Mardi 15 septembre 2026, à l’occasion de la 138e semaine de la campagne contre les exécutions, des prisonniers politiques répartis dans 62 prisons à travers le pays ont entamé une grève de la faim pour exprimer une nouvelle fois leur opposition au recours massif à la peine de mort.
Hommage à la mémoire des victimes des manifestations de 2022
À la veille du quatrième anniversaire des manifestations nationales de 2022, déclenchées par le meurtre brutal de Mahsa Amini (Zhina) par la dictature au pouvoir, la campagne des mardis contre les exécutions a rendu hommage à l’ensemble des victimes de ce soulèvement, en particulier aux femmes héroïques qui ont joué un rôle d’avant-garde lors de ces protestations.
Les participants à la campagne ont également souligné la poursuite des manifestations populaires et la revendication de liberté, d’égalité et de démocratie. Dans une section du communiqué publié cette semaine, ils soulignent : « Nous saluons nos compatriotes qui, épuisés par l’oppression des dirigeants, sont descendus dans la rue pour revendiquer leurs droits et crier leur désir de liberté. Malgré une répression brutale, ces manifestations n’ont pas été étouffées ; au contraire, telles des braises sous la cendre, elles se sont ravivées en janvier 2026 et se poursuivent jusqu’à ce jour, jusqu’à atteindre leur destination finale : la liberté, l’égalité, la démocratie et l’établissement d’un gouvernement populaire. »
Hausse des exécutions et condamnations à mort de manifestants
Dans une autre partie de son communiqué, la campagne met en garde contre la hausse des exécutions et des condamnations à mort prononcées contre plusieurs prisonniers arrêtés lors de récentes manifestations, annonçant qu’au moins 61 personnes ont été exécutées depuis le début du mois de septembre.
Le communiqué cite les cas de plusieurs prisonniers risquant la peine capitale, notamment Arghavan Fallahi, Marziyeh (Sevda) Ebrahimi, Alireza Sepahi et Hossein Rasoulinasab.
La campagne annonce que le recours judiciaire d’Arghavan Fallahi, une prisonnière politique condamnée à mort à la prison d’Evin, a été rejeté, et qu’une peine de mort a également été prononcée contre Marziyeh Ebrahimi à Bandar Abbas.
Le communiqué souligne en outre qu’à l’approche de la nouvelle rentrée universitaire, le régime tente de faire taire les voix dissidentes au sein des universités.
Appel aux Nations Unies pour stopper les exécutions et la répression
À la fin de leur déclaration, la campagne des mardis contre les exécutions appelle la session de la Troisième Commission de l’ONU, la rapporteuse spéciale des Nations Unies Mai Sato ainsi que d’autres rapporteurs de l’ONU à condamner les violations des droits humains, la répression du peuple iranien et les exécutions massives, et à apporter des « solutions pratiques » pour stopper les exécutions et la répression.
La campagne invite également les Iraniens, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, à adopter une position ferme et concrète contre les exécutions. Il convient de noter que la semaine dernière, le professeur Javaid Rehman, ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains en Iran, a exprimé son soutien à la campagne des mardis contre les exécutions, insistant sur la nécessité de faire face aux exécutions politiques et de mettre fin à l’impunité des donneurs d’ordre et des exécutants de ces violations massives des droits humains.
À propos de la campagne des mardis contre les exécutions
La campagne des mardis contre les exécutions, qui entre aujourd’hui dans sa troisième année, est devenue le mouvement de protestation le plus étendu, le plus durable et le plus influent au sein des prisons iraniennes. Malgré l’intensification de la pression sécuritaire, les menaces constantes, les restrictions de communication et les mesures punitives contre les participants, le mouvement de protestation ne s’est pas arrêté.
Un nombre important de détenus en grève de la faim se compose de prisonnières politiques purgeant leur peine dans les quartiers des femmes des prisons d’Evin, de Qarchak à Varamin, de Sepidar à Ahvaz, d’Adelabad à Chiraz, ainsi que des prisons de Zahedan, de Yazd et de Rasht.



















