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Les femmes qui travaillent en Iran, premières victimes de la pandémie de COVID-19

Les femmes qui travaillent en Iran, premières victimes de la pandémie de COVID-19

January 2, 2021
dans Articles
Telegramhttps://bsky.app/profile/cnrifemmes.bsky.social

Les femmes qui travaillent dans le secteur informel en Iran, sont les premières victimes de la pandémie COVID-19.

D’après les données enregistrées dans les agences de presse, les emplois informels représentent 60 % de tous les emplois en Iran. Ce chiffre dépasse les 70 % dans de nombreuses provinces. Les emplois informels sont plus vulnérables aux crises économiques et aux conséquences de la pandémie de coronavirus. (Agence ISNA – 17 juin 2020)

Les conclusions du Centre de recherche du Parlement des mollahs indiquent qu’en moyenne, plus de 61% des femmes en Iran occupaient des emplois informels en 2018. 84% des femmes employées par le secteur informel travaillent dans des ateliers avec seulement 1 à 4 travailleurs.

Les femmes représentent 80% des travailleurs non assurés

D’après les statistiques des instituts financiers de l’Organisation de recherche sur la sécurité sociale en 2017, les femmes, y compris celles qui travaillent à domicile ou dans des ateliers, représentent environ 80 % des titulaires d’emplois non assurés. Un nombre considérable de femmes handicapées figurent parmi les femmes qui travaillent en Iran.

Non seulement ils ne bénéficient d’aucun soutien juridique, mais elles sont humiliées de diverses manières sur le lieu de travail, leurs droits sont ignorés et leurs salaires ne sont pas payés par leurs employeurs. Ces femmes font partie de la main-d’œuvre la plus vulnérable sur le marché du travail.

La fausse annonce de 3 millions de nouveaux emplois

La fausse annonce de 3 millions de nouveaux emplois

Le régime clérical affirme que de 2015 à 2019, le nombre d’emplois a augmenté de 3 millions. Mais quelle est la vérité ?

La vérité est que cette nouvelle population de travailleurs est la plus vulnérable à la baisse de la demande pendant la pandémie du coronavirus. Les nouveaux emplois ne se trouvent ni dans le secteur public, ni dans les entreprises ou usines privées. Ces emplois se concentrent sur des services comme la vente au détail et en gros, les réparations, le transport et les services alimentaires. Ce groupe ne travaille généralement pas à temps plein, n’a pas de sécurité d’emploi et n’est pas assuré. Ces emplois ont disparu largement en raison de la chute de la demande en mars 2019, qui s’est poursuivie en mai 2019. (Eghtesadonline.ir, 17 juin 2020)

En Iran, les travailleuses sont les plus vulnérables. Chaque fois qu’il y a une hausse des prix, elles ne sont pas en mesure de payer leurs dépenses quotidiennes. Ces femmes vivent au jour le jour et luttent pour survivre.

Pas les moyens d’assurer les dépenses quotidiennes

Cette partie met en lumière les problèmes auxquels sont confrontées les travailleuses en Iran, dont la plupart sont des soutiens de famille. Elles n’ont aucune forme de soutien juridique et ne reçoivent aucune allocation. Elles n’ont aucune sécurité de l’emploi et aucune assurance. Ces femmes sont employées à des tâches difficiles pour un salaire de misère sans avoir à signer de contrat. Elles sont les plus vulnérables sur le lieu de travail.

Maryam : Les jours où je ne travaille pas, nous n’avons rien à manger

Maryam, 47 ans, est une femme chef de famille avec trois enfants. Il y a vingt ans, elle a déménagé d’Ardebil à Sari, capitale de la province de Mazandaran, dans le nord de l’Iran. Elle travaille en deux équipes et fait des ménages.

Son mari a fait une dépression nerveuse. Il reste à la maison et suit un traitement psychologique. Chaque nuit de traitement de son mari à l’hôpital coûte environ 200 000 tomans.

