CNRI Femmes – La peine de 20 ans de prison prononcée contre Shaparak Shajarizadeh est une tentative du pouvoir judiciaire en Iran de terroriser l’opinion publique, a déclaré l’avocate des droits humains Nasrine Sotoudeh dans une lettre ouverte depuis la prison d’Evine adressée au procureur de Téhéran.
Nasrine Sotoudeh explique dans sa lettre que la peine de prison pour celles qui protestent contre le port du voile obligatoire est en général d’un ou deux ans de prison. Cette peine de 20 ans semble être une tentative de terroriser l’opinion publique, en particulier parce que le juge savait que sa cliente avait déjà quitté le pays.
Mme Sotoudeh est incarcérée depuis le 13 juin 2018 pour avoir défendu des femmes qui protestaient contre le voile obligatoire.
Dans la même lettre, Mme Sotoudeh a déclaré qu’elle pensait que son arrestation et sa détention faisaient également partie du même plan.
Voici des extraits de la lettre ouverte de Nasrine Sotoudeh depuis la prison d’Evine de Téhéran:
Il y a deux points importants dans vos dernières remarques parues dans les journaux le 2 juillet 2018, ce qui m’a incité à vous écrire ce qui suit :
- A) Vous avez déclaré qu’il est illégal de participer à des manifestations. Utilisant un ton plutôt militaire, vous avez interdit la liberté d’expression des citoyens sans fournir la moindre raison ou logique pour qualifier d’« illégal » ce qu’ils ont fait. Cela va à l’encontre du principe 27 de la Constitution qui reconnaît le droit des citoyens à la liberté d’association sans qu’ils soient tenus d’obtenir une autorisation …
- B) En réponse à une opinion publique stupéfaite par une peine de 2 ans d’emprisonnement pour ne pas avoir couvert ses cheveux, vous avez annoncé qu’une peine de 20 ans avait aussi été prononcée dans la dernière affaire.
Monsieur le procureur, aussi loin que je me souvienne de l’époque où je n’étais pas en prison, la peine pour les personnes accusées d’un délit similaire était d’environ un ou deux ans. Dans cette affaire dont le procès a eu lieu deux jours avant mon arrestation, le juge a rendu un verdict étonnant, parce que :
Le juge savait que ma cliente était partie à l’étranger, c’était donc une bonne occasion de donner une leçon aux autres car, comme vous l’avez également souligné, l’appareil judiciaire est essentiellement devenu un outil qui terrorise les gens et leur donne des leçons, ce qui est vraiment regrettable.
Et si cette présomption est vraie, alors l’ordre d’arrestation n’était pas sans raison puisque j’étais l’avocate qui défendait l’affaire. Il semble que la plainte envoyée de Kashan par l’inspecteur de l’affaire n’était pas accidentelle ou fondée sur une décision personnelle.
Monsieur le Procureur, l’opinion publique est choquée par la réaction de l’appareil judiciaire aux actes d’inaction au voile, alors qu’il reste sinistrement silencieux à l’égard de ceux qui agressent les femmes à l’acide ou qui commettent des viols.



















