Le mardi 30 juin 2026, la contestation contre la peine de mort en Iran a franchi une nouvelle étape avec la 127e semaine consécutive de la grève de la faim menée par des prisonniers politiques dans 57 établissements à travers le pays.
Ce mouvement, qui dénonce l’usage de la sentence capitale comme outil de terreur par le régime clérical, mobilise un nombre croissant de détenus à la prison d’Evin, à la prison de Qarchak et dans les provinces. Face à l’augmentation des exécutions, les familles des victimes brisent également le silence pour réclamer le droit de connaître le lieu de sépulture de leurs proches.
Une part majeure des grévistes est constituée de prisonnières politiques. Elles purgent actuellement leurs peines dans le quartier des femmes de la prison d’Evin (Téhéran), de la prison de Qarchak (Varamin), ainsi que dans les quartiers des femmes des prisons de Sepidar (Ahvaz), d’Adelabad (Chiraz), de Zahedan, de Yazd et de Lakan à Racht.
Cette initiative est devenue le mouvement de protestation le plus important et le plus pérenne au sein des prisons iraniennes. Malgré les pressions sécuritaires constantes, les menaces, les restrictions de communication et les mesures disciplinaires, elle continue de s’étendre, recueillant chaque semaine le soutien de nouveaux détenus.
Les participants à la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran soulignent que leur combat dépasse la simple défense des condamnés. Ils le décrivent comme un effort pour faire respecter le droit à la vie, la dignité humaine et la justice. Ils soutiennent que la peine de mort en Iran est utilisée comme un outil pour instaurer un climat de peur et réduire au silence les voix critiques.
Ils croient que la poursuite de ce mouvement peut attirer davantage l’attention du public et des instances internationales des droits humains sur le nombre croissant d’exécutions. À leurs yeux, l’opposition à la peine de mort s’inscrit dans une lutte plus vaste pour la défense des droits humains fondamentaux et pour faire face au cycle de violence et de répression au sein de la société.
Quand le lieu de sépulture des victimes est tenu secret
Dans de nombreux dossiers d’exécution, le calvaire des familles ne s’arrête pas avec l’application de la sentence. Le refus de restituer les corps ou de communiquer l’emplacement des tombes ajoute une couche supplémentaire de souffrance et d’injustice. Dans son dernier communiqué, la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran s’est faite l’écho de l’appel poignant lancé par le père de Vahid Bani-Amerian :
« Au milieu de tout cela, la voix d’un père demandant “Où se trouve la tombe de mon fils ?” est un cri qui s’élève des profondeurs de la douleur et de l’injustice. »
La question posée par le père de Vahid Bani-Amerian, prisonnier politique exécuté avec cinq autres compagnons à la prison de Ghezel Hessar en avril dernier, ainsi que par d’autres familles dont les corps des enfants n’ont jamais été rendus, n’est pas une simple requête personnelle. C’est le cri d’innoublables familles en quête de justice, privées du droit élémentaire de savoir où reposent leurs proches. Cette privation s’apparente à une prolongation du châtiment après la mort et constitue une violation flagrante de la dignité humaine, empêchant les familles de faire leur deuil.




















