La prison de Fardis à Karaj, également connue sous le nom de prison de Kachouii ou centre correctionnel de Fardis, est située dans le quartier de Hosseinabad à Fardis, dans la province d’Alborz. La prison se compose de 4 quartiers et 7 salles et accueille plus de 1 000 prisonniers. 5 de ces salles sont utilisées pour la population carcérale générale, où des femmes confrontées à des accusations, des peines et des statuts juridiques différents sont détenues ensemble.
Surpopulation et absence de classification appropriée des détenues
Dans le quartier des femmes de la prison de Fardis, des prisonnières aux parcours et situations très différents sont hébergées dans des espaces partagés. Des femmes accusées ou condamnées pour des crimes violents, des prisonnières politiques et sécuritaires, des détenues purgeant de longues peines et des arrivantes récentes peuvent toutes être logées dans la même salle. Aucun système de classification clair ne semble exister sur la base du type d’accusation, du statut juridique, de l’âge, du casier judiciaire ou des besoins de sécurité.
Une section de la prison est connue sous le nom de « pouponnière », où sont détenues les jeunes filles incarcérées de moins de 18 ans, ainsi que les femmes emprisonnées avec des enfants.
Les salles de la prison mesurent généralement entre 40 et 50 mètres carrés. La salle numéro 5, d’environ 75 mètres carrés, est à la fois la plus grande et la plus surpeuplée de la prison. Le nombre de prisonnières qui y sont hébergées fluctue en fonction des nouvelles arrivées et des transferts, dépassant parfois 70 personnes.
Bien que chaque salle ne soit équipée que de 3 douches et 3 toilettes, la population carcérale élevée rend ces installations insuffisantes pour répondre aux besoins quotidiens des détenues. L’espace physique limité, même sans compter les lits, les effets personnels, les passages et les zones de service, laisse très peu d’espace utilisable pour chaque prisonnière.
La pénurie de lits est un autre problème majeur dans le quartier. Dans la salle numéro 5, le « sommeil au sol », où les prisonnières doivent dormir directement sur le sol en raison du manque de lits, est généralisé, et il n’y a pas assez de lits, de matelas, d’oreillers ou de couvertures pour tout le monde.
Manque d’équipements et conditions de vie quotidiennes difficiles
Une partie de la literie disponible est ancienne et usée. Les couvertures utilisées par les prisonnières sont rêches et fortement détériorées, et même le nombre limité disponible n’est pas fourni à tout le monde.
Pendant les mois les plus chauds de l’année, lorsque des coupures de courant répétées se produisent, les prisonnières font face à des restrictions sur ce qu’elles sont autorisées à porter. Les femmes n’ont pas le droit de porter de shorts ni de vêtements sans manches et doivent porter des vêtements longs et des pantalons amples. Ces restrictions rendent encore plus difficile le fait de supporter une chaleur extrême dans un environnement exclusivement féminin dépourvu de ventilation adéquate.
Problèmes de santé et interruptions des services essentiels
Les coupures fréquentes d’eau et d’électricité sont des problèmes constants à la prison de Fardis. L’électricité de la prison est coupée presque chaque jour, et lors des coupures, les responsables n’activeraient pas les générateurs afin de faire des économies. En conséquence, les systèmes de refroidissement s’arrêtent de fonctionner, laissant les femmes emprisonnées dans des salles surpeuplées exposées à une chaleur intense.
Dans ces conditions, les rapports indiquent que les prisonnières, en particulier pendant les mois d’été, souffrent de fatigue, de vertiges et de symptômes d’épuisement par la chaleur. Les coupures d’eau perturbent également l’accès à la douche, au nettoyage des lieux de vie, au lavage du linge et à l’utilisation sanitaire des toilettes.
La pénurie de produits d’hygiène est un autre problème grave dans la prison, et des rapports font état de la propagation de poux de tête parmi les prisonnières.
