Le coût d’être une femme en Iran : exclusion économique et sociale
Bienvenue dans un autre épisode de podcast de la commission des femmes du conseil national de la résistance iranienne, CNRI femmes. Oui, un sujet lourd aujourd’hui. Très lourd, en effet.
Et le thème central de toute notre documentation aujourd’hui, c’est l’exclusion économique et publique. En clair, on se pose la question, quel est le coût réel au quotidien d’être une femme en Iran? Et pour poser le contexte mondial de ce coût, il suffit de regarder le dernier rapport annuel du Forum économique mondial, le fameux indice mondial de l’écart de genre, le Global Gender Gap 2026.
Ah oui, les chiffres viennent de tomber. Ouais. Et l’Iran, bien, ne stagne pas, il s’effondre littéralement. Le pays a chuté à la 144e place sur 145 pays évalués. Attendez, 144 sur 145.
Absolument, avec un score global de seulement 0.5 185. Donc le pays se positionne tout en bas, juste au-dessus du Tchad. On parle d’un effacement presque total de la carte de la parité. Ok, décortiquons un peu tout ça. Comment est-ce qu’on peut arriver à un tel niveau?
Je veux dire, on sait par nos sources que la population féminine là-bas est très éduquée. Comment un pays avec une telle génération de femmes brillantes peut-il se retrouver tout en bas d’un classement mondial? C’est le paradoxe absolu. Et le rapport met ça en lumière de manière très crue. L’indice de parité pour le niveau d’éducation en Iran est impressionnant.
On est à 98.4 pour 198.4 pour 100. Absolument. Donc l’accès à l’éducation est quasiment à égalité. C’est ça. Les amphithéâtres sont remplis de femmes, elles ont leur diplôme.
Mais, et c’est là que le piège économique se referme, le taux de participation à la population active n’est que de 20.9 pour 120.9 pour 100, c’est c’est un gouffre. Un gouffre, oui. Et ça empire quand on regarde le sommet de la pyramide. Seulement 25.5 pour 100 pour les postes de direction et législatifs. Donc en gros, elles ont droit d’étudier, mais pas de travailler ni de diriger.
Le rapport que nous avons lu utilise d’ailleurs une analogie très forte. Les analystes comparent ce capital humain féminin à un gisement de pétrole sous-exploité. C’est une image frappante. Ouais, on extrait les ressources, on utilise la main d’oeuvre bon marché, mais on s’assure que les propriétaires légitimes n’en tirent aucun bénéfice. Honnêtement ça m’a fait penser à autre chose, c’est un peu comme s’entraîner toute sa vie pour un marathon.
Ouais je vois l’idée. La personne fait tous les sacrifices, elle est prête et le jour de la course, bien elle trouve les portes du stade complètement verrouillées. Ce qui est fascinant ici, c’est que cette déconnexion, ce stade verrouillé, ça prouve que les barrières institutionnelles sont là pour enfermer les femmes dans une précarité totale. Et ça s’aggrave avec le temps, Malheureusement, oui. Le score de parité des revenus estimés a chuté de 12.2 points de pourcentage en seulement 2 décennies.
Ah là là. Ouais, on est passé de 28.5 pour 100 en 2006 à 16.3 pour 100 en 2026. On maintient sciemment les richesses derrière des rideaux de fer. C’est dingue. Moins de 17 pour 100 des revenus par rapport aux hommes, alors qu’elles n’ont jamais été aussi diplômées.
Et sur le plan politique, j’imagine que c’est le même scénario catastrophe. C’est presque pire. L’Iran est 139e en termes d’autonomisation politique, avec un score microscopique de 0.046. Ça veut dire 5.2 pour 100 de sièges parlementaires, 12 pour 100 de postes ministériels. Et écoutez bien ça, aucune femme n’a un poste de direction suprême depuis un demi-siècle, 0.
0 en 50 ans. Absolument. Et pour couronner le tout, le rapport classe l’accès à la justice pour les femmes comme des droits restreints et la liberté de mouvement comme des droits inégaux. Donc elles sont exclues de l’économie, de la justice, de la politique, mais on pourrait se dire bon, au moins il reste la vie quotidienne, la vie de quartier. Sauf que les femmes sont désormais littéralement chassées des espaces publics.
Exactement et ça c’est la dimension physique de l’exclusion. Oui, on a ce récent rapport de Rouydad 24 daté du 25 octobre 2026. Ce document raconte ce qui s’est passé au complexe sportif de Keshvari à Téhéran. Oui, c’est un cas d’école très révélateur. Depuis le début du mois iranien d’Aban, les femmes sont bannies, totalement bannies des installations extérieures de ce complexe sportif.
Finies les pistes d’athlétisme en plein air. Et la justification officielle des autorités, elle est classique. Ils invoquent le respect des soi-disant normes morales et sociales. Les fameuses normes. Voilà.
