La Journée mondiale de l’Enfance devrait être un moment de réflexion sur l’avenir des enfants, ces individus qui devraient façonner un avenir lumineux. Pourtant, en Iran, ce jour est devenu un rappel de la souffrance de millions d’enfants. Les enfants iraniens sont privés de joie, de jeux et d’éducation, et se retrouvent confrontés à la pauvreté économique, à la malnutrition, au mariage des enfants, au travail forcé et à de graves dommages psychologiques et physiques.
Cette tragédie se déroule alors même que l’Iran est l’un des pays les plus riches du monde en ressources naturelles, des richesses pillées et détournées par une élite dirigeante corrompue.
L’enfance sous un soleil brûlant
Par un après-midi d’été caniculaire, alors que les voitures s’arrêtent à un feu rouge, une petite voix suppliante perce le bruit de la circulation :
— « Madame, achetez du chewing-gum. Il est très bon. En été, il rafraîchit, vous n’aurez pas soif. »
Une fillette frêle, vêtue de vêtements usés et le visage brûlé par le soleil, tend un paquet de chewing-gum. Avec un sourire fragile, elle tente de se présenter comme une « vendeuse débrouillarde » plutôt qu’une enfant en détresse.
Ce n’est qu’une des milliers d’images d’enfants travailleurs, des enfants qui ont perdu leur droit de jouer et d’étudier, forcés d’assurer la survie minimale de leur famille dans les rues ou dans des ateliers cachés. Ces enfants ont été poussés prématurément dans l’âge adulte, sans même en avoir conscience.
Selon la loi de l’UNICEF, le travail des enfants est interdit et l’éducation, le jeu et la santé sont leurs droits fondamentaux.

Chiffres provenant de responsables du régime : l’aveu d’une crise qui s’aggrave
Plus de vingt ans après que l’Iran a signé la Convention relative aux droits de l’enfant, non seulement la crise du travail des enfants n’a pas été résolue, mais une nouvelle génération d’enfants exploités a émergé.
Le régime ne dispose toujours pas de données précises sur le nombre d’enfants soumis à différentes formes d’exploitation.
Le journal Hamshahri écrivait le 5 septembre 2022 :
« Malgré 13 institutions distinctes responsables de la question du travail des enfants, il est stupéfiant qu’aucune autorité ne soit tenue pour responsable de cette crise sociale. »
Dans un autre rapport du 3 décembre 2022, le même journal indiquait que certains militants sociaux estiment le nombre d’enfants travailleurs jusqu’à sept millions.
Déjà huit ans plus tôt, à une époque où la pauvreté était nettement moins sévère, la députée du régime Nahid Tajeddin déclarait :
« Certains experts des questions économiques urbaines estiment le nombre d’enfants travailleurs en Iran entre 3 et 7 millions. »
(Tasnim, 27 septembre 2017)
Un autre journal rapportait que 38 % des enfants iraniens vivent sous le seuil de pauvreté, dans des foyers dont les revenus ne couvrent même pas les besoins essentiels.
(Ham-Mihan, 17 mai 2025)
Hassan Mousavi Chelek, adjoint à la Santé sociale de l’Organisation du Bien-être, a admis : « Un quart des enfants travailleurs sont des filles. »
(Tasnim, 11 juin 2025)

Les filles dans le travail des enfants : trois fois plus vulnérables
Il n’existe aucune statistique officielle sur le nombre de filles soumises au travail des enfants, mais les études de terrain montrent une augmentation. Les enfants travailleurs, en particulier les filles, sont exposés à des niveaux élevés d’abus physiques et sexuels.
(ILNA, 21 janvier 2025)
Selon les résultats de recherches, les filles souffrent davantage que les garçons dans les domaines suivants :
- Maladies : 32,4 % des filles contre 21,5 % des garçons
- Accidents : 49,3 % contre 29,2 %
- Abus sexuels : 12,7 % contre 2,75 %
- Coups et insultes : 26,8 % contre 11,8 %
(Hamshahri, 3 décembre 2022)
Beaucoup de filles se coupent les cheveux pour ressembler à des garçons afin de se sentir plus en sécurité.
(ISNA, 3 mai 2021)
Ces filles subissent exploitation, malnutrition et conditions de travail extrêmement dangereuses.

