CNRI Femmes – La prisonnière d’opinion anglo-iranienne Nazanin Zaghari-Ratcliffe, détenue sur des accusations sans fondement en Iran depuis avril 2016, pourrait faire face à de nouvelles accusations pouvant prolonger sa peine jusqu’à 16 ans de prison.
Mme Zaghari a été convoquée au tribunal de la maison d’arrêt d’Evine le 8 octobre à Téhéran pour être informée que le Corps des gardiens de la révolution avait porté contre elle trois nouvelles accusations, notamment d’appartenir à des organisations qui cherchent à renverser dans la douceur le régime iranien, Reuters et BBC, et d’avoir participé à des manifestations devant l’ambassade d’Iran à Londres.
En réponse à ces informations, Kerry Moscogiuri, directeur des campagnes d’Amnesty International au Royaume-Uni, a déclaré: «Dans un contexte de procès et de condamnations manifestement inéquitables l’an dernier, ces informations sont très déprimantes et inquiétantes. »
« La nouvelle procédure pénale engagée contre Mme Zaghari-Ratcliffe est aussi dénuée de fondement que la première et criminalise une fois de plus l’exercice pacifique de ses droits à la liberté d’expression et d’association par son travail avec Reuters et la BBC.
« Les autorités iraniennes ont des antécédents de porter de nouvelles accusations contre des prisonniers de conscience qu’elles souhaitent garder en prison.
« Au lieu d’abuser de façon flagrante du système pénale pour prolonger son emprisonnement injuste, les autorités iraniennes devraient libérer Zaghari-Ratcliffe immédiatement et inconditionnellement et permettre son retour en Grande-Bretagne avec sa fille.
« Le gouvernement britannique devrait maintenant briser le silence sur cette affaire et demander publiquement la libération immédiate de Mme Zaghari-Ratcliffe. »
Une commission d’enquête de l’ONU a récemment révélé que la détention de bi-nationaux en Iran est une nouvelle manière d’agir du régime iranien après la signature de l’accord nucléaire avec le P5 + 1 en 2015. »
Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 38 ans, anglo-iranienne, a été arrêtée à l’aéroport de Téhéran le 3 avril 2016 alors qu’elle s’apprêtait à rentrer au Royaume-Uni avec sa fille Gabrielle après un séjour dans sa famille. Après avoir plus de cinq mois en prison et 45 jours à l’isolement sans accès à un avocat, Mme Zaghari-Ratcliffe a été condamnée en septembre 2016 à cinq ans de prison accusée « d’appartenir à un groupe illégal» par un tribunal à Téhéran.
L’accusation était liée à son travail à la Fondation Thompson Reuters, une organisation caritative, ainsi qu’à son travail d’assistante administrative dans le cadre d’un projet BBC Media Action visant à former de jeunes journalistes. La sentence a été confirmée en appel cette année et sa demande de contrôle judiciaire a été rejetée.
Zaghari-Ratcliffe est actuellement détenue à la prison Evine de Téhéran, où les prisonniers souffrent de mauvaises conditions. Elle souffre de nombreux problèmes de santé – y compris de graves douleurs aux bras, au cou et au dos. Il existe également de sérieuses inquiétudes sur son état mental. Amnesty l’a désignée comme prisonnière d’opinion uniquement en raison de l’exercice pacifique de ses droits à la liberté d’expression et d’association et a appelé les autorités iraniennes à la libérer immédiatement et sans condition.
(Amnesty International UK – communiqué de presse, 9 octobre 2017)



