En gros, le voile obligatoire et la ségrégation des sexes. Sauf que les conséquences décrites par les athlètes et les entraîneuses dans le rapport sont désastreuses. J’imagine. On ne peut pas courir un sprint ou lancer un javelot dans un couloir en intérieur. C’est ça.
Le transfert forcé vers l’intérieur détruit les conditions d’entraînement. Celles qui essayent d’aller dans des parcs publics font face à un manque total d’infrastructures. Sans parler de la sécurité. Exactement, la sécurité est énorme. À l’intérieur, dans les salles fermées du complexe, le surpeuplement et le mauvais équipement font exploser les risques de blessures.
C’est là que ça devient vraiment intéressant. Parce que quand on creuse un peu dans les sources, on s’aperçoit qu’il y a une énorme contradiction. Oui, l’aspect financier. Absolument. Les données révèlent que l’accès à la piste extérieure avant l’interdiction fonctionnait sur une cotisation annuelle abordable.
C’était un forfait. Mais maintenant qu’elles sont obligées d’aller en salle, l’accès est facturé à des tarifs nettement supérieurs. C’est cynique au possible. C’est totalement cynique. La question se pose, cette politique morale n’est-elle pas au fond une simple manoeuvre de profit pour la direction?
On pénalise financièrement des jeunes femmes et des familles à faibles revenus sous couvert de morale. Si nous relions cela à la situation dans son ensemble, on voit bien que ce n’est pas qu’une histoire de profit d’un stade. Vous voulez dire que c’est systémique? Complètement. Le hijab obligatoire, la ségrégation de genre, l’exclusion économique et cette interdiction des sports en plein air, ce ne sont pas des événements isolés.
C’est un puzzle. C’est un mécanisme global de contrôle. L’objectif, c’est l’effacement pur et simple des femmes de la vie publique. Et l’impact sur la santé est prouvé. Oui, les chiffres de la santé dans le rapport.
Voilà. Bien que le score global de parité santé ait l’air correct, à 96.1 pour 100, il cache une réalité sombre. L’espérance de vie en bonne santé des femmes a chuté de 5.5 points par rapport à il y a 20 ans. Une chute de 5 ans et demi d’espérance de vie en bonne santé, c’est énorme. C’est le résultat direct de ce stress permanent et la mortalité maternelle, elle, stagne à 16 décès pour 100000 naissances vivantes.
Ces politiques épuisent le capital humain. Soit les femmes s’épuisent, soit elles émigrent. Alors, qu’est-ce que tout cela signifie au fond? Si on résume la boucle que nos sources décrivent. Ouais allez-y.
D’un côté, la dépendance économique forcée garantit que les femmes n’ont pas l’argent pour lutter ou s’acheter des espaces de liberté. Exact. Et de l’autre, les restrictions physiques comme le fait de ne plus pouvoir s’entraîner dehors ou de payer des gymnases hors de prix, les empêchent de s’épanouir socialement et professionnellement. C’est une boucle parfaitement fermée. Une boucle de contrôle continue.
Et le plus fou c’est que ce contrôle absolu se maintient alors même que le pays d’après les données économiques générales, traverse des crises graves, des pénuries d’eau, d’électricité, de nourriture. Et oui, l’État met une énergie colossale à empêcher des femmes de courir sur une piste pendant que le pays manque de produits de 1re nécessité. Ça me laisse vraiment avec une pensée, une réflexion finale à partager avec notre auditoire. On peut vraiment se demander ce que devient une nation lorsqu’elle étouffe systématiquement la moitié de son potentiel intellectuel et physique. Elle s’effondre.
Voilà. L’ingénierie d’une société qui essaie de fonctionner sur un seul poumon, bien ça finit toujours par asphyxier le corps entier, c’est mathématique. C’est indéniable. Et c’est justement pour cela qu’il ne faut pas détourner le regard. Face à cette réalité, face au courage immense de ces femmes iraniennes qui continuent de résister, nous invitons toutes celles et ceux qui nous écoutent à les soutenir.
C’est très important. Oui, vous pouvez agir. Nous encourageons tout le monde à faire un don au comité des femmes du CNRI. C’est un moyen de contribuer directement à la cause authentique de la lutte des femmes iraniennes. Et pour aller plus loin, pour vraiment s’imprégner des rapports et continuer à s’éduquer, nous invitons notre public à visiter le site web du c n ri femme, wncri.org/fr.
N’hésitez pas, il y a énormément de ressources là-bas. Merci à tout le monde d’avoir suivi cette analyse avec nous aujourd’hui. Un grand merci à tout notre auditoire. On se retrouve très bientôt pour notre prochaine exploration approfondie. Prenez soin de vous.
À très bientôt.








