Les autorités iraniennes vont former des équipes pour faire respecter la loi sur le hijab
Bien que les forces de sécurité de l’État aient annoncé précédemment qu’elles n’affronteraient pas physiquement les femmes dans les rues et que l’application de la loi sur le hijab se ferait par le biais de systèmes numériques, une nouvelle annonce a été faite selon laquelle des équipes seront formées pour s’occuper des femmes qui enlèvent leur hijab dans les lieux publics.
Le procureur d’Ispahan, Mohammad Moussavian, a annoncé un protocole d’accord tripartite entre le pouvoir judiciaire, les gardiens de la révolution (CGRI) et le quartier général pour l’application du bien et l’interdiction du mal, qui prévoit la formation de ces équipes.
S’exprimant lors d’une cérémonie en l’honneur de ceux qui ont lancé des avertissements “anti-vice”, Moussavian a évoqué la signature de ce protocole et a déclaré que des équipes seraient formées pour s’occuper des contrevenants à la loi sur le hijab dans les lieux publics. Il a également mentionné la formation de branches spéciales au sein de l’appareil judiciaire pour lutter contre ceux qui enfreignent les normes et retirent leur hijab, en raison de l’importance d’ordonner le bien et d’interdire le mal. (Eghtesaad24.ir, 21 avril 2023)
Toutefois, lors d’une conférence de presse tenue le 26 mars 2023, le mollah Hossein Jalali, membre du parlement des mollahs, a déclaré que le nouveau plan Hijab serait mis en œuvre au moyen d’un système intelligent et n’impliquerait pas de confrontation physique avec les femmes qui ne respectent pas le voile. Le plan prévoit des sanctions financières allant d’un demi-million à trois milliards de tomans, l’annulation des permis de conduire et des passeports, ainsi que l’interdiction d’utiliser l’internet.
Outre les sanctions financières, les forces de sécurité de l’État ont annoncé le 8 avril qu’elles déploieraient des caméras de vidéosurveillance pour identifier les femmes qui enfreignent la loi sur le hijab et éviter les tensions physiques avec elles. Une fois identifiées, les contrevenantes recevront des “messages textuels d’avertissement quant aux conséquences”. (Agence de presse gouvernementale ISNA, 8 avril 2023)
Il a été rapporté que le régime utilise la technologie de reconnaissance faciale pour identifier les femmes qui enlèvent leur hijab dans les lieux publics.
L’insistance de Moussavian sur la formation d’équipes chargées de traiter les contrevenants au hijab rappelle les confrontations violentes avec les femmes iraniennes par les patrouilles d’orientation (police morale), qui ont conduit à la mort de Mahsa Amini en septembre dernier.
Autre nouvelle liée aux restrictions imposées aux femmes iraniennes, une explosion dans un salon de beauté pour femmes à Qom a fait deux blessés. Selon les médias d’État, l’explosion s’est produite dans la nuit du jeudi 20 avril, à 21 h 39, dans un salon de beauté pour femmes situé sur le boulevard Attaran à Qom. Les salons de coiffure pour femmes de Qom ont été inspectés à de nombreuses reprises au cours des derniers mois et certains ont été fermés sous divers prétextes.




















