“Un crime resté impuni” est un article d’Elham Zanjani, membre u de la Commission des femmes du Conseil national de la résistance iranienne, paru le 28 janvier 2019 dans Scoop, un journal indépendant de Nouvelle-Zélande. Voici le texte intégral de l’article.
Lors du Jour commémoratif de l’Holocauste, je suis tombée sur une citation d’Anne Frank qui disait : “Ce qui est fait ne peut être défait, mais on peut l’empêcher de se reproduire”, ce qui m’a fait automatiquement penser au crime impuni du massacre des prisonniers politiques en Iran en 1988.
Au cours de l’été 1988, le régime iranien a lancé un massacre généralisé des prisonniers politiques dans ses prisons dans tout le pays. Ce crime atroce a fait suite à une fatwa de Khomeiny appelant à l’extermination rapide de tous ceux qui sont restés fidèles au mouvement des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ou en persan, MeK), principale opposition au pouvoir en place.
Geoffrey Robertson, éminent avocat des droits de l’homme et ancien juge d’appel au Tribunal spécial des Nations Unies pour la Sierra Leone, décrit le massacre de plus de 30.000 prisonniers politiques en 1988 en Iran comme le pire crime contre l’humanité jamais vu depuis la seconde guerre mondiale.
Beaucoup n’arrivaient pas à croire que même ceux qui avaient purgé leur peine de prison avaient été victimes du massacre, mais leurs derniers mots gravés sur les murs de la prison attestent du contraire.
Les exécutions ont commencé à la fin du mois de juillet, culminant du 28 juillet jusqu’au 14 août, et se poursuivant à l’automne et même l’année suivante dans certaines villes. Il n’y avait aucune pitié pour personne, même pour les jeunes filles et les femmes enceintes.
La grande majorité des victimes étaient membres et partisans de l’OMPI, mais l’ordre s’est étendu à d’autres groupes dans les étapes ultérieures.
L’empressement de Khomeiny à exécuter était si odieux que beaucoup de ses confidents les plus proches ont commencé à douter. Hossein Ali Montazeri, l’ancien successeur de Khomeiny et la deuxième plus haute autorité du pays à l’époque, a appelé à l’indulgence et au ralentissement.
“A mon avis, le plus grand crime commis sous la République islamique pour lequel nous serons condamnés par l’histoire, a été commis par vos mains. Vos noms apparaîtront parmi ceux des criminels de l’histoire “, a dit Montazeri.
Ce que l’on sait du massacre a été extrait et reconstitué à partir du nombre limité de rapports des rescapés et des familles qui ont été appelés à recueillir les corps de leurs proches, ainsi qu’à partir des témoignages dispersés des anciens fonctionnaires du régime.
Pourtant, 30 ans après ce génocide, le régime iranien refuse toujours de reconnaître les exécutions et de fournir des informations sur le nombre de prisonniers tués.
On sait que les prisonniers, y compris les femmes, étaient déterminés et résistants et qu’ils ont inspiré la résistance même s’ils savaient, surtout pour les femmes, qu’elles auraient à subir l’horrible expérience du viol avant d’être pendues. Mais ils ont dit NON aux bourreaux.
Trente ans plus tard, les exécutions se poursuivent sans relâche en Iran. Le vendredi 8 février 2019, des Iraniens de toute l’Europe se réuniront à Paris pour manifester contre 40 ans de tyrannie du régime iranien et pour réclamer justice. Plus de 200 associations seront présentes pour dire NON aux exécutions, NON aux violations des droits de l’homme en Iran, et pour soutenir les aspirations pour un Iran libre.
Il est enfin temps d’entendre leur appel.



















