Courage sous le feu : Comment les femmes iraniennes façonnent la résistance
Rapport de Mars 2026 : Le courage à l’épreuve du feu : comment les femmes iraniennes façonnent la Résistance
La lutte des femmes iraniennes s’inscrit depuis longtemps dans le combat plus large du pays pour la liberté. Au fil du temps, leur rôle s’est accru, contribuant à définir tant l’orientation que la résilience de ce mouvement national.
En février, à la suite du soulèvement de janvier et de la répression sanglante des manifestants, ce rôle a franchi une nouvelle étape. Les activités de la Résistance iranienne et de ses « Unités de résistance » ont atteint un tournant, marqué par une participation féminine aussi visible que déterminante.
Une opération historique au cœur du pouvoir
À l’aube du 23 février, les Unités de résistance de l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI) et de l’Armée de libération ont mené une opération audacieuse ciblant le siège central d’Ali Khamenei, l’ancien guide suprême du régime.
Cette opération sans précédent a frappé le centre névralgique du commandement, témoignant d’un niveau d’organisation, de courage et de coordination qui a ébranlé les cercles du pouvoir.
Les femmes en première ligne
Parmi les 250 membres des Unités de résistance ayant pris part à l’opération figuraient des dizaines de femmes, signe indéniable de leur rôle central dans la lutte.
Selon des publications sur les réseaux sociaux relayant des témoignages oculaires, des femmes circulaient à moto, lançaient des grenades sur le complexe et affrontaient les forces de sécurité dans les rues. Ces récits soulignent une réalité marquante : les femmes ne se contentent plus de manifester, elles s’engagent désormais activement dans des actions de résistance à haut risque qui déterminent le cours du mouvement.

Pertes et sacrifices
L’opération a été lourde de conséquences. Environ 100 participants ont été tués, arrêtés ou sont portés disparus. Parallèlement, quelque 150 autres ont pu quitter les lieux avec l’aide des habitants, illustrant le lien étroit entre les Unités de résistance et la population.
Quatre femmes ont été signalées parmi les victimes décédées :
- Zahra Vahdati, 37 ans, Téhéran
- Gita Zamanpour, 44 ans, Téhéran
- Afsaneh Fard, 46 ans, Téhéran
- Flora Seifzadeh, 62 ans, Téhéran
Leur mort illustre l’ampleur de l’engagement des femmes et les risques qu’elles assument dans cette confrontation permanente.
L’OMPI a transmis les noms des victimes, des personnes arrêtées et des disparus au Rapporteur spécial des Nations unies sur l’Iran ainsi qu’à d’autres organisations internationales de défense des droits humains, réclamant un accès aux détenus et la restitution des corps des défunts.

Un complexe stratégique abritant plusieurs institutions clés
Le site visé par l’opération, connu sous le nom de complexe Motahari, abrite plusieurs institutions fondamentales du pouvoir. Outre le bureau du Guide suprême, il comprend le bureau et la résidence de Mojtaba Khamenei, le Conseil des gardiens, l’Assemblée des experts, les services centraux du pouvoir judiciaire, le ministère du Renseignement, le Conseil suprême de sécurité nationale ainsi que le Conseil de discernement.
Le complexe Motahari s’étend sur environ 620 mètres sur 770 et bénéficie d’une infrastructure de sécurité massive. Près de 8 000 personnels, notamment des membres du corps de protection Vali-e Amr des Gardiens de la révolution et du corps Ansar al-Mahdi, sont chargés de la surveillance du site.
Le périmètre est clos par des murs en béton armé de quatre mètres de haut, surmontés de barrières métalliques conçues pour contrer les drones et autres projectiles. Malgré ces dispositifs de défense, les Unités de résistance de l’OMPI sont parvenues, à l’aube, à neutraliser plusieurs caméras de surveillance rotatives grâce à des complicités internes au quartier général. Les affrontements ont fait de nombreuses victimes et ont entraîné un va-et-vient incessant d’ambulances, sous escorte armée, jusqu’au milieu de la journée.
Un événement que les autorités tentent d’étouffer
Les autorités se sont efforcées de limiter la diffusion de l’information auprès du public, redoutant l’impact d’un tel événement, et particulièrement l’exemple de détermination donné par les femmes. Toutefois, le renforcement de la sécurité autour du site depuis le 23 février, ainsi que certaines informations faisant état de discussions internes tendues, suggèrent que l’incident a provoqué une vive inquiétude au sein des cercles officiels.
Ce qui déstabilise le plus le régime n’est pas seulement l’opération en soi, mais ce qu’elle représente : l’émergence d’une force profondément enracinée dans la société iranienne, prête au sacrifice, et au sein de laquelle les femmes jouent un rôle central et indispensable.
Inspirer une nouvelle génération
Intervenant quelques semaines seulement après le soulèvement de janvier et la violente répression qui a suivi, cette opération semble avoir envoyé un message fort, en particulier à la jeunesse.
Pour les jeunes Iraniens, et singulièrement pour les jeunes femmes, cette action démontre que la résistance est non seulement possible, mais qu’elle est organisée, déterminée et gagne en puissance. Elle souligne qu’une force redoutable s’est levée au cœur même de la répression, capable de défier les fondements du régime.

Un rôle croissant dans une lutte qui perdure
Au cours de l’année écoulée, les Unités de résistance ont mené environ 3 000 opérations de lutte contre la répression. Lors du soulèvement de janvier 2026, elles ont joué un rôle décisif dans l’organisation et l’extension des manifestations, faisant face aux forces de sécurité et protégeant les manifestants.
Les femmes ont pris part à ces efforts à tous les niveaux, dirigeant souvent des initiatives sur le terrain.
Le bilan humain demeure toutefois très lourd. Pendant le soulèvement de janvier, plus de 2 000 membres des Unités de résistance, hommes et femmes confondus, ont disparu. Plus de deux mois après les événements, aucune information confirmée n’a filtré quant à leur sort.
Les femmes façonnent l’avenir de l’Iran
Aujourd’hui, le régime iranien fait face non seulement à une opposition généralisée au sein de sa population, mais aussi à une force de transformation en son sein : des femmes organisées, courageuses et déterminées.
Depuis près d’un demi-siècle, la lutte centrale oppose le pouvoir illégitime au peuple iranien et à sa résistance organisée. Le fait que le régime clérical, même en plein conflit extérieur, ait recours à l’exécution de membres de l’organisation des Moudjahidines et de jeunes manifestants ayant participé aux soulèvements, révèle une peur profonde : celle de la révolte populaire et du mouvement qui l’organise et la dirige.
Depuis plus de quatre décennies, un mouvement de résistance nationale est dirigé par une femme. Le leadership, le sacrifice et la détermination des femmes ont redéfini les lignes de front de la lutte pour la liberté en Iran. Elles incarnent une force capable de transformer le pays et de façonner son avenir.




















