est pas assuré, le pourcentage de couverture a également diminué. » (Agence ILNA – avril 2020).
En attendant, les frais de scolarité dans les maternelles privées peuvent atteindre entre 15 et 30 millions de tomans par an, alors qu’un travailleur temporaire gagne à peine un million de tomans par mois.

En parlant des difficultés auxquelles les travailleuses sont confrontées lorsqu’elles ont la garde de leurs enfants pendant les heures de travail, une femme a souligné : « ce problème, ainsi que les autres obstacles auxquels nous, femmes qui travaillons, sommes confrontées – que nous soyons enseignantes ou ouvrières – nous rappelle les conditions difficiles dans lesquelles nous vivons. »
La discrimination sexuelle et l’écart salarial important, dans de nombreux secteurs, ont créé des difficultés majeures pour les femmes qui doivent à la fois travailler en dehors du foyer et s’occuper de leurs enfants. Le problème est encore aggravé par le fait que les femmes sont moins bien payées que les hommes, même dans les emplois mal rémunérés et informels. L’écart salarial crée des préoccupations supplémentaires chez les femmes, dont beaucoup ne peuvent plus se permettre le coût élevé de la vie et l’augmentation des frais d’inscription à la maternelle.
La travailleuse poursuit : « Lorsque les frais de scolarité s’élèvent à 2 millions de tomans par mois, il est certain que les travailleuses à faible revenu ou les enseignantes indépendantes ne peuvent tout simplement pas envoyer leurs enfants dans établissements. »
Le 9 avril 2020, le Conseil suprême du travail a augmenté le salaire minimum de 21 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre environ 1 835 426 tomans (environ 239 euros) (site Tabnak, 9 avril 2020).
Cependant, l’augmentation du SMIC, entrée en vigueur au cours de la nouvelle année iranienne qui commence le 20 mars, ne représente que la moitié ou le cinquième du taux d’inflation. Ainsi, au cours de la nouvelle année iranienne, le pouvoir d’achat des travailleurs au SMIC est encore plus faible que l’an dernier.
Selon Rassoul Khezr, de la commission des Affaires sociale au Parlement des mollahs, le seuil de pauvreté des familles urbaines est proche de 5 millions de tomans (1104 euros), mais à Téhéran, ce seuil est de près de 10 millions de tomans (2208 euros) (Site Donyay-e Eqtesad, 30 novembre 2019).
Ainsi, au Nouvel An iranien, le salaire minimum est de trois à cinq fois inférieur au seuil de pauvreté. Cette triste réalité survient à un moment où plus de 90 % des travailleurs sont embauchés sur la base de contrats temporaires (site Asr-e Iran, 2 mai 2019). Les travailleurs sous contrat temporaire, femmes et hommes, ne sont pas couverts par le droit du travail et ne peuvent même pas prétendre au SMIC. Les travailleurs temporaires sont payés à peine 1 million de tomans (219 euros) par mois.




















