En juillet 2026, les femmes iraniennes font face à une recrudescence sans précédent des violences domestiques en Iran, une crise exacerbée par les tensions liées à la guerre et l’effondrement économique.
Selon des informations de presse et les témoignages de travailleurs sociaux à Téhéran et dans la province du Sistan-et-Baloutchistan, la résilience psychologique des foyers s’effondre, entraînant une multiplication des abus émotionnels et financiers. Cet information démontre comment la pauvreté et l’insécurité poussent les citoyennes les plus vulnérables dans une impasse, le cadre légal du régime clérical ne leur offrant aucun rempart protecteur face à la violence conjugale.
L’augmentation inévitable des violences se manifeste par des formes complexes d’atteintes psychologiques et économiques, mettant gravement en péril la sécurité physique et mentale des femmes.
L’évolution des violences domestiques sous la pression économique
Les pressions sur les moyens de subsistance et l’anxiété induite par le récent conflit ont alimenté une escalade des comportements abusifs au sein du foyer. Si la violence domestique était autrefois principalement identifiée par les agressions physiques, les femmes sont désormais constamment confrontées à des formes diffuses d’abus : humiliations systématiques, menaces, contrôle extrême, privation délibérée de ressources financières et détresse psychologique continue. Ces comportements infligent une érosion mentale profonde aux victimes.
Malgré l’ampleur de ces traumatismes, de nombreuses victimes renoncent aux recours légaux en raison des obstacles insurmontables dans les procédures judiciaires, de l’absence totale de structures de soutien socio-économique et de la difficulté immense de prouver juridiquement un abus psychologique ou financier. Ces lacunes institutionnelles, combinées à la dépendance financière, bloquent toute issue de secours, forçant un nombre massif de femmes traumatisées à rester prisonnières du cycle de la violence.

Les données recueillies par les centres d’accueil soulignent une corrélation directe entre l’insécurité économique et la hausse des abus. Les observations de terrain indiquent que l’accès à un revenu et à un emploi est l’un des facteurs les plus déterminants permettant aux femmes de quitter une relation abusive. À l’inverse, la crise actuelle, marquée par la fermeture d’entreprises et la hausse du coût de la vie, les rend plus vulnérables que jamais.
Précarité financière et retour forcé dans des foyers violents
L’une des conséquences les plus alarmantes de la pauvreté est le retour de certaines femmes vers des environnements abusifs. L’explosion des coûts du logement et la perte d’emploi contraignent des victimes à cohabiter de nouveau avec leur agresseur, faute de moyens pour survivre de manière indépendante.
Fatima Babakhani, fondatrice du centre d’accueil Mehr Shamsafrid dans le nord-ouest de l’Iran, précise que durant les premières semaines de la guerre, une part importante des demandes d’aide émanait de familles confrontées à un dénuement soudain. Selon elle, la perte de revenus a intensifié les tensions familiales. Elle souligne que l’abus ne se limite pas aux coups : la restriction de la liberté de mouvement, la rupture des contacts avec les proches et le contrôle des comptes bancaires sont des méthodes de pression dont la fréquence a bondi ces derniers mois. (Journal Shargh, 27 juin 2026).

Conséquences sur les enfants et poids des traditions
Les informations indiquent également une hausse de l’anxiété et des troubles mentaux chez les enfants et les adolescents. Fahimeh Haddadi, thérapeute et membre de l’Association pour la protection des droits de l’enfant, affirme que l’on observe non seulement une augmentation de la violence, mais aussi des cas de plus en plus complexes nécessitant des interventions spécialisées. La plupart des dossiers concernent des abus émotionnels qui, bien qu’invisibles, laissent des séquelles durables sur la santé mentale des plus jeunes. (Journal Shargh, 27 juin 2026).
Dans certaines régions, la détresse économique conjuguée aux structures sociales traditionnelles intensifie la violence. Obeid Malek Raeisi, activiste social dans le Sistan-et-Baloutchistan, rapporte que de nombreux cas ne sont jamais signalés par crainte de la stigmatisation sociale ou pour préserver la « réputation » familiale. Il pointe également une pression accrue sur les adolescentes pour accepter des mariages forcés, une pratique souvent accompagnée de violences physiques et psychologiques.

Marginalisation et nécessité d’un changement systémique
Les femmes sans abri, celles souffrant de dépendances ou prises dans des cycles de marginalisation sociale demeurent les plus exposées. Sans soutien économique ou social adéquat, elles subissent de plein fouet les violences physiques et sexuelles. Sous la pression de la pauvreté, certaines sont contraintes d’accepter des relations non désirées pour répondre à leurs besoins vitaux, ce qui les livre à l’exploitation.
La poursuite de la guerre et de la crise économique a non seulement affecté la sécurité des familles, mais a aussi précipité les femmes les plus fragiles dans un cycle de violence. La rupture de ce cercle vicieux ne pourra être obtenue que par le renversement du régime misogyne des mollahs et l’établissement d’une république démocratique garantissant l’égalité des droits pour tous les membres de la société.




















