La jeune femme passionnée qui a sacrifié sa vie pour la liberté de sa patrie
Ghazaleh Chalabi est née le 3 août 1989 à Amol, une ville du nord de l’Iran. Elle était alpiniste et athlète, et disait souvent que la nature lui donnait du pouvoir. Son énergie et sa passion pour la vie étaient contagieuses.
Ghazaleh Chalabi avait étudié la gestion bancaire et travaillait comme comptable dans une entreprise privée aux côtés de sa tante. Elle était également active sur les médias sociaux et, après la mort de Jina Mahsa Amini à la mi-septembre 2022, Ghazaleh a été accaparée par les nouvelles, demandant sans cesse : « Qu’ont-ils fait à cette pauvre fille ? ». Lorsque la nouvelle du décès de Mahsa a été confirmée le 16 septembre 2022, Ghazaleh a pleuré amèrement en disant : « Mais elle portait son hijab ! »
À partir de ce moment et jusqu’à sa mort, Ghazaleh n’a pas pu se relâcher. Elle était déterminée à manifester son défi et sa demande de liberté.
Ghazaleh Chalabi est descendue dans la rue à Amol, participant au premier appel à manifester. Le 21 septembre 2022, lors de son dernier appel téléphonique avec sa famille, elle leur a dit : « Ne vous inquiétez pas ».

5 jours après le début du soulèvement national, le 21 septembre 2022, les forces de sécurité ont abattu Ghazaleh Chalabi alors qu’elle filmait des scènes des manifestations. Son téléphone portable, qu’elle tenait encore dans la main, a enregistré le moment où elle a été touchée par une balle. La vidéo montre un membre du Corps des gardiens de la révolution (CGR) tirant sur les manifestants et Ghazaleh tombant au sol. Des personnes se sont précipitées à ses côtés.
Un homme a répondu au téléphone de Ghazaleh après qu’elle a été touchée et a informé sa mère qu’elle avait été transportée à l’hôpital Chahrivar. Les forces de sécurité avaient délibérément visé la tête de Ghazaleh.
Ghazaleh Chalabi a passé 5 jours dans le coma, pendant lesquels sa mère lui a rendu visite quotidiennement, bien que les autorités aient confisqué son téléphone pour éviter que des photos ne soient partagées ou que la nouvelle du crime du régime n’atteigne les médias.
Plus tard, la mère de Ghazaleh a révélé que pendant son séjour à l’hôpital, la famille avait subi des pressions et des menaces constantes de la part des forces de sécurité.
Avant sa mort, Mme Ghazaleh avait signé à 2 reprises des cartes de don d’organes, souhaitant que ses organes soient donnés à ceux qui en auraient besoin après son décès. Alors que sa famille souhaitait honorer ce souhait, le procureur du régime a rejeté la demande, craignant que son nom ne soit célébré pour cet acte de bonté.
Le corps de Ghazaleh Chalabi a été enterré 6 jours après sa mort dans un coin reculé du cimetière Imamzadeh Ghasem à Amol. Toutefois, le site est devenu un lieu de rassemblement pour les habitants d’Amol, qui s’arrêtent pour lui rendre hommage, en récitant des prières ou en déposant des fleurs sur sa tombe. Cette manifestation de solidarité a exaspéré les forces du régime, qui ont détruit la clôture du cimetière et l’ont remplacée par un mur.

Le 40e jour après la mort de Ghazaleh Chalabi, de vastes manifestations ont éclaté à Amol, marquant un nouveau chapitre du soulèvement de 2022. Le peuple iranien, en particulier les femmes, n’oubliera jamais les sacrifices de Ghazaleh Chalabi et des autres personnes qui ont perdu la vie dans la lutte pour la liberté. Ils restent déterminés à renverser le régime et à mettre en place un gouvernement qui représente véritablement le peuple.
Elles poursuivront son chemin, et son sacrifice garantit la victoire inévitable de la révolution iranienne.





















