CNRI Femmes – Une jeune femme en Iran a eu le tort de partager un article et une photo sur les réseaux sociaux en déclarant qu’elle avait été arrêtée pour avoir porté un chemisier et une jupe. Elle raconte ce qui lui est arrivé à elle et à d’autres femmes arrêtées et détenues pour être « mal voilées » :
Ils m’ont dit qu’il était interdit de porter un chemisier et une jupe. C’était la première fois que j’entendais une chose pareille. Je n’ai jamais pensé que la situation dans le pays était si grave que porter une jupe pourrait être considéré comme un délit.
Et je n’étais pas la seule. Toutes celles qui portaient des manteaux courts au-dessus des genoux ou ouverts devant, et qui portaient un pantalon de seulement 90 cm de long, ont été arrêtées. Ils arrêtaient à tour de bras. Puis, lorsque la fourgonnette a été remplie, le capitaine a dit : « ça suffit, on y va. »
Toutes les filles pleuraient. Elles avaient tellement peur.
Lorsque nous sommes arrivées au poste de police, la situation est devenue très difficile. Ils ont menacé d’envoyer certaines d’entre nous à Vozara (infâme centre de détention). Ils nous ont fait remplir un questionnaire et pris nos photos. Ensuite, ils nous ont fait signer un engagement. Et enfin, ils nous ont dit que (nos familles) devraient vous apporter des vêtements et des couvertures. On ne pourrait nous laisser partir qu’après vérification et autorisation.
J’ai dit à l’agent : « Bien que le voile obligatoire soit une erreur, qu’est-ce qui ne va pas avec mes vêtements? Est-ce un délit de porter un chemisier et une jupe? Où est-ce que c’est écrit ? »
Il m’a dit : « La couleur de vos cheveux est de celles qui adorent Satan. Ton allure est celle d’Israël. Ensuite, si tu tombes, ta jupe va se soulever. Alors, qu’est-ce que tu vas faire? Vous avez ruiné nos vies !! »
J’ai commencé à rire si fort que toutes les filles qui pleuraient se sont mises aussi à rire. Mais je ne devais pas résister. J’avais promis à Tahoura (nom d’une amie) que rien ne m’arriverait à nouveau.
On a été tellement humiliées. Là-bas, on était loin des tweets féministes ou de discussions sur la littérature. C’était la « réalité » au quotidien. La réalité qui montre que la vraie société était autre chose.
Là, j’ai appris que je devais sortir du cyberespace et de toutes les discussions chaudes. L’éducation et les manifestations doivent se faire dans les rues. Lorsque les forces de sécurité me disent que c’est un élit de porter un chemisier et une jupe, je ne dois pas avoir peur et je dois les gifler. Il est temps que tout le monde descende dans la rue pour demander la fin des violences faites aux femmes.
Pour finir, j’ai une question pour Rohani, Molaverdi et d’autres autorités qui parlent de libertés. Est-ce une atteinte à la sécurité nationale de porter un chemisier et une jupe?



