Une génération qui grandit sans école
L’éducation est la seule voie permettant aux enfants d’échapper au cycle de la pauvreté. Pourtant, en Iran, la privation scolaire s’aggrave chaque année. Le travail des enfants est la principale cause d’abandon scolaire.
Alors que le régime refuse de publier des données transparentes, le journal Shargh rapportait le 3 février 2025 :
« Un enfant iranien sur 22 est privé d’éducation. »
Mohammad-Mehdi Seyyed-Nasseri, chercheur international en droits de l’enfant, a déclaré :
« Environ 40 % des enfants travailleurs en Iran ne vont pas à l’école ou ont abandonné à cause du travail. »
(Shargh, 22 janvier 2025)
Farshad Ebrahimpour, membre de la Commission de l’Éducation du Parlement, a admis en octobre 2024 que deux millions d’enfants ne s’étaient pas inscrits à l’école cette année-là, ajoutant que « les difficultés économiques ont empêché les parents comme les élèves d’atteindre le stade de l’inscription ».
(ILNA, 5 septembre 2025)
En novembre 2024, Gholamali Afrooz, professeur à l’Université de Téhéran, déclarait que seulement 70 % des élèves entrant en primaire parviennent à terminer le lycée.
30 % abandonnent avant l’obtention du diplôme et entrent prématurément sur le marché du travail.
(ILNA, 5 septembre 2025)

La crise de la malnutrition : un piège pour la prochaine génération
La malnutrition infantile est une catastrophe silencieuse mais généralisée. Elle ne détruit pas seulement la santé physique ; elle réduit aussi les capacités d’apprentissage et la participation scolaire, enfermant les générations futures dans le cycle de la pauvreté.
Hadi Mousavi-Nik, ancien secrétaire général pour les études de protection sociale au ministère du Travail, a déclaré :
« 57 % de la population iranienne souffre de malnutrition, dont 14,5 millions d’enfants, dont près de 10 millions ont moins de 12 ans. »
(Navad Eghtesadi, 10 juillet 2023)
Un membre du corps professoral de l’Université des sciences médicales de Yassoudj a affirmé :
« La malnutrition est la cause directe ou indirecte de 60 % des décès parmi les enfants iraniens. »
(Ettelaat, 26 novembre 2023)
Une autre étude a montré :
20 % des enfants travailleurs souffrent de malnutrition
13 % vivent dans des foyers dirigés par des femmes
22 % appartiennent à des familles touchées par la toxicomanie
(Fararu, 9 octobre 2025)

Mort à l’école : l’écho d’un système éducatif en ruine
Entre octobre et novembre 2025, quatre cas alarmants se sont produits dans des écoles iraniennes :
À Zandjan, un élève a fait un arrêt cardiaque et est décédé après des châtiments corporels et avoir été forcé de courir. (1er octobre 2025)
À Chiraz, un élève s’est suicidé chez lui après avoir été sanctionné. (4 octobre 2025)
À Machhad, un élève de dix ans a eu un arrêt cardiaque en classe et est décédé. (13 octobre 2025)
À Ilam, un élève de neuf ans est mort subitement pendant la récréation. (25 octobre 2025)
Selon Eghtesad Online (3 novembre 2025), ces quatre incidents en un seul mois reflètent une grave détérioration de la santé physique et mentale des enfants sous une structure éducative en plein effondrement.

Le seul chemin vers le bien-être et la sécurité des enfants iraniens
En Iran, les enfants grandissent dans une pauvreté écrasante, l’injustice, la malnutrition et la violence, tandis que le régime en place dissimule les statistiques et refuse d’affronter la réalité. La pauvreté structurelle, la corruption institutionnalisée et le pillage des richesses nationales ont condamné les enfants iraniens à un avenir marqué par la mort et la privation.
La voie vers un avenir lumineux pour les enfants d’Iran ne passe pas par des réparations superficielles du système brisé du régime, mais par son renversement complet.
La chute de ce régime antihumain et destructeur de l’enfance est indispensable pour restaurer l’éducation, la santé, le bien-être et la sécurité des enfants iraniens.
Seul un mouvement vers la liberté et la justice pourra les libérer du cycle de l’oppression et leur offrir l’avenir qu’ils méritent.




















