Quatre clubs de sport pour femmes de la ville de Yazd ont été fermés sous scellés par la police de surveillance des lieux publics. Cette mesure répressive survient à un moment où la fermeture d’entreprises dirigées par des femmes, conjuguée à une crise du chômage qui s’aggrave, fait peser un double fardeau sur les moyens de subsistance des femmes. Les autorités n’ont fourni jusqu’à présent aucune précision quant au motif exact de cette décision.
Selon un rapport de l’agence de presse officielle Mehr en date du 1er août 2026, le chef de la police des lieux publics de la province de Yazd a annoncé que ces quatre clubs de sport pour femmes avaient été mis sous scellés en raison de prétendues « infractions disciplinaires », et que des poursuites judiciaires avaient été engagées contre leurs responsables.
Cette formulation vague est une tactique bien connue de l’appareil répressif pour trouver des prétextes contre les activités indépendantes des femmes et imposer par la force un mode de vie dicté par l’État. En réalité, une part importante de ces mesures de répressions est menée sous couvert de « non-respect du hijab obligatoire », ainsi que sous des accusations fabriquées de toutes pièces telles que « violation des normes », « actes contraires à la chasteté » et « non-conformité aux codes islamiques ».
Assaut simultané sur l’espace virtuel et les entreprises gérées par des femmes
Ces mesures agressives interviennent alors que les statistiques officielles et les rapports concordants révèlent une offensive simultanée contre les moyens de subsistance, la présence publique et les opportunités d’emploi des femmes instruites à travers tout le pays.
Convocations et fermetures en ligne : Dans le cadre de ces mêmes politiques répressives, des dizaines de pages commerciales populaires gérées par des femmes sur les réseaux sociaux, allant de coachs sportives à des influenceuses mode et beauté, des coiffeuses ou des créatrices de contenu, ont été bloquées, ou leurs administratrices ont été contraintes par la police du cyberespace (FATA) et les services de renseignement des forces de sécurité de signer des engagements écrits obligatoires.
Saisie de commerces et de l’espace urbain : La mise sous scellés de dizaines de cafés et de commerces sous prétexte de violation par les femmes du code vestimentaire obligatoire, et même le retrait de bancs et d’espaces d’assise publics dans certains quartiers de la capitale, reflètent les efforts du régime pour restreindre davantage l’espace de liberté sociale des femmes et les effacer de la sphère publique.
Discrimination structurelle et chômage des femmes
La répression exercée contre les femmes survient alors que la société est aux prises avec une profonde crise économique, les femmes supportant le principal fardeau de la discrimination structurelle et du chômage. Selon les statistiques officielles du marché du travail publiées pour le printemps 2026 :
Sortie forcée de la population active : Avec une baisse de 450 000 personnes employées et une chute du taux de participation économique, une vague de désespoir a poussé une grande partie des femmes et des jeunes à cesser de chercher du travail, venant ainsi grossir les chiffres du chômage caché.
Pression sur les femmes diplômées : Alors que les diplômés universitaires représentent plus d’un tiers des chômeurs du pays (35,6 %), le taux de chômage des femmes instruites est nettement supérieur à celui des hommes. Elles sont les premières victimes de la stagnation économique et des politiques de recrutement discriminatoires du régime.
Blocage de l’avenir des jeunes femmes : Le taux de chômage des jeunes atteignant 23,4 % montre que les jeunes femmes sont non seulement confrontées à des portes closes sur le marché du travail après l’obtention de leur diplôme, mais que leurs espaces de liberté sociale et d’activité au sein de tout club de sport pour femmes sont également fermés par l’appareil répressif.
Priorité à la répression plutôt qu’au traitement des causes profondes des crises
La fermeture et la mise sous scellés d’entreprises dirigées par des femmes, parallèlement à la fermeture de tout club de sport pour femmes, fragilisent davantage les moyens de subsistance des familles dans un contexte de montée du chômage et alimentent un profond mécontentement populaire.
Pendant ce temps, le régime clérical ne dispose d’aucune solution réelle ou efficace pour faire face aux crises économiques, en particulier à la crise du chômage, et son incapacité à gouverner la société devient chaque jour plus évidente. Dans cette situation, plutôt que de s’attaquer aux causes profondes de ces crises et de soutenir l’emploi, le régime s’est contenté de durcir les restrictions, d’intensifier la répression et de renforcer les contrôles de sécurité, une politique conçue principalement pour contenir la colère publique et prévenir une explosion du mécontentement social.




















