Les commémorations du quarantième jour des victimes du soulèvement se sont tenues les 16 et 17 février, avec d’importantes cérémonies commémoratives et des rassemblements de protestation dans de nombreuses villes.
Loin de se limiter à des actes de deuil, ces événements se sont transformés en puissantes démonstrations de colère publique persistante et de défi politique. Fait marquant, les femmes y ont joué un rôle moteur et particulièrement visible.
Dans de nombreuses villes, les femmes se sont tenues en première ligne, organisant les rassemblements et dirigeant les slogans. Leur présence proéminente a une nouvelle fois souligné le rôle décisif qu’elles continuent de jouer dans la préservation de la mémoire des personnes tuées et dans le maintien de la dynamique de contestation.
Une cérémonie marquant le quarantième jour du décès de Zahra Bahlouli Pour Pour, étudiante en langue italienne à l’Université de Téhéran et issue de la communauté turque qashqai, s’est tenue dans sa ville natale de Firouzabad, dans la province de Fars. La commémoration a rassemblé un nombre important de femmes et de jeunes filles.
À Gonabad (ville du nord-est de l’Iran), une foule nombreuse s’est réunie pour marquer le quarantième jour de la mort de Negar Ajam, l’une des victimes du soulèvement. Des femmes et des jeunes ont brandi ses photographies tout en scandant des slogans anti-gouvernementaux.
À Noorabad Mamasani, la cérémonie en mémoire de Parisa Lashgari a également été marquée par une forte participation de femmes et de jeunes filles, transformant l’événement en une expression puissante de solidarité et de résilience.
À Téhéran, des participants ont commémoré Ayda Heydari, étudiante en médecine à l’Université de Téhéran. Un grand portrait placé sur sa tombe, entouré de fleurs, est devenu le point central de slogans tels que : « Cette fleur tombée est un cadeau à la patrie. » Les femmes, aux côtés des autres participants, ont contribué à faire de sa mémoire un symbole de résistance. Parallèlement, des cérémonies marquant le quarantième jour des martyrs du soulèvement de janvier ont été organisées à l’Université de Téhéran ainsi qu’à l’Université Ferdowsi de Mashhad.

Au cimetière de Behesht-e Zahra à Téhéran, des familles et des jeunes se sont rassemblés en groupes, scandant les noms des victimes. Parmi les slogans entendus :
• « Nous jurons par le sang de nos camarades, nous tiendrons jusqu’au bout. »
• « Pour chaque personne tuée, mille se lèveront. »
• « Après des années de crimes, à bas ce régime. »
À Mashhad, malgré une forte présence sécuritaire et le bouclage effectif du boulevard Vakilabad et des zones environnantes, des groupes de manifestants se sont réunis par dizaines, scandant des slogans contre le régime. L’un des moments les plus marquants fut l’acte de défi d’une femme seule, se tenant face aux forces de sécurité et scandant des slogans contre la répression. Lors de la cérémonie en mémoire de Hamid Mahdavi, courageux pompier tué durant les manifestations, les participants ont scandé : « Nous n’avons pas donné nos vies pour le compromis ni pour louer un dirigeant meurtrier. »

À Abdanan, les forces de sécurité auraient ouvert le feu en direction des manifestants alors que les rassemblements se poursuivaient. Néanmoins, les protestataires, y compris les femmes restées visiblement présentes, ont refusé de se disperser. Une commémoration du quarantième jour pour Alireza Seidi s’est également tenue dans la ville, où des slogans contre le pouvoir en place ont été scandés.
À Zanjan, une foule nombreuse a assisté à la commémoration du quarantième jour d’Ilya Ojaghloo, avec des slogans tels que : « Cette fleur tombée est devenue un cadeau à la patrie » résonnant dans l’assemblée. Des cérémonies similaires et des manifestations ont été signalées à Hashtgerd, Lahijan et Najafabad, dans la province d’Ispahan.
À Najafabad, les commémorations de plusieurs victimes ont évolué en une manifestation nocturne prolongée. Les familles, en particulier les mères endeuillées et les femmes de la famille, se sont tenues en évidence parmi la foule, scandant notamment : « Les chars, les canons et les mitrailleuses ne fonctionnent plus. »

Par ailleurs, la famille et les proches de Saeed Tavakolian se sont rassemblés sur le lieu où il a été tué, distribuant des fleurs et des ballons en sa mémoire. La cérémonie, marquée par la présence visible des femmes de sa famille, a mêlé le deuil à une protestation silencieuse mais indéniable.
Dans leur ensemble, ces commémorations du quarantième jour des victimes du soulèvement ont démontré que ces cérémonies ne sont pas de simples rituels de deuil. Elles sont devenues des tribunes d’expression politique et de colère publique durable contre le régime en place, les femmes s’affirmant comme des actrices centrales à la fois dans la mémoire et dans la résistance.





















