Les décès dus au coronavirus en Iran sont équivalents à ceux de tout le Moyen-Orient ; le Covid-19 tue un Iranien toutes les deux minutes
Le nombre de décès dus au coronavirus en Iran prend chaque jour une nouvelle dimension, à tel point que les médias officiels ont déclaré à plusieurs reprises que l’odeur de la mort remplissait l’air des provinces du pays.
Selon les dernières estimations, le nombre de décès dus au coronavirus en Iran a dépassé les 400.000.

Ecrivant sur le cinquième pic du virus, le Wall Street Journal du 13 août 2021, a écrit : “L’Iran est frappé par la pire vague de Covid-19 alors que le programme de vaccination bat de l’aile”.
“Téhéran a été lent à importer des vaccins et réticent à imposer des confinements coûteux à son économie frappée par les sanctions”, ajoute le WSJ. “L’Iran a été le premier foyer de coronavirus au Moyen-Orient et reste le pays le plus touché de la région, en grande partie à cause de la réaction inadaptée des autorités, selon les experts et les analystes.”
Le 17 aout, The Times of London rapportait : “Un Iranien meurt désormais du coronavirus toutes les deux minutes, selon les nouvelles estimations d’un bilan qui s’alourdit de façon incontrôlable avec la cinquième vague de la pandémie dans le pays.”
Les médias officiels iraniens ont écrit : “Les décès dus au Covid-19 dans tout le Moyen-Orient sont équivalents aux décès dus au coronavirus en Iran.” (Quotidien Hamdeli – 29 août 2021)
Les responsables du régime clérical ont déclaré que les décès dus au coronavirus en Iran ont augmenté de 12,5 % les dernières semaines d’août. Le chef de l’office des denrées alimentaires et des médicaments a annoncé une attaque virale sans précédent en Iran. L’Organisation du système médical a déclaré que le nombre de cas de la variante Delta dans les salles d’urgence est de 2 à 4 fois supérieur au nombre standard.
Mohammad Reza Mahboubfar, expert en dommages sociaux et membre de l’Association scientifique pour l’éducation à la santé, a parlé de la plus grande dissimulation des hauts responsables du régime. Il a reconnu que “[Ebrahim] Raïssi sait très bien que les chiffres officiellement publiés sur la maladie de Covid-19 en Iran ne représentent que la partie émergée de l’iceberg, puisque [les chiffres réels] sont secrets et hors de portée. Selon deux sources officielles et confirmées, les chiffres réels de la maladie de Covid-19 en Iran sont plusieurs fois supérieures.” (Le journal d’Etat Hamdeli – 29 août 2021)

La vaccination par goutte à goutte dans le ciel des virus mutants
Il n’y a pas une seule famille en Iran qui ne pleure la perte de ses proches à cause du coronavirus. Le peuple iranien sait que Khamenei est responsable de l’absence de vaccination et de l’interdiction d’importer des vaccins agréés en Iran. La décision de Khamenei d’interdire l’achat du vaccin équivaut à un génocide. La faculté de médecine de Téhéran a annoncé qu’à peine 4 % de la population avait reçu deux doses de vaccin. Cent pays sont plus avancés que nous, a-t-elle déclaré. (Site Javan – 26 août 2021)
Mohammad Reza Mahboubfar a expliqué que les virus mutants Delta et Lambda seraient plus dangereux à l’automne. Il a déclaré au sujet du processus de vaccination : “L’Iran s’est transformé en paradis des virus mutants Covid au Moyen-Orient et dans le monde pour de nombreuses raisons : la pénurie de vaccins ; le rythme de vaccination au compte-gouttes et lent ; certains vaccins ont été donnés en cadeau, leur crédibilité est donc remise en question ; les ministères de la Santé et des Affaires étrangères ont acheté les vaccins à des sources inconnues, et empêchent la divulgation des détails de leurs contrats.” (Le journal Hamdeli – 29 août 2021)
Le système de santé a été mis à rude épreuve pendant la pandémie. Le personnel soignant, et en particulier les infirmières, est épuisé. Et le régime ne rend de compte pour aucun de ces problèmes.