Elle s’est adressée à plusieurs reprises à des organismes gouvernementaux, au Croissant-Rouge, au Comité de secours et à l’Organisation d’aide sociale pour l’aider à améliorer les conditions de vie de sa famille. Mais elle n’a reçu aucune réponse des autorités.

Pour éviter de payer un loyer, la famille de Maryam a construit deux petites pièces avec des bois et des blocs. Une fois le plafond s’est effondré sur elles, et une autre fois, les chambres ont pris feu.

Maryam s’est plainte de la pauvreté : « Tout est hors de notre portée. Nous ne gagnons pas assez. Je travaille en deux équipes. D’une part, nous n’avons pas le pouvoir d’acheter quoi que ce soit pour la maison, d’autre part, avec un salaire quotidien de 50 000 à 70 000 tomans, je dois aussi payer les médicaments de mon mari. »

Elle a ajouté : « Il y a quelques jours, je n’avais même pas 1 000 tomans. Nous n’avions même pas un morceau de pain sec à la maison. Nous sommes cinq personnes. Si un jour, pour une raison quelconque, je ne vais pas travailler et reste à la maison, ce jour-là, nous n’avons rien à manger. »

Il n’y a pas de sécurité de l’emploi dans ce type de travail, surtout pendant la pandémie. Compte tenu de l’augmentation du prix des denrées alimentaires, il est devenu de plus en plus difficile pour les pauvres de faire face.

Massoumeh : Il y a longtemps que nous n’avons pas mangé de viande rouge

Massoumeh, 50 ans, vient de Mahabad. Elle vit avec ses deux filles à Oroumieh, capitale de la province de l’Azerbaïdjan occidental. Elle souffre depuis des années de maux de dos et de douleurs dans la poitrine. Son mari est décédé d’une attaque cardiaque. Aujourd’hui, elle est le soutien de sa famille.

En Iran, les femmes qui travaillent dans le secteur informel sont les premières victimes de la pandémie COVID-19.

Massoumeh fait des ménages pour payer son loyer mensuel de 350 000 tomans par mois. Depuis huit mois, elle n’est plus en mesure de payer son loyer. Le propriétaire fait pression sur elle et l’a harcelée à plusieurs reprises. Il lui a dit qu’il déduirait chaque mois une somme d’argent de sa caution, à titre d’amende. Il sait qu’en l’absence de toute loi visant à protéger cette femme, elle ne sera pas en mesure de défendre ses droits.

Malgré son mal de dos et son arthrose aux genoux, elle lave les tapis des gens et déplace leurs meubles pour que ses filles n’aient pas faim. Elle déclare : « L’épidémie de coronavirus a eu un impact direct sur notre vie. La demande de travaux ménagers est devenue beaucoup moins importante qu’auparavant. Il y a longtemps que mes enfants et moi n’avons pas mangé de viande rouge. Je n’ai pas d’économies. Si nos proches ne nous aidaient pas, il serait impossible de continuer ainsi, même pendant une heure. »

Mahtab : Mes revenus ne couvrent même pas un dixième de nos dépenses

Mahtab, 30 ans, est célibataire et vient de la petite ville d’Abpakhch, près de Bouchehr dans le sud de l’Iran. Elle repasse des vêtements dans un atelier de confection. Mahtab est célibataire et en l’absence de son père, elle aide sa mère à payer leurs dépenses. Mahtab est malentendante. Sa sœur est handicapée à cause d’une lésion de la colonne vertébrale.

Elle a parlé de ses conditions de travail : « Le plus grand problème auquel je suis confrontée en tant que femme active est ma condition physique. Comme aucune assurance ne nous couvre, et compte tenu des circonstances actuelles, nos conditions de vie se détériorent de jour en jour. Mes revenus ne suffisent pas à couvrir ne serait-ce qu’un dixième de nos dépenses. »

En plus de la discrimination sexuelle, les travailleuses en Iran ont toujours été les principales victimes des crises économiques. Non seulement les employeurs les considèrent comme une main-d’œuvre bon marché, mais elles sont aussi les premières à être à la moindre crise.

Tags: coronaviruspauvreté
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