CNRI Femmes – Mehrnaz Haghighi, 49 ans et médecin à Bandar Abbas dans le sud de l’Iran, a été incarcérée le 22 septembre à la prison de cette ville pour y purger sa peine de six mois de prison.
Mehrnaz Haghighi avait été arrêtée à son domicile le 19 février 2017 par les services de renseignement. Elle avait été incarcérée plus de trois mois à Bandar Abbas puis à la prison d’Evine de Téhéran. Elle a été libérée provisoirement sous caution le 26 mai 2016.
Mehrnaz Haghighi a été disculpée des accusations de diffusion de mensonges, d’outrage au guide suprême des mollahs et d’atteinte à la sécurité nationale. Le procureur a toutefois porté deux nouvelles accusations contre elle, l’accusant d’« appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) » et de « propagande contre l’Etat en faveur des opposants ».
Cette médecin et militante des droits civiques a démenti appartenir à l’OMPI.
Mehrnaz Haghighi avait déjà été arrêtée chez elle à l’âge de 12 ans, lors de la répression massive de l’opposition dans les années 1980. Elle avait été libérée peu après en raison de son jeune âge. Elle n’a pas eu d’activités jusqu’en 2009, date à laquelle elle a rendu visite aux familles des prisonniers politiques et leur a apporté un soutien financier.
Le régime iranien a procédé à de nouvelles arrestations et prononcé de nouvelles peines à l’encontre des militantes des droits humains, des militantes des droits des femmes et d’avocats spécialisés dans les droits humains. Cette vague sans précédent dénote une crise dans la situation en Iran. Elle est aussi perçue comme un effort de la part des responsables du régime iranien pour réduire au silence toute voix dissidente.
Amnesty International a publié une déclaration le 3 septembre 2018, dans laquelle elle met en garde contre l’arrestation d’avocats et de militants des droits des femmes en Iran. Amnesty International souligne que « ces dernières arrestations sont une tentative flagrante de réduire au silence les défenseurs des droits humains en Iran ». Elle a également noté que cela s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par les autorités pour empêcher les avocats de défendre leurs clients.



