100.000 infirmières contaminées
80 % du personnel infirmier en Iran sont des femmes. La situation des hôpitaux est désastreuse. Le nombre quotidien de nouveaux cas de coronavirus augmente. “Alors qu’il devrait y avoir 2,5 infirmières par lit d’hôpital par 24 heures, la pénurie d’infirmières se fait plus que jamais sentir.” (Le site salamatnews.com – 9 août 2021)
Armin Zare’ian, le président du conseil du système des soins infirmiers à Téhéran, a déclaré que depuis le début de l’épidémie de coronavirus en Iran, 100.000 infirmières à travers le pays avaient été contaminées par le virus, dont 30.000 à Téhéran. “Toutes les infirmières infectées par la variante Delta avaient reçu le vaccin”. (Agence Fars – 31 août 2021)
À propos de la pénurie d’infirmiers, Zare’ian a déclaré : “Il y a entre 35 000 et 40 000 infirmiers [accrédités] à Téhéran qui possèdent une carte professionnelle. Leur nombre doit au moins doubler”.
Les infirmiers iraniens, et en particulier les femmes, sont aux prises avec divers problèmes psychologiques et physiques. Néanmoins, le ministère de la Santé ne leur a pas versé leurs salaires et avantages sociaux. La situation est bien pire pour la plupart des infirmières qui travaillent sous contrat temporaire.
Seyedeh Fatemeh Bahraini, présidente du foyer des infirmières de Machad, a évoqué les préjudices causés par les longues heures de travail. “Outre les graves conséquences physiques et psychologiques dont ont souffert de nombreuses infirmières pendant la pandémie, nous avons constaté une augmentation du nombre de divorces chez elles. Les longues journées de travail consécutives pendant la pandémie n’ont pas permis à de nombreuses infirmières de s’occuper de leur mari et de leurs enfants comme elles le faisaient auparavant.” (Agence ROKNA – 17 août 2021)

Stress chronique et dépression sans salaire
Les infirmières ont également lutté contre diverses maladies au cours des 20 derniers mois en raison de la forte pression du travail, notamment le stress chronique et la dépression aiguë. Le ministère de la Santé a abandonné les infirmières sans leur apporter le moindre soutien. Même les infirmières enceintes n’ont pas été transférées dans des services moins risqués, et leur temps de travail n’a pas été réduit. De nombreuses infirmières n’ont pas pu utiliser leurs congés pendant la pandémie.
Les responsables des facultés de médecine et des CHU se sont non seulement opposés à la réduction de 44 heures par semaine à 30 heures, mais ils ont également refusé de leur payer les heures supplémentaires.
Certaines facultés de médecine ont promis d’accorder des congés plus longs aux infirmières au lieu de réduire leurs heures de travail ou de payer leurs heures supplémentaires. Cependant, les pics consécutifs du virus n’ont pas autorisé les infirmières à prendre des congés. Par conséquent, les infirmières n’ont reçu ni leurs congés, ni leurs heures supplémentaires, ni leurs prestations régulières ou leurs primes d’encouragement.
Sous prétexte de perdre des revenus, les hôpitaux publics ont considérablement réduit leurs prestations et leurs primes de rendement. Les infirmières qui travaillaient dans les unités de traitement du coronavirus ont reçu une micro prime d’encouragement par mois. Mais elles ne l’ont pas reçu depuis mars 2021.