Cet été, les eaux usées ont débordé dans la cour d’exercice des femmes, recouvrant une grande partie de la zone. La forte odeur nauséabonde, la contamination environnementale et l’augmentation des insectes ont rendu pratiquement impossible l’utilisation de la cour par de nombreuses prisonnières.
Après que les prisonnières du quartier 1 ont protesté contre ces conditions insalubres, les responsables de la prison ont invoqué des restrictions budgétaires et déclaré que toute réparation dépendrait d’une aide potentielle de donateurs caritatifs.
Unité de quarantaine et préoccupations sanitaires croissantes
En plus d’être la section la plus surpeuplée de la prison, la salle numéro 5 sert également de zone de quarantaine et d’unité d’admission pour les nouvelles arrivantes.
Les nouvelles arrivantes sont conservées dans la salle pendant plusieurs jours et sont transférées vers d’autres salles si elles ne présentent pas de symptômes de maladies telles que l’hépatite, des maladies de peau ou une dépendance à la drogue.
Cependant, la surpopulation et la présence prolongée de prisonnières malades ont transformé la section elle-même en un centre de transmission de poux et de maladies contagieuses. Les problèmes signalés comprennent un espace insuffisant, une ventilation inadéquate, des installations d’hygiène limitées, un manque de vêtements et de literie propres, ainsi qu’un dépistage médical inefficace.
Des prisonnières purgeant de longues peines sont également logées aux côtés des nouvelles arrivantes dans la même salle, illustrant le fait que la salle numéro 5 fonctionne non seulement comme une unité de quarantaine temporaire, mais héberge également une partie de la population générale de la prison.
Qualité médiocre de la nourriture et difficultés à répondre aux besoins fondamentaux
La qualité de la nourriture fournie aux prisonnières de la prison de Fardis a été décrite comme très médiocre. Selon les prisonnières, les légumineuses et certains autres aliments sont parfois servis insuffisamment cuits ou pas cuits du tout. Des mégots de cigarettes, des cheveux, des fourmis et des insectes ont également été retrouvés dans les repas.
Les responsables de la prison ont également cessé de distribuer du pain, invoquant des pénuries budgétaires. De plus, les prisonnières ne reçoivent pas d’articles de base tels que des cuillères, des fourchettes, des assiettes ou des tasses et sont contraintes de les acheter à la boutique de la prison.
De nombreuses prisonnières sont confrontées à des difficultés financières et disposent de fonds très limités sur leurs comptes carcéraux. En conséquence, certaines comptent sur le partage des ressources et des moyens financiers entre elles pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Cette pratique est devenue une habitude de la vie quotidienne au sein de la prison. Les prisonnières issues de familles à faible revenu, celles ayant un soutien extérieur limité ou celles incapables de maintenir un contact régulier avec leur famille rencontrent des difficultés encore plus grandes.
Mises en garde contre les conditions inhumaines dans le quartier des femmes de la prison de Fardis
À la suite de rapports sur les conditions régnant dans le quartier des femmes de la prison de Fardis, la Commission des femmes du Conseil national de la Résistance iranienne avait précédemment noté dans une déclaration :
« Le but des tortionnaires du régime, en créant ces conditions catastrophiques et inhumaines ainsi que les maladies qui en découlent, est d’imposer de la torture et une pression supplémentaire pour briser la résistance des prisonnières. Cela est d’autant plus significatif que la salle 1 accueille, en plus des prisonnières condamnées pour des délits de droit commun, un certain nombre de prisonnières politiques, notamment Masoumeh Sanoubari, Atefeh Hassani et Fatemeh Nadi Dastgerdi, sympathisantes de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). »
La déclaration soulignait en outre :
« La Résistance iranienne appelle le Rapporteur spécial des Nations unies sur la violence contre les femmes et le Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran à prendre des mesures immédiates concernant la situation critique à la prison de Fardis à Karaj et à sauver la vie de toutes les prisonnières, y compris les prisonnières politiques détenues dans des conditions inhumaines. »




















