Elly van Wijk à la JIF 2026 : les femmes iraniennes en première ligne du soulèvement, le courage qui a brisé le silence
Le samedi 21 février 2026, à la veille du 8 mars, Journée internationale des femmes, la Commission des femmes du CNRI a organisé à Paris une conférence internationale intitulée « Le leadership des femmes : un impératif pour un Iran libre et une république démocratique ». Cette rencontre, réunissant des parlementaires, des universitaires, des intellectuelles et des figures politiques de premier plan, s’est concentrée sur la participation politique et le leadership des femmes en tant que piliers d’une société démocratique.
Elly van Wijk, membre du Sénat néerlandais, a participé à cette conférence et y a prononcé le discours suivant :
Elly van Wijk : le féminicide ne survit pas par la faiblesse, mais à cause de la force des femmes et de leur courage à résister
« Chers amis, il est vraiment impressionnant de me tenir devant vous aujourd’hui. J’ai écouté pendant des heures, comme nous l’avons tous fait, et chaque mot était absolument juste. Merci pour l’inspiration que vous m’avez transmise. Je souhaite simplement ajouter quelques réflexions à la force que vous avez déjà partagée.
Je vous remercie de m’avoir invitée à cette conférence aussi importante que marquante. C’est un grand honneur de m’adresser à vous en tant qu’oratrice lors de cet événement célébrant la Journée internationale des femmes.
Je suis une femme et je suis fière de l’être. Je m’appelle Elly van Wijk et je suis membre du Parlement néerlandais. Mais aujourd’hui, je ne parle pas seulement en mon nom propre. Je parle au nom des femmes dont la voix a été étouffée. Dans mon rôle de parlementaire, j’exerce plusieurs responsabilités, mais une mission personnelle l’emporte sur toutes les autres : la lutte contre le féminicide.
Le terme “féminicide” est un mot lourd, car il représente une réalité plus pesante encore. Ce n’est pas un concept abstrait. Le féminicide a des visages. Il a des noms. Il laisse des familles brisées à jamais. Même ici, en Europe de l’Ouest, où la sécurité et l’égalité sont des valeurs partagées, des femmes tombent encore sous les coups de leurs partenaires ou d’autrui. Trop souvent, j’entends aux informations le nom d’une femme assassinée par la personne avec qui elle partageait sa vie. Dans ces moments-là, je ressens une douleur profonde et un sentiment d’impuissance.
Le féminicide n’est pas une tragédie culturelle, c’est une tragédie mondiale. En Europe de l’Ouest, en Iran et partout dans le monde, je vois le même fil conducteur. Les femmes ne sont pas assassinées parce qu’elles sont vulnérables, mais souvent en raison de leur force, de leur liberté, de leur indépendance, de leur puissance et de leur courage à lutter.
L’avenir de l’Iran sera un Iran libre. Comme l’a déclaré Mme Radjavi, la question n’est plus de savoir si le régime tombera, mais quand. L’histoire montre que les dictatures peuvent sembler invincibles jusqu’au jour de leur effondrement. En Iran, ce jour approche. »
Elly van Wijk : la liberté d’expression et la dignité humaine, un droit pour lequel les Iraniennes se battent
« Les femmes iraniennes ont joué un rôle central et courageux dans le soulèvement de janvier 2026, se tenant au coude à coude avec les hommes et ouvrant souvent la voie. Jeunes et moins jeunes, mères et filles, de 13 à 66 ans et au-delà. Infirmières, mères au foyer, étudiantes ou ingénieures, des femmes de toutes les régions et de toutes les origines ethniques y ont pris part. Certaines sont même venues avec leurs jeunes enfants.
Ces femmes ont des visages. Ces femmes ont des noms. Ces femmes ont des familles transformées à jamais. Elles ont osé parler. Elles ont été fortes et ont choisi de ne pas rester silencieuses. Elles ne seront jamais oubliées.
Ce dont nous disposons en Europe de l’Ouest, c’est d’un espace, un espace pour parler, pour faire notre deuil, pour exiger justice et pour que nos voix soient entendues. C’est précisément ce genre d’espace qui est si souvent nié en Iran.
Mais l’espace seul ne suffit pas. Nous avons besoin de prise de conscience. Nous avons besoin d’éducation. Nous méritons la sécurité. Nous méritons la dignité. Nous méritons la liberté. Et surtout, nous méritons une société qui refuse de voir la violence contre les femmes comme un fait divers, inévitable ou acceptable. Nous avons besoin d’une protection qui nous protège réellement.
Aujourd’hui, je ne parle pas seulement pour moi-même. Je parle pour les femmes qui ont perdu leur voix, en Iran, en Europe de l’Ouest et à travers le monde.
Que nos voix soient assez fortes pour empêcher que d’autres femmes ne soient réduites au silence.
Élevons nos voix pour que leur silence n’ait pas été vain. »




















