Le 30 août 2025, à la mairie du 17e arrondissement de Paris, s’est tenue une conférence intitulée « Soulèvement de l’Iran contre le régime des exécutions », avec une intervention de Me Dominique Attias, présidente du Conseil d’administration de la Fondation des avocats européens, présidente du Barreau européen regroupant plus d’un million de membres (2021–2022), et vice-bâtonnière du Barreau de Paris (2016–2017).
Commémoration et résistance
Souvenirs et deuil, mais aussi résistance, lutte et mobilisation sont les maîtres-mots de cette journée à la mairie du 17ᵉ arrondissement. Souvenir et deuil, car à travers cette exposition, ce sont tous ces martyrs que nous honorons. Ce sont 30 000 hommes, femmes, garçons et filles encore dans l’adolescence que nous pleurons et célébrons.
Les dirigeants de la mort et de la repression
Ces êtres sacrifiés sur l’autel de la barbarie humaine, incarnés par des hommes tels qu’Ebrahim Raïssi, tortionnaire en 1988 puis président de la République islamique d’Iran, qui fort heureusement brûle désormais en enfer. Barbarie incarnée par Ali Khamenei et ses sbires, pour nombre d’entre eux anciens suppôts du pouvoir monarchique, qui, tellement habitués à torturer et à exécuter leur peuple du temps du chah, se sont engagés aux côtés des mollahs pour continuer leur sombre besogne mais aussi pour échapper à la vindicte du peuple iranien. Ce n’est que reculer pour mieux sauter, messieurs les bourreaux, et le peuple iranien aura votre peau !

Ashraf Sadat Ahmadi, symbole des femmes courageuses
Ces femmes et ces hommes disparus continuent à vivre dans nos cœurs. Laissez-moi faire revivre l’une d’elles, qui à elle seule incarne toutes ces femmes courageuses lâchement assassinées. Je n’en avais jamais parlé encore : je veux parler d’Achraf Sadaf Ahmadi. Regardez-la, regardez-la. Après avoir poursuivi des études et obtenu son baccalauréat, cette jeune femme rêvait déjà, sous le régime du chah, de la liberté pour son peuple et s’était engagée aux côtés des opposants au régime monarchique.
Incarcérée par ce régime, alors qu’on ne vous parle pas maintenant d’un nouveau chah, ni des chah-Mollahs ! Elle avait de nouveau été emprisonnée sous le régime de Khomeiny alors qu’elle venait de donner naissance à son fils, bébé, que son tortionnaire lui a arraché des bras. Mais aucun sévices, aucune torture, ni menace n’ont fait fléchir cette femme indomptable ni toutes les Iraniennes fidèles aux Moudjahidines du peuple.
Celles qui l’ont connue ont témoigné de ses sacrifices, de son courage, du soutien inébranlable et du réconfort qu’elle apportait inlassablement à ses sœurs d’infortune, emprisonnées comme elles, pour certaines depuis de nombreuses années. Elles ont témoigné de son sourire, de sa confiance en l’avenir d’un Iran libéré et de son inébranlable soutien aux idées défendues par les Moudjahidines du peuple. Elle avait 47 ans quand les mollahs l’ont tirée de sa cellule et pendue. C’était le 31 juillet 1988, une étoile parmi les 30 000 autres que ces criminels ont tenté de faire disparaître à jamais.
Crime contre l’humanité
Crime contre l’humanité, a conclu le rapporteur spécial des Nations unies dans son rapport d’il y a un an, on en a parlé à plusieurs reprises. Oui, crime contre l’humanité que le régime islamique d’Iran ne pourra effacer. Au fil des ans, ils cherchent à faire disparaître les preuves de leurs exactions, oui, au fil des ans, en détruisant les tombes et les fosses communes où reposent tous ces martyrs, en profanant les corps jusque dans la mort !
Poursuite de la répression et des executions
Cet été encore, les mollahs, confrontés au soulèvement populaire, accélèrent leur immonde besogne : 9 500 tombes profanées, détruites, les familles maintenues à distance, 9 500 personnes privées désormais de sépulture, pour construire un parking !? Une abjection totale ! Maudit soit-il ceux qui ont profané ce lieu sacré qu’est un cimetière, qui ont bafoué ce droit fondamental dans toutes les sociétés et les religions, qui est le respect dû aux morts.
Par leurs actes, ils signent une fois de plus et perpétuent leurs crimes contre l’humanité. Une si grande rage m’habite devant tant d’horreurs jusqu’à ce jour impunies, oui, pour le moment impunies, et aussi une rage face à l’indifférence coupable, pour ne pas dire à la couardise, de la communauté internationale.

Les femmes iraniennes, en première ligne de la résistance et du combat
Mais j’entends la voix de mes amis de l’OMPI qui me disent inlassablement : résistance ! Oui, la résistance, ce sont les femmes et les mères iraniennes. Résistance, me dit la voix de Maryam Akbari Mofared, qui a repris le flambeau de la lutte des mains d’Achraf Sadaf Ahmadi. Maryam est en bas, vous avez vu, en bas, il y a tout un panneau sur elle : enfermée depuis plus de 15 années, martyrisée, séparée de ses enfants, elle résiste aussi au péril de sa vie. Elle résiste comme celles et ceux qui, aujourd’hui vous l’avez dit, comme tous les mardis, au péril de leur vie, font cette grève de la faim dans les 48 prisons iraniennes pour dire Stop aux exécutions !
Avertissement contre les exécutions et devoir international
Ces exécutions qui continuent, et j’ai une pensée particulière pour ces cinq femmes pendues ces trois dernières semaines : l’Iran, premier bourreau mondial de femmes. Ne me parlez pas des bienfaits de l’arrivée au pouvoir en Iran de prétendus réformateurs : on en voit encore qui se signalent, et qui sortent, en une année depuis l’entrée en fonction de Pezechkian fin juillet 2024, soi-disant réformateur. Vous l’avez dit : le nombre de victimes a dépassé 1 600 !
Résistance, mais mobilisation également, car non seulement les mollahs détruisent les preuves de leurs crimes, mais forts de leur impunité à ce jour… Écoutez bien, on vous l’a dit tout à l’heure : ils appellent au renouvellement de ce massacre ! Cynisme ! Horreur à l’état pur ! Comment peut-on parler d’un tel massacre comme d’une expérience historique réussie à renouveler ?
Alerte, alerte, alerte !
Notre soutien, colonne vertébrale de la resistance
Oui, est-ce qu’il faut désormais uniquement résister ? Au CNRI, à l’OMPI, sa principale composante, à son extraordinaire présidente Madame Maryam Radjavi, au peuple iranien d’en décider. Nous, aujourd’hui et partout dans le monde, notre devoir est d’être toujours à leurs côtés.
Je vous remercie.




















