Une grand-mère qui rêvait de « mourir pour la liberté ».
Kobra Sheikheh Saqqa a été l’une des victimes des manifestations nationales qui ont eu lieu en Iran en 2022.
Née en août 1963 dans le village rural de Di Mela, dans la région kurde de l’ouest de l’Iran, Kobra a vécu une vie marquée par les difficultés et la résilience. Elle s’est mariée à l’âge de 13 ans et était déjà mère de 3 enfants à 18 ans. Elle travaillait assidûment aux côtés de sa famille, aidant à l’agriculture et à l’élevage, contribuant ainsi de manière significative à leur subsistance.
Connue pour sa voix apaisante et sincère, les berceuses de Kobra étaient souvent teintées de larmes lorsqu’elle chantait à ses petits-enfants. Son sourire radieux était omniprésent sur toutes ses photos, ce qui témoigne de son esprit inébranlable. Localement, on l’appelait affectueusement « Dayeh Kobra », un terme de respect signifiant « Mère Kobra ».

Le 26 octobre 2022, Kobra a été tuée par balle lors de la procession funéraire de Samko Moloudi, l’une des premières victimes des manifestations à Mahabad, une ville de la région kurde du nord-ouest de l’Iran. L’événement a tourné au drame lorsque les forces de sécurité gouvernementales ont ouvert le feu sur les personnes en deuil. Elle a été touchée par un tir direct, devenant une nouvelle victime de la répression brutale.
La maison de Kobra se trouvait au cœur des manifestations, dans la rue Karagar à Mahabad. Elle a soutenu activement les manifestants, leur fournissant régulièrement des masques et des foulards pour protéger leur identité. Elle ne pouvait supporter de voir des jeunes gens pris pour cible et restait déterminée à les aider.
Au cours des affrontements les plus sanglants entre les habitants de Mahabad et les forces du régime ce jour-là, Kobra Sheikheh Saqqa a reçu une balle dans le cou à bout portant alors qu’elle se tenait sur le pas de sa porte. La balle a brisé son épaule et est ressortie en frappant sa porte d’entrée. La brutalité des tactiques du régime était douloureusement évidente dans la proximité et la force du tir qui a mis fin à sa vie.
Dans la foulée, le gouverneur de Mahabad et les responsables locaux de la sécurité ont exercé des pressions répétées sur le mari de Kobra par le biais d’appels téléphoniques, exigeant qu’il soumette des documents pour qu’elle soit enregistrée en tant que « martyr de la République islamique ». Mais il a refusé, rejetant fermement toute association de sa femme avec un régime qui avait causé sa mort.
Les funérailles de Kobra, le 27 octobre 2022, au cimetière de Bagh-e Ferdows à Mahabad, se sont transformées en une manifestation antigouvernementale massive. La perte de Kobra a trouvé un écho profond au sein de la communauté, incarnant le courage des citoyens ordinaires dans leur lutte pour la liberté. L’héritage de Kobra Sheikheh Saqqa reste un symbole de défi et de sacrifice dans la poursuite de la liberté et de la justice.




















