Le soulèvement entre dans son 17ᵉ jour à travers l’Iran
Le mardi 13 janvier 2026, le soulèvement national en Iran est entré dans son 17ᵉ jour consécutif, avec des manifestations et des affrontements signalés à Téhéran et dans de nombreuses villes de province. Ces événements mettent en lumière l’incapacité du régime à contenir une société déterminée à défier la tyrannie.
À Téhéran, des milliers de personnes se sont rassemblées dans le quartier de Sadeghieh, scandant « À bas le dictateur ». Des jeunes insurgés ont affronté les unités spéciales à Haft Howz, Pirouzi, Théâtre-Chahr, Ashrafi Esfahani, Tehranpars et Valiasr. Des manifestations nocturnes ont également eu lieu dans le quartier d’Ekbatan. À Naziabad, les forces du régime ont tiré de manière indiscriminée avec des armes à plomb, blessant plusieurs manifestants.
Plus tôt dans la journée, au cimetière de Behesht-e Zahra, des personnes en deuil ont porté les corps des manifestants tués en scandant « À bas Khamenei », transformant les funérailles en actes renouvelés de défiance.
Affrontements nationaux et escalade militaire
Les manifestations et les confrontations se sont poursuivies à travers tout le pays. À Machhad, des affrontements entre manifestants et forces du régime ont entraîné la mort d’un colonel du régime et de trois membres du Bassidj, qui tiraient sur la population. À Kermanchah, des affrontements éclairs se sont poursuivis toute la nuit, notamment dans la zone de Taq-e Bostan, où les forces de sécurité ont ouvert le feu. Des renforts ont été envoyés depuis Qasr-e Shirin, Ravansar et Javanroud afin de renforcer la répression.
À Shahr-e Babak, dans la province de Kerman, les autorités ont instauré un climat quasi militaire, procédant à l’arrestation de centaines de manifestants et blessant le chef du renseignement de la ville. À Kerman, des armes lourdes ont été déployées contre les protestataires. D’autres affrontements ont été signalés à Chiraz, Ilam, Karaj, Tabriz et Ispahan, où des manifestants ont incendié des motos appartenant à des membres du Bassidj.
Le courage des femmes dans le soulèvement
Des témoins rapportent que les jeunes femmes et les adolescentes font preuve d’un courage particulier, prenant des risques considérables pour participer aux manifestations et affronter les forces du régime. De jeunes mères ont rejoint les rassemblements avec leurs enfants, tandis que des femmes plus âgées ont manifesté aux côtés de leurs maris handicapés en fauteuil roulant, illustrant l’ampleur de la participation sociale au soulèvement national en Iran.
Un mouvement politiquement conscient et organisé
Le soulèvement actuel n’est ni spontané ni éphémère. Il est plus vaste, plus politiquement structuré et plus radical que les vagues précédentes. Il reflète une société qui a accumulé, au fil de décennies de résistance, de l’expérience, une conscience politique et une capacité d’organisation. Les revendications des manifestants dépassent les demandes économiques et visent clairement le démantèlement de l’ensemble du système autoritaire.
Plus de quatre décennies de résistance
Le mouvement actuel s’inscrit dans plus de 45 années de lutte du peuple iranien, nourries par les soulèvements nationaux de 2018, 2019 et 2022. Ces expériences démontrent que la société iranienne est désormais engagée dans des manifestations durables et organisées, ciblant directement le sommet du pouvoir. Les unités de résistance de l’OMPI ont joué un rôle clé dans le maintien de la dynamique entre les soulèvements, garantissant que la contestation reste active.
La stratégie défaillante du régime
Face à une « société explosive », le régime adopte une approche à double volet : une répression ouverte comprenant arrestations massives, exécutions et tirs à balles réelles, combinée à une guerre psychologique et à des manœuvres de diversion politique. En promouvant des récits monarchistes et en mettant en avant des figures telles que Reza Pahlavi, le régime cherche à diviser les manifestants, marginaliser l’alternative démocratique et présenter le soulèvement comme une manœuvre soutenue de l’étranger.
Une détermination enracinée dans l’histoire
Pourtant, les slogans entendus à travers l’Iran, rejetant à la fois la dictature religieuse et la dictature monarchique, traduisent un choix collectif clair. Malgré la répression et la propagande, la société iranienne, façonnée par des décennies d’emprisonnement, d’exil et de sacrifices, ne montre aucun signe de recul. Le soulèvement national en Iran se poursuit avec détermination, enraciné dans un long parcours historique de résistance et dans une exigence inébranlable de liberté et de démocratie.




















