Shiva Esmaeli risque un retour prématuré en prison après une opération de la colonne vertébrale
Shiva Esmaeli, prisonnière politique détenue à la prison d’Evin, a récemment subi une intervention chirurgicale de la colonne vertébrale après des années de souffrance liées à des affections vertébrales et à d’intenses douleurs dorsales.
L’opération n’a été réalisée qu’après de longs retards et des entraves, et ses coûts ont été pris en charge par la prisonnière elle-même.
Malgré le besoin urgent de soins médicaux postopératoires, les autorités de la prison d’Evin ont ordonné son retour en détention. Cette décision intervient alors que les quartiers de détention manquent des installations requises pour soigner les patients en convalescence chirurgicale, et un transfert prématuré pourrait gravement compromettre son rétablissement.
La décision des autorités carcérales a suscité de vives inquiétudes quant à la santé, au bien-être et aux perspectives de guérison de cette prisonnière politique.
Shiva Esmaeli menottée à un lit d’hôpital après son opération
Dans un contexte d’inquiétudes croissantes concernant l’état physique de Shiva Esmaeli, des agents carcéraux l’auraient menottée à son lit d’hôpital à la suite de l’intervention.
Cette action a été entreprise alors même que, après une chirurgie de la colonne vertébrale, elle nécessite du repos, une surveillance médicale spécialisée et une protection contre tout effort physique inutile.
Le refus d’accorder un traitement médical adéquat à Shiva Esmaeli n’est pas un problème nouveau.
Au cours des dernières années, de nombreux comptes rendus ont documenté les restrictions imposées à son accès aux soins de santé et les retards dans la réalisation de l’opération dont elle avait d’urgence besoin.
Qui est Shiva Esmaeli ?
Shiva (Massoumeh) Esmaili, née en 1965 et mère de trois enfants, figure parmi les femmes prisonnières politiques qui sont restées inébranlables au fil des années d’emprisonnement. Résidente de Téhéran et titulaire d’un diplôme en ingénierie agronomique, elle a été arrêtée en novembre 2020 pour des motifs politiques, dans des circonstances manquant de transparence juridique.
Après des mois d’incertitude, la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran l’a condamnée le 14 mai 2023 à dix ans de prison. La peine comprenait cinq ans pour « rassemblement et collusion », un an pour « propagande contre l’État » et quatre ans pour « atteinte à la sécurité nationale ».
De plus, elle a reçu des peines complémentaires, notamment une interdiction de quitter le pays pendant deux ans et des restrictions sur ses activités politiques et sociales.









