À l’anniversaire de ce crime contre l’humanité, le régime des mollahs a exécuté deux prisonniers politiques de l’OMPI — alors que les signes se multiplient : l’histoire est sur le point de se répéter.
Aux premières heures du dimanche 27 juillet 2025 — à la veille de l’anniversaire du massacre de 1988 ayant coûté la vie à plus de 30 000 prisonniers politiques — deux prisonniers politiques de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani, ont été exécutés par le régime inhumain des mollahs à la prison de Ghezel Hessar, après trois années de torture visant à leur arracher des aveux forcés.
Au sommet de sa faiblesse, dans les derniers jours de son règne déshonorant, le régime des mollahs a lancé, par cet acte lâche, un message clair : sa guerre principale est dirigée contre le peuple iranien, et sa préoccupation essentielle est d’empêcher un nouveau soulèvement qui pourrait faire s’écrouler tout son édifice.
Ce n’était pas simplement la mise à mort de deux voix de liberté, mais un signal flagrant du régime — une annonce préalable d’une nouvelle vague de crimes contre l’humanité pour préserver son pouvoir.
Cette année, l’anniversaire du massacre de 1988 n’est pas seulement un rappel historique ; il est assombri par les signes inquiétants de sa répétition imminente.

Le massacre de 1988 : Un crime sans fin ni responsabilité
Le massacre des prisonniers politiques à l’été 1988 a débuté le 19 juillet, lorsque Khomeiny a émis un décret religieux secret ordonnant l’exécution de tous les prisonniers demeurant fidèles à leurs convictions. Dans les semaines suivantes, des « commissions de la mort » ont exécuté des milliers de détenus sans procès — uniquement en raison de leur loyauté envers leurs convictions politiques.
Le régime clérical avait préparé ce massacre dès l’hiver et le printemps 1988, transférant les prisonniers d’un centre à l’autre en amont. Le 20 juillet 1988, les autorités pénitentiaires d’Ilam ont transféré un groupe de prisonnières hors de l’établissement. Ce même jour, Farah Esmaeili, Hakimeh Rizevandi, Marziyeh Rahmani, Nasrin Rajabi et Jasoumeh Heydari ont été exécutées sur une colline près du village de Chabab, dans la province d’Ilam.
Plus de 90 % des victimes étaient des partisans de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI/MEK). Dans de nombreux cas, ces prisonniers avaient déjà purgé leur peine. Leurs corps ont été enterrés dans des fosses communes, et leurs familles sont restées sans nouvelles de leur sort.
La communauté internationale est restée silencieuse à l’époque — un silence qui a été interprété comme un feu vert à l’impunité.
Le 22 juillet 2024, le professeur Javaid Rehman, rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains en Iran, a déclaré dans son rapport que les exécutions des années 1980, y compris le massacre de 1988, constituent des crimes contre l’humanité, un génocide, et des crimes atroces.
Il a souligné que ces crimes se poursuivent en raison de l’impunité dont jouissent leurs auteurs — des individus occupant encore aujourd’hui les plus hauts postes du régime iranien.

Glorification officielle du massacre de 1988 — Et appel à sa répétition
Le 7 juillet 2025, l’agence de presse Fars — affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) — a publié un éditorial intitulé : « Pourquoi les exécutions de 1988 doivent être répétées », qualifiant le massacre des prisonniers politiques de « réussite historique » et appelant ouvertement à appliquer la même méthode aux prisonniers actuels.
Ce n’est pas une simple menace — c’est un signal officiel annonçant un nouveau crime d’État.
Signes évidents : un crime en cours
Ces dernières semaines et ces derniers mois, une nouvelle vague d’exécutions politiques et de répression accrue a déferlé sur l’Iran :
• Farchad Etemadifar, Massoud Jamei et Alireza Merdassi : le 12 juillet 2025, après deux ans de torture et d’isolement cellulaire, les trois hommes ont été condamnés à deux peines de mort et à un an de prison pour « inimitié envers Dieu (moharebeh), rassemblement et collusion contre la sécurité nationale, appartenance à l’OMPI et propagande contre le régime ».
• Au moins 11 autres prisonniers politiques sont actuellement sous le coup d’une condamnation à mort pour leur soutien à l’OMPI.
• Un grand nombre de prisonniers politiques sont menacés d’exécution imminente sans procédure régulière ni procès équitable.
• Saeed Massouri, prisonnier politique de longue date et figure emblématique de la campagne « Les mardis contre les exécutions », est incarcéré depuis 25 ans sans un seul jour de permission. À la suite d’un raid mené le samedi 26 juillet par 100 gardiens dans la section des prisonniers politiques de la prison de Ghezel Hessar, il a été transféré à la prison de Zahedan.
• Parallèlement, des rapports font état de disparitions forcées de prisonniers politiques telsqu’Arghavan Fallahi, Ali Younesi et Bijan Kazemi, de leur transfert vers des lieux inconnus, de l’interdiction des visites familiales, et de pressions croissantes sur leurs proches — des signes profondément inquiétants.

Une répression dictée par la peur d’un soulèvement populaire
Depuis le soulèvement national de 2022, le régime clérical est dans sa position la plus faible depuis des décennies.
Une crise de légitimité, une corruption systémique, une pauvreté généralisée, et des défaillances économiques et structurelles croissantes — telles que les pénuries chroniques d’eau et d’électricité — alimentent une colère populaire explosive. En réponse, Ali Khamenei, guide suprême du régime, a recours aux exécutions de masse et à une répression brutale comme mesure préventive pour étouffer toute protestation potentielle.
Le régime ne fait plus face uniquement à des militants organisés ; il est désormais confronté à une nouvelle génération audacieuse et à une société éveillée.
Même les responsables du régime admettent que leur ennemi principal n’est pas étranger, mais bien le peuple dans la rue.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Massoud Pezeshkian, le nombre d’exécutions a atteint des niveaux sans précédent.
En moins d’un an, plus de 1 460 personnes ont été exécutées — dont 764 depuis le début de l’année 2025.
La condamnation verbale ne suffit pas : il est temps d’agir
Le silence face à ces exécutions ne relève pas de la simple indifférence ; il constitue un encouragement direct à la poursuite des crimes par le régime.
L’inaction de la communauté internationale ne fait qu’encourager davantage le régime des mollahs — au comble de sa fragilité — à intensifier ses exécutions et ses atrocités, tout en renforçant ses ambitions nucléaires, son agression régionale et son exportation du terrorisme.

Appel urgent à la communauté internationale
La Commission des Femmes du CNRI alerte avec force :
Un autre massacre est en cours de planification et d’exécution. Le silence de 1988 ne doit pas se répéter.
Nous demandons au Conseil des droits de l’homme, au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, aux rapporteurs spéciaux des Nations Unies, à l’Union européenne, aux gouvernements et aux instances concernées :
• Une condamnation explicite et publique des peines de mort et de l’incitation au meurtre ;
• Des mesures efficaces et concrètes, et non de simples condamnations diplomatiques ;
• Le déploiement immédiat de la mission d’enquête internationale indépendante en Iran ;
• La conditionnalité de toute négociation ou relation politique et économique avec le régime à l’arrêt des exécutions et à la libération des prisonniers politiques ;
• La poursuite en justice des auteurs et des commanditaires de ces crimes, et la fin de leur impunité au niveau international.
Le silence équivaut à une complicité dans le crime.
Les Nations Unies, les gouvernements, les institutions internationales, et toutes les consciences du monde portent une responsabilité.
Le moment d’agir, c’est maintenant — avant qu’il ne soit trop tard.




















