CNRI Femmes – Chokoufeh Yadollahi, femme de confession soufie en Iran, a été condamnée à cinq ans de prison. Elle se trouve dans des conditions critiques parce qu’elle est privée de traitement médical en détention.
Par ailleurs, les gardiens de la prison d’Evine de Téhéran ont mis en danger la vie de la mère âgée d’un prisonnier politique, en lui faisant entendre l’enregistrement de ses cris sous la torture lors d’un appel téléphonique.
Chokoufeh Yadollahi a été condamnée le 13 août à cinq ans de prison et deux ans de privation d’activité sociale et dans les médias.
Dans un fichier audio partagé sur le compte twitter Majzooban-e Noor, Chokoufeh Yadollahi s’est plainte de ses conditions de détention à la prison de Qarchak.
Elle explique qu’un refus de soins médicaux pendant six mois lui a entraîné une augmentation du niveau d’infection dans le sang et a mis sa vie en danger. Elle a été ausculté à l’hôpital Amir Alam le 8 aout, mais les autorités carcérales l’ont empêchée d’avoir accès aux médicaments prescrits par son médecin.
Son médecin a souligné qu’elle doit être maintenue dans un environnement propre et loin de la fumée de cigarette, mais les autorités de la prison refusent de la transférer du sixième quartier de la prison de Qarchak, qui est extrêmement insalubre, mettant sa vie en danger.
Les informations sur Qarchak indiquent que l’environnement carcéral est crasseux et que les installations de base sont en mauvais état. Plus récemment, le magasin de la prison a été fermé pendant plus de deux semaines et les prisonnières ne reçoivent plus de riz, de pain ou de thé.
Dans un autre exemple des pratiques inhumaines du régime dans ses centres de détention, les gardiens de la prison d’Evine ont appelé la mère âgée du prisonnier politique Farhad Mayssami pour lui faire entendre les cris de son fils sous la torture. Cela a exercé une pression psychologique énorme sur cette femme âgée, équivalent à une torture psychologique.
Selon un message Facebook de Reza Khandan, époux de l’avocate des droits humains et prisonnière politique Nasrine Sotoudeh : « Ils ont appelé cette vieille dame, malade et solitaire, mère de Farhad Maysami au moins deux fois le 8 août, une fois à 23 heures et ensuite vers 4 heures du matin, et lui ont fait écouter au téléphone les bruits des coups pour obtenir des aveux de son fils. La première fois, sans la présence d’amis auprès d’elle, nous aurions pu être confrontés à une autre catastrophe et personne n’aurait pu en comprendre la cause. La mère de M. Maysami souffre de crampes musculaires en raison de l’anxiété et de l’horreur causées par les appels, et ses amis ont passé des heures à l’aider à retrouver des conditions normales ».
Farhad Maysami, ancien éditeur de manuels de préparation aux examens universitaires, a été arrêté dans la soirée du 31 juillet 2018, à son bureau. Ce militant des droits civiques de 48 ans a été transféré dans le quartier 209 de la prison d’Evine.



















