Le samedi 21 février 2026, à la veille de la Journée internationale des femmes, la Commission des femmes du CNRI a organisé à Paris une conférence internationale intitulée « Le leadership des femmes : un impératif pour un Iran libre et une république démocratique ». Cette rencontre, réunissant des parlementaires, des universitaires, des intellectuelles et des figures politiques de premier plan, s’est concentrée sur la participation politique et le leadership des femmes en tant que piliers d’une société démocratique.
Azadeh Akhbari, docteure en histoire, a prononcé un discours lors de cette conférence.
Azadeh Akhbari : je me tiens dans l’ombre de ces femmes qui ont refusé de plier devant la tyrannie
« Bonjour à toutes et à tous. C’est un privilège d’être parmi vous. Je suis la Dre Azadeh Akhbari, docteure en histoire et consultante. Mon prénom, Azadeh, signifie “libre”. On me l’a donné parce que je suis née juste après l’année révolutionnaire de 1979. Mes parents, comme des millions d’autres Iraniens, pensaient qu’ils seraient libres après la tyrannie du chah. Pourtant, malgré mon prénom, j’ai été emprisonnée dès l’âge de deux ans, aux côtés de mes parents et de mon jeune frère.
Aujourd’hui, à l’approche de la Journée internationale des femmes, je me tiens ici dans l’ombre de ces femmes qui ont refusé de plier devant la tyrannie. J’étais une enfant lorsque ma famille a affronté le régime, je ne peux donc pas me compter parmi ceux qui ont agi. Je suis simplement ici pour raconter leur histoire. »
De la répression familiale à un appel mondial pour soutenir la liberté en Iran

« En 1979, ma mère est descendue dans la rue pour protester contre le chah. Elle portait en elle le même rêve que les jeunes Iraniens d’aujourd’hui : la liberté et le droit à l’autodétermination. C’est le cœur de l’Iran qui bat ainsi depuis plus de cent ans. Mais la révolution a été volée, elle a été détournée par les ayatollahs. Au cours des années sombres qui ont suivi, j’ai perdu huit membres de ma famille, dont sept sont représentés ici. Ils étaient partisans de l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI).
Terrifié par les femmes fortes, le régime a d’abord exécuté ma tante, Fatemeh Shayesteh. Elle était dans la fleur de l’âge, hautement diplômée et commençait sa carrière d’ingénieure. Le régime a ensuite pendu ma grand-mère, Soghra Davoudi, qui avait 56 ans. Ma mère, quant à elle, a été condamnée à mort, son exécution n’a été reportée que parce qu’elle avait de jeunes enfants à charge.
Mais mon histoire n’est pas unique. C’est l’histoire d’un siècle d’oppression, d’abord sous la monarchie, puis sous la dictature religieuse. Des millions d’Iraniens en ont payé le prix, de leur vie, de leur liberté, ou par l’exil. Je vis en sécurité en Europe, une Europe libre et démocratique, depuis 40 ans. Je sais quel privilège c’est de pouvoir travailler, de parler et d’être soi-même dans une société libre. Mais je vois aussi combien cette démocratie peut être fragile.
Je salue le Parlement européen pour sa prise de position. Inscrire les gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes est une étape vitale, mais l’Europe doit faire plus. Elle doit mettre fin à la politique de complaisance, fermer les ambassades qui servent de nids d’espions et stopper le lobby iranien. Ce ne sont pas seulement des options politiques, ce sont des mesures nécessaires pour protéger notre liberté collective.
Dans ce refuge qu’est l’Europe, je ressens mes racines iraniennes plus que jamais. J’ai vu récemment la vidéo d’une jeune femme qui venait de quitter l’Iran. Elle décrivait les protestations comme un véritable soulèvement, une révolution, une révolution d’étudiants, de bazaris, de travailleurs et de toutes les ethnies d’Iran. Comme elle, je réalise que je fais partie de quelque chose de bien plus grand.
Je dois cette prise de conscience aux femmes d’Ashraf 3. Je la dois aussi à la jeunesse révoltée et aux unités de résistance organisées en Iran. Elles sont le moteur de ce mouvement, payant le prix ultime pour un nouvel avenir. Cet avenir est reflété dans le plan en dix points de Maryam Radjavi, une vision pour transformer l’Iran en un pays démocratique, laïc et pluraliste. Ce plan est le socle d’une nation qui apporte la liberté à son peuple et la stabilité au monde.
L’histoire nous enseigne que la lutte pour la démocratie en Europe et aux États-Unis a été longue et sanglante, mais qu’elle a réussi. Le courage que nous voyons en Iran aujourd’hui prouve que le combat du peuple iranien réussira lui aussi. Après plus de cent ans de lutte, le peuple d’Iran triomphera. Nous vaincrons. »




















