La campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran a marqué sa 132e semaine le mardi 4 août 2026, avec la participation de prisonniers politiques dans 59 prisons à travers l’Iran à une grève de la faim coordonnée.
Dans un communiqué marquant la 132e semaine de la campagne, les participants ont fustigé l’exécution de manifestants et le recours aux exécutions publiques, soulevant de graves inquiétudes quant aux procédures judiciaires qui entourent ces affaires. La déclaration indique :
« Mojtaba Khamenei, le dirigeant autoritaire de l’ombre, exécute les volontés de son père, invoquant l’esprit des années 1980 et déployant des grues d’exécution dans les rues pour ôter publiquement la vie à Amirhossein Safari et Abolfazl Sepahi. Il exécute également Arvin Kheirkhahan, un jeune homme de 19 ans plein de vie, à Shahroud, perpétuant ainsi les massacres et la répression de masse amorcés en janvier. De cette manière, il cherche à empêcher toute forme de protestation visant un changement fondamental et révolutionnaire. Pendant ce temps, ses représentants louent les résultats des exécutions lors des prières du vendredi et dans les médias d’État, célébrant ainsi les bourreaux. Toute conscience éveillée doit se demander : si ces jeunes manifestants étaient véritablement des criminels et des meurtriers méritant une exécution publique, pourquoi leurs procès ne se sont-ils pas déroulés ouvertement, et pourquoi auraient-ils été torturés et jugés en secret ? »
Appel à une opposition élargie contre la peine de mort
La déclaration note également qu’au cours des 132 dernières semaines, les prisonniers ont poursuivi leurs protestations en dépit de leurs transferts à l’isolement, des violences physiques subies et, dans certains cas, de l’exécution de codétenus participant à la campagne. Les auteurs ont appelé les opposants à la peine de mort à employer tous les moyens disponibles pour mener des actions concrètes visant à stopper les exécutions.
Le communiqué soutient en outre que les menaces et les mesures punitives ciblant les militants anti-exécution reflètent l’influence et la portée grandissantes du mouvement. Il exhorte tous les opposants au châtiment suprême à faire de l’opposition à la peine de mort une revendication universelle, indépendamment des charges retenues ou des affiliations politiques des condamnés.
Le communiqué conclut en soulignant l’importance de la solidarité collective, de la résistance continue et de l’organisation comme outils indispensables pour faire face à l’autoritarisme ainsi qu’aux exécutions, réaffirmant la nécessité de poursuivre ces efforts.
Contexte
Entrant désormais dans sa troisième année, la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran est devenue le mouvement de protestation le plus vaste et le plus durable au sein des prisons iraniennes. Malgré l’intensification des pressions sécuritaires, les menaces permanentes, les restrictions de communication et les mesures punitives infligées aux détenus participants, la campagne persiste et s’étend, de nouveaux établissements rejoignant chaque semaine ses actions.
Une part importante de ces prisonniers grévistes de la faim est constituée de prisonnières politiques purgeant leur peine dans les quartiers des femmes de la prison d’Evin, de la prison de Qarchak à Varamin, de la prison de Sepidar à Ahvaz, de la prison d’Adelabad à Chiraz, de la prison de Zahedan, de la prison de Yazd et de la prison de Lakan à Rasht.




















