CNRI Femmes – Amnesty International a publié un rapport le 18 janvier 2017, critiquant «Le recours persistant en Iran, au cours de l’année écoulée, à des châtiments cruels et inhumains – notamment des peines de flagellation, d’amputation et d’aveuglement » par le régime iranien.
Le rapport comporte des exemples de flagellation et de harcèlement des femmes, dont voici quelques extraits:«En vertu du droit iranien, plus de 100 « infractions » sont passibles de flagellation (…) Parmi les personnes flagellées en Iran figurent de nombreux jeunes de moins de 35 ans qui ont été arrêtés pour des activités pacifiques, par exemple pour avoir mangé en public pendant le Ramadan, eu des relations en dehors du mariage et participé à des soirées mixtes. Ces activités sont protégées car elles relèvent des droits à la liberté de conviction, de religion, d’expression et d’association ; elles ne doivent donc jamais être érigées en infraction. »
Amnesty note un cas en avril dernier, où un homme et une femme ont été condamnés à 100 coups de fouet chacun. Amnesty International a ajouté qu’un mois plus tard, 35 jeunes femmes et hommes ont été arrêtés dans la province de Qazvin et condamnés à 99 coups de fouet chacun. Les peines ont été exécutées immédiatement.
Amnesty cite un compte Facebook montrant que «Dans l’un des témoignages, une femme de 28 ans, qui a reçu 80 coups de fouet pour avoir participé à une fête d’anniversaire, qualifie le jour où elle a été flagellée de « pire jour de [sa] vie ». Elle explique qu’après son arrestation, on l’a prise en photo et on a relevé ses empreintes digitales, puis on l’a conduite dans une pièce exigüe, où elle a été fouettée de façon répétée par une femme d’âge moyen, alors qu’elle avait les pieds enchaînés et les mains attachées.
« Sous l’impact du premier coup, j’ai sauté de ma [chaise] sans [pouvoir m’en empêcher]. J’étais tellement choquée que mes larmes ne coulaient même pas. Je voulais crier mais je n’arrivais même plus à contrôler ma voix. Elle a frappé fort à chaque fois, elle me demandait de me repentir pour que Dieu me pardonne », a-t-elle indiqué.
Amnesty cite aussi un autre cas : Une autre femme, flagellée pour avoir participé à une soirée mixte organisée pour célébrer ses récentes fiançailles dans la ville de Robat Karim, près de Téhéran, a relaté comment, moins d’une heure après le début de la fête, les forces de sécurité avaient pris d’assaut la villa où la soirée avait lieu, saisissant les bouteilles d’alcool. Elles ont posé des questions à plusieurs des invités et frappé violemment plusieurs d’entre eux, puis les ont emmenés à un poste de police, où ils ont été insultés et soumis à des interrogatoires. Après avoir passé trois nuits en prison, ils ont été condamnés à recevoir 74 coups de fouet chacun.
« Je ne me souviens pas de combien de coups j’ai reçus mais j’en étais au stade où, engourdie de douleur, je me contentais de gémir. Quand je suis enfin rentrée chez moi, j’avais le corps envahi d’une douleur terrible et la tête saturée des sentiments d’humiliation et de peur accumulés pendant tout ce calvaire », a-t-elle témoigné.



