La situation est pire pour les infirmières en contrats temporaires
Le problème est bien pire pour les infirmières qui travaillent sous contrat temporaire. Espérant un emploi permanent dans les hôpitaux publics, elles ont signé des contrats de 89 jours.
Ils ont travaillé bénévolement pendant plusieurs mois. Après le deuxième pic, les facultés de sciences médicales ont signé des contrats de 89 jours avec certaines des infirmières. Ces contrats ne comprennent pas d’avantages, de primes ou d’incitations. Leur revenu mensuel est inférieur à 4 millions de tomans. (125€).
Compte tenu de la pénurie d’infirmières en Iran pendant le cinquième pic du coronavirus, certains hôpitaux ont invité leurs infirmières retraitées à faire du bénévolat. De cette façon, ils évitent de demander un budget pour payer les salaires des nouvelles recrues. (Site salamatnews.com – 17 août 2021)
L’incapacité du régime clérical à embaucher de nouvelles infirmières, et son incapacité générale à employer des forces jeunes et d’élite, a conduit à une fuite massive des cerveaux d’Iran. “L’Iran est reconnu comme le plus grand exportateur mondial de jeunes élites et de cerveaux”, a rapporté l’agence ILNA le 19 août 2021.
Le Dr Armine Zareian, président du conseil du système de soins infirmiers à Téhéran, a annoncé que 500 infirmières émigrent d’Iran vers les États-Unis et l’Europe chaque mois. (Agence Daneshjoo – 11 avril 2021)
Cinquième pic de décès parmi le personnel médical féminin
Les infirmières continuent de mourir en Iran. L’inclination au suicide a également augmenté parmi le personnel de santé épuisé.
Depuis mars 2021, neuf jeunes étudiantes en médecine, également appelés jeunes internes, sont mortes en raison de la lourdeur de la charge de travail et des gardes longues et pénibles. (Agence ROKNA – 31 juillet 2021)

La Dr Sogand Sedaghatnia, résidente en cardiologie à l’hôpital Imam Hossein de Téhéran, est décédée subitement des suites d’une attaque cardiaque. Elle travaillait dans le centre d’urgence COVID-19, qui est plus encombré que jamais de nos jours.
Suite à un accident cardiaque, la Dr Mahdieh Mazaherian, interne en cardiologie, est décédée le 23 août 2021. L’épuisement, la faiblesse physique et la pression psychologique sont parmi les principales raisons du décès de ces internes.
Afsaneh Ehsani, une infirmière de 26 ans, est décédée après avoir donné naissance à son bébé le 31 juillet 2021. L’infirmière, qui a contracté le virus alors qu’elle travaillait à l’hôpital Mehr, a développé un grave essoufflement. Elle est morte immédiatement après avoir accouché (Quotidien Hamshahri Online- 2 août 2020).
Zahra Mehdipour, une infirmière, travaillant à Fouladshahr d’Ispahan, et Fatemeh Ameri, une autre infirmière qui travaillait à Bandar Abbas, sont décédées après avoir été infectées par le virus. Mitra Kalbadinejad, personnel médical à Sari, capitale de la province de Mazandaran, a également perdu la vie à cause du coronavirus. (Agence ROKNA – 26 août 2021)
L’emploi des femmes a souffert neuf fois plus que celui des hommes
Après l’épidémie de coronavirus en Iran, les femmes étaient plus susceptibles d’être licenciées que les hommes parce qu’elles travaillent dans le secteur informel. Environ 60 % des personnes actives en Iran occupent des emplois informels. (Agence ISNA – 18 juin 2021) Un million de femmes qui travaillaient dans le secteur informel ont été licenciées pendant la pandémie.
Selon le rapport trimestriel du Centre national des statistiques (CNS), 70 % des femmes actives en Iran avaient perdu leur emploi à l’été 2020, pendant la pandémie.
La population des femmes actives de plus de 15 ans est de 31 millions en Iran. Mais seulement 4,7 millions d’entre elles, soit 15,3 %, ont un emploi. (Agence IRNA – 11 avril 2020)
Le CNS a indiqué que sur les 19 953 000 hommes employés en 2019, environ 1,7 % ont perdu leur emploi en 2020. En revanche, sur les 4 320 000 femmes employées en 2019, environ 15,3 % ont perdu leur emploi en 2020. Ainsi, le nombre de femmes qui ont perdu leur emploi en 2020 est neuf fois supérieur à celui des hommes.

