Zinat Mirhashemi à la JIF 2026 : le courage des femmes lors du soulèvement de janvier a ouvert un nouveau chapitre de la lutte en Iran
Le samedi 21 février 2026, à la veille du 8 mars, Journée internationale des femmes, la Commission des femmes du CNRI a organisé à Paris une conférence internationale intitulée « Le leadership des femmes : un impératif pour un Iran libre et une république démocratique ». Cette rencontre, réunissant des parlementaires, des universitaires, des intellectuelles et des figures politiques de premier plan, s’est concentrée sur la participation politique et le leadership des femmes comme piliers d’une société démocratique.
Mme Zinat Mirhashemi, membre du CNRI et du comité central de l’Organisation des guérilleros Fedayin du peuple iranien (OIFPG), a prononcé un discours lors de cette conférence. En voici l’intégralité :
Zinat Mirhashemi : la nouvelle génération de femmes iraniennes brise la peur et ébranle l’équilibre du pouvoir
« Je vous salue toutes et j’adresse des salutations particulières à Mme Maryam Radjavi, tout en lui exprimant ma gratitude pour avoir instauré cette solidarité vibrante et puissante entre des femmes de différents pays. Soutenir ainsi les droits des femmes en Iran est votre art.
Avant de commencer mon propos, je tiens à souligner un fait que l’on ne voit presque nulle part ailleurs et dont on n’est témoin aujourd’hui qu’en Iran : lors des cérémonies de deuil pour leurs proches disparus, les Iraniens dansent, chantent et entonnent des hymnes, ils ne pleurent pas. Savez-vous pourquoi ? Parce qu’ils veulent dire à ce régime : c’est vous qui avez échoué, pas nous.
Ils veulent signifier que c’est le régime qui est en deuil. Nulle part ailleurs dans le monde les gens ne tirent une telle fierté de la douleur de perdre un être cher en disant : “C’est un cadeau à la patrie”. C’est une caractéristique unique de la résistance du peuple iranien.
En ce qui concerne “l’enfant du chah”, comme cela a été mentionné précédemment, je l’appelle également ainsi car il reste un enfant à nos yeux. Je voudrais simplement dire que je suis fière d’avoir participé à la révolution de 1979, à la lutte contre la monarchie et à son renversement. Je suis une “révolutionnaire de 1979” et c’est ma fierté.
J’envoie mes salutations aux prisonnières politiques qui, dans les cachots médiévaux du régime iranien, passent chaque instant de leur vie à résister.
En Iran, les femmes ne sont pas seulement les victimes d’un système discriminatoire, elles sont aussi les narratrices d’une résistance historique. Le rôle de premier plan des femmes a été manifeste lors du soulèvement de décembre dernier. Ces femmes qui, avec courage, ont ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire de la lutte du peuple iranien contre la dictature religieuse.
La réalité est que la discrimination envers les femmes est un pilier fondamental de la structure du pouvoir en Iran. Dans les lois du système du Velayat-e Faqih, les femmes, qui représentent la moitié de la société, ne sont pas entendues, leurs corps sont contrôlés par un ordre patriarcal et, dans de nombreux cas, elles sont opprimées.
Telle est la réalité imposée par le régime au pouvoir en Iran depuis 47 ans. Pourtant, la force de la résistance contre ce système inhumain n’a cessé de croître, et les femmes ont elles-mêmes bloqué toute possibilité de recul. Ce qui se passe aujourd’hui dans le mouvement des femmes iraniennes n’est pas une simple protestation temporaire, c’est la manifestation de siècles de colère accumulée par des femmes qui ont subi des décennies de discrimination au foyer comme dans la société.
Cette génération de femmes ne restera plus silencieuse, c’est une génération qui a connu la peur, en a payé le prix, et a pourtant refusé de reculer. Leur persévérance a ébranlé l’équilibre du pouvoir préexistant.
Les voix qui se sont élevées dans les rues d’Iran lors du mouvement Jina (Mahsa Amini) en 2022 et lors du soulèvement sanglant de janvier 2026 ont franchi les frontières pour établir une vérité mondiale : sans la liberté des femmes, aucune société ne peut être réellement libre, et sans la participation active des femmes, aucun mouvement ne peut aboutir.
Mais aujourd’hui, notre tâche n’est pas seulement de relater la souffrance des femmes, elle est de reconnaître leur force et de rendre hommage à celles qui ont refusé de plier sous l’oppression. Certaines de ces femmes ont donné leur vie sur le champ de bataille, et leurs actions ont, à tout le moins, conduit à la défaite partielle du hijab obligatoire, ce qui constitue un coup dur porté à la structure de la dictature religieuse au pouvoir.
L’histoire a prouvé que chaque fois que les femmes entrent sur la scène publique d’une société, le mouvement pour la liberté s’accélère. Et dans l’Iran contemporain, il semble que ce processus ne pourra plus être arrêté. »




















