Femmes et jeunes filles détenues en Iran : torture et absence de clarté juridique
Dans le sillage d’une vague croissante d’arrestations visant des femmes et des adolescentes dans plusieurs villes iraniennes, de nombreuses informations font état des conditions d’interpellation, de détention et du statut juridique des personnes arrêtées. Ces arrestations, souvent marquées par l’ambiguïté, le déni d’accès à un avocat et l’absence de notification aux familles, accentuent les graves inquiétudes concernant les violations des droits humains et l’état des prisons en Iran. Le présent article revient sur les procédures d’arrestation et la situation actuelle de plusieurs de ces personnes.
Oroumieh : arrestation et torture présumée de la blogueuse kurde Hadis Haghighi
Hadis Haghighi, blogueuse kurde de 21 ans originaire d’Oroumieh, est aux mains des forces de sécurité depuis plus d’un mois. Selon certaines informations, elle aurait été soumise à de fortes pressions et à la torture durant cette période.
Plus de 30 jours après son interpellation, les autorités auraient retenu contre elle de graves chefs d’accusation liés à la sécurité, tandis que ses comptes sur les réseaux sociaux ont été fermés.
Tout au long de sa détention, elle a été privée d’accès à un représentant légal et de visites familiales. Mme Haghighi a été arrêtée au domicile de ses parents début mars 2026. À l’heure où nous écrivons ces lignes, les motifs de son arrestation demeurent inconnus.

Ispahan : Zeynab Shafi’zadeh arrêtée et transférée vers un lieu inconnu
Zeynab Shafi’zadeh, résidente d’Ispahan, a été arrêtée à son domicile par les forces de sécurité le soir du dimanche 12 avril 2026, puis transférée vers un lieu tenu secret.
Aucune information n’a été communiquée concernant les raisons de son interpellation, son lieu de détention ou les éventuelles charges pesant contre elle.
Auparavant, le 5 janvier 2026, son domicile avait été perquisitionné et des effets personnels, dont son passeport, avaient été confisqués. Elle avait également été convoquée par une institution de sécurité à la suite de cette fouille.
Kerman : incertitude autour de la détention de Minoo Mehrabani et Houman Forouhari
Minu Mehrabani, chercheuse et militante culturelle, ainsi que son époux Houman Forouhari, clerc zoroastrien, ont été arrêtés à Kerman le 15 mars 2026 par les services de renseignement affiliés au Corps des Gardiens de la révolution.
Près d’un mois plus tard, aucune information précise n’est disponible sur leur localisation ou leur état de santé.
Le couple gérait un canal Telegram intitulé « Puyandegan-e Rah-e Asha », dédié à l’enseignement de la foi zoroastrienne. Les démarches de la famille pour obtenir des précisions sur leur situation sont restées vaines, ce qui renforce les craintes quant à leur intégrité physique et leur statut juridique.
Prison de Torbat-e Heydarieh : Sara Shahbazi toujours dans un flou juridique
Sara Shahbazi, chargée de cours à l’université et citoyenne bakhtiari de la province du Khouzistan, a été arrêtée le 6 mars 2026 dans la ville de Sabzevar. Après avoir été transférée de la prison de Sabzevar, elle est actuellement détenue au quartier des femmes de la prison de Torbat-e Heydarieh.
Plus de 45 jours après son arrestation, elle demeure dans une totale incertitude juridique. Aucune information n’a été divulguée sur les chefs d’accusation ou sur l’autorité responsable de sa détention. Les tentatives de sa famille pour suivre son dossier n’ont, à ce jour, pas abouti.

Saghez : Sahar Mehdi arrêtée pour des soupçons d’espionnage
Sahar Mahdi, 32 ans, originaire de Saghez, a été arrêtée le 16 avril 2026 après un raid des forces de sécurité au domicile de ses parents.
Les agents l’auraient interpellée sans présenter de mandat judiciaire avant de la transférer vers un lieu inconnu. Les autorités l’accusent d’espionnage et ont émis un ordre de détention de deux mois. Cette accusation serait liée aux activités politiques de son frère.
Chiraz : arrestation de la citoyenne bahaie Sara Sepehri
Sara Sepehri, résidente de Chiraz de confession bahaie, a été arrêtée le 9 avril 2026 après une perquisition de son domicile par des agents du renseignement.
Selon des sources informées, les forces de sécurité ont d’abord fouillé la résidence de sa mère avant de pénétrer de force chez Mme Sepehri, confisquant ses biens personnels et électroniques.
Son arrestation est intervenue alors qu’elle suivait un traitement médical, laissant craindre que sa détention ne mette sa santé en péril. De plus, sa mère, en situation de handicap, dépend d’elle pour ses soins quotidiens. À l’heure actuelle, aucune information n’a été diffusée sur son lieu d’incarcération, les motifs de son arrestation ou les charges retenues contre elle.



















