CNRI Femmes – Deux jeunes femmes ont porté plainte en Iran contre les forces de sécurité qui les avaient maltraitées et une patrouille féminine qui les avait battues. Toutefois, la plainte a été rejetée par le Procureur de l’Organisation judiciaire des forces armées.
“La 9ème branche du Bureau du Procureur de l’Organisation Judiciaire des Forces Armées, a mis fin aux poursuites dans cette affaire, arguant qu’il n’y a pas suffisamment de preuves”, a déclaré Mohammad-Hossein Aghassi, avocat de la défense des deux jeunes femmes, dans un entretien avec l’agence IRNA.
L’avocate des deux jeunes femmes a affirmé : “Nous avons porté plainte contre les coups et les insultes d’une patrouille féminine. Nous avons exigé que l’agent de sécurité du parc Taleghani, qui était témoin, comparaisse devant le tribunal et fournisse ses explications, mais l’enquêteur n’a pas convoqué l’agent de sécurité et n’a pu entendre que les trois filles qui accompagnaient mes clientes à ce moment-là. La cour a soutenu que les témoignages n’étaient pas cohérents.” (Agence IRNA, 3 novembre 2018)
Un clip vidéo diffusé dans les médias sociaux le 18 avril 2018 montrait au moins quatre patrouilles d’orientation attaquant quatre jeunes femmes dans un parc, les frappant et les bousculant pour « mauvais port du voile » et parce qu’elles refusaient de monter dans le fourgon de la patrouille. L’une des jeunes femmes souffrait d’un problème cardiaque et s’est évanouie à la suite des coups. Le clip vidéo est rapidement devenu viral et a soulevé l’indignation publique en Iran et dans le monde entier.
Sadeq Amoli Larijani, chef du pouvoir judiciaire, a souligné le 24 avril 2018, la nécessité pour les forces de sécurité d’agir dans le cadre du droit et de la religion. Il a réitéré : “Il ne faut permettre à personne de résister contre les mesures légales de la police ou d’insulter ses agents. La police ne doit en aucun cas reculer.” (Agence ISNA, 23 avril 2018)
Le quotidien public Kayhan, qui reflète les vues du guide suprême du régime, Ali Khamenei, a également écrit qu’il fallait féliciter les officiers de la police. Mohammad Jafar Montazeri, a déclaré en défense de la police, que la vidéo n’était pas claire et qu’il s’agissait d’un montage visant à déformer l’image des forces de l’ordre.
Suite au traitement scandaleux de cette affaire par le régime en dépit d’une indignation nationale et internationale écrasante, le procureur du tribunal du régime a estimé que les témoins n’étaient pas suffisants et a rejeté l’appel des victimes.



