Quelque 71 % de la population des femmes sans emploi en Iran ont fait des études supérieures. Les statistiques montrent que, malgré une augmentation remarquable du nombre d’étudiantes de l’enseignement supérieur entre 2005 et 2020, seulement 300 000 nouveaux emplois ont été créés.
Alors que 4 millions de chefs de famille en Iran sont des femmes, elles constituent 45% du total des ménages et se situent dans les revenus les plus bas de la population. (Le site officiel women.gov.ir – 15 mai 2021)
La plupart des femmes qui travaillent sont chefs de famille
La plupart des femmes actives qui ont perdu leur emploi pendant la pandémie étaient des femmes chefs de famille. Pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, elles ont recours à des emplois de bas niveau et non viables, comme le colportage. De nombreuses femmes chefs de famille qui perdent leur emploi s’ajoutent à la multitude vendeuses ambulantes dans les rues. (Quotidien Jam-e Jam – 10 avril 2021)

Les colporteuses ont subi de nombreux dommages pendant la pandémie. De nombreuses femmes ayant fait des études supérieures vendent des marchandises dans les stations de métro de Téhéran. La plupart d’entre elles sont déprimées car elles passent de longues heures dans une atmosphère sans âme. Beaucoup ont contracté le Covid-19. Elles dépensent tout ce qu’elles gagnent pour payer le loyer de leur maison. Néanmoins, la pandémie a réduit leurs revenus de moitié.
Dans les régions kurdes, les femmes travaillent comme porteuses ou ouvrières du bâtiment pour gagner de quoi faire vivre leur famille. Les femmes âgées chefs de famille subissent une double pression lorsqu’elles travaillent comme porteuses. Même les femmes instruites se joignent aux porteurs car il n’y a pas de travail pour elles.
En un mot, les femmes sont les premières victimes de la crise du chômage en Iran. Les médias officiels rapportent que le nombre de femmes chefs de famille augmente de jour en jour. Massoud Faridi, conseiller de l’Organisation du bien-être, a souligné que le secteur des femmes chefs de famille augmente de 120 000 familles par an. (Agence Mehr – 18 juillet 2021)
Situation des femmes dans les prisons
Le cinquième pic du coronavirus en Iran continue de faire des ravages chaque jour. Parallèlement, les conditions de vie dans les prisons sont très mauvaises et très peu hygiéniques. Par exemple, dans le quartier des femmes de la prison d’Evine, des dizaines de prisonnières politiques ont contracté le virus Covid-19.
Les détenues de la prison de Qarchak, à Varamine, souffrent de longues coupures de courant, et l’approvisionnement en eau de la prison est fréquemment interrompu. Le manque de détergents, les pénuries d’eau et l’absence d’une climatisation adéquate dans les quartiers surpeuplés font que les femmes ont beaucoup plus de mal à supporter l’enfermement.
Dans de telles circonstances, Maryam Mirzaï, directrice adjointe de la prison de Qarchak, a déclaré en réponse à la protestation des prisonnières : “Si vous avez un problème, faites une grève de la faim !”
Dans le cas de la prison de Semnan, cette prison ne dispose pas des infrastructures sanitaires minimales. Les détenues n’ont pas d’eau pour prendre un bain et se relaient à chaque heure pour se laver.
Le système d’égouts de la prison s’est effondré, mais les autorités pénitentiaires n’ont pris aucune mesure pour réparer les dégâts. Au lieu de cela, elles ont débranché les siphons, ajoutant aux problèmes d’assainissement de cette prison.
Les maladies de peau sont également très répandues dans la prison de Semnan, qui ne dispose d’aucun établissement de santé ni de médecins pour soigner les détenues.

Khamenei porte la responsabilité finale de la mort de plus de 400 000 Iraniens.
Le dernier bilan des décès dus au coronavirus en Iran s’élève à plus de 400 000.
Depuis l’apparition du coronavirus en Iran en janvier 2020, le guide suprême des mollahs l’a décrit comme “une bénédiction” et “une opportunité”. Car après les soulèvements de novembre 2019 et de janvier 2020, il avait besoin d’une excuse pour faire face au mécontentement croissant de la population et à ses protestations. Par conséquent, il a mené une politique de pertes humaines massives pour paralyser la population. Dans le cadre de cette politique inhumaine, il a interdit l’achat de vaccins étrangers accrédités, ce qui a envoyé un nombre croissant d’Iraniens dans l’enfer du coronavirus.
Khamenei porte la responsabilité ultime de la mort de plus de 400 000 Iraniens, dont la plupart auraient pu être évités.




















