NEW YORK, 23 septembre 2026 : Des milliers d’Iraniens épris de liberté et de partisans de la Résistance iranienne se sont rassemblés devant le siège des Nations unies pendant 2 jours pour protester contre la venue de Masoud Pezeshkian, soutenant que le siège de l’Iran à l’ONU appartient au peuple iranien.
Kiana Rezaeian, venue du Canada, était l’une des jeunes femmes qui ont rejoint le rassemblement et s’est adressée aux participants lors de la deuxième journée de la manifestation. Le texte intégral de son discours est présenté ci-dessous :
Un message aux dirigeants du monde
« Bonjour à tous. Je m’appelle Kiana et je vous rejoins aujourd’hui depuis Montréal, au Canada.
Aujourd’hui, alors que Masoud Pezeshkian s’exprime à l’intérieur des Nations unies, je veux préciser une chose : il représente une dictature baignée de sang, celle du corps des Gardiens de la révolution et des mollahs.
À l’attention de chaque dirigeant du monde présent aujourd’hui au sein des Nations unies : prenez-en bien conscience. Plus tôt cette année, le monde a vu des milliers de manifestants être tués dans les rues d’Iran. Les preuves ont été documentées par la Résistance iranienne, Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains. Par conséquent, vous, dirigeants du monde, ne pouvez prétexter l’ignorance, vous ne pouvez fermer les yeux et vous ne pouvez offrir une légitimité aux représentants d’un régime responsable de ces crimes.
Vivre les blessures de l’histoire
Je n’ai peut-être pas vécu en Iran, mais l’histoire de l’Iran a façonné ma vie. Pour moi, l’histoire de l’Iran a voyagé à travers les mémoires, à travers les histoires familiales et à travers les blessures qu’une génération transmet à la suivante.
Mes parents sont nés en Iran. Mon père est parti alors qu’il n’avait que 17 ans, et ma mère lorsqu’elle en avait 19. Ils ont quitté l’Iran, mais ils n’ont pas pu laisser derrière eux son histoire de résistance.
Mon oncle a été emprisonné sous la dictature du chah. Pendant 2 ans, ma famille n’a pas su où il se trouvait, s’il était en sécurité ou si elle le reverrait un jour.
Plus tard, sous le règne de Khomeini, ma tante a également été emprisonnée pendant 2 ans. Ce ne sont pas simplement des dates ou des événements appris dans un livre d’histoire. Ce sont des expériences arrivées à des proches de ma propre famille, mais plus important encore, elles montrent comment la répression politique peut affecter bien plus que l’individu emprisonné. Elles m’ont appris que la répression ne touche pas seulement la personne arrêtée. Elle impacte les parents, les frères et sœurs, les enfants et toute une génération.

Un héritage de résistance : ni chah, ni mollahs
Je suis un exemple vivant de l’héritage de résistance de ceux qui nous ont précédés. Les générations précédentes ont résisté à la dictature du chah. Nos parents ont résisté à la dictature religieuse des mollahs. Aujourd’hui, nous rejetons les deux. Nous disons non aux mollahs et non au chah. Oui à une république démocratique.
Les femmes de l’OMPI ont montré à ma génération que les femmes et les filles ne sont pas de simples victimes de l’oppression, elles sont les leaders du changement. Ce courage s’est transmis des mères aux filles, des grands-mères aux petites-filles et d’une génération de résistance à la suivante.
Aujourd’hui, des prisonniers politiques continuent de résister depuis l’intérieur des prisons du régime. Des femmes et des jeunes continuent de s’organiser et d’affronter le régime à travers tout l’Iran.
La véritable voix de l’Iran
Mais comment se fait-il que malgré la répression, notre nation n’ait jamais abandonné ? C’est parce que, au grand désarroi des ayatollahs au pouvoir, il existe en Iran une organisation, une force qui possède plus de 6 décennies d’héritage. Il existe un dirigeant historique pour notre peuple : d’abord le Premier ministre, le Dr Mohammad Mossadegh, et maintenant Massoud Radjavi, à qui plusieurs générations d’Iraniens doivent la vie.
Ils sont la véritable voix de l’Iran, pas Pezeshkian et pas les bourreaux qu’il représente.
Aux dirigeants du monde rassemblés à l’intérieur des Nations unies : je suis née au Canada, mais la lutte de l’Iran fait partie de mon héritage, et cet héritage s’accompagne d’une responsabilité : se souvenir, s’exprimer et ne jamais garder le silence.
Je vois cela dans l’histoire de l’OMPI à Ashraf 3, dans le réseau de l’OMPI en Iran et dans les unités de résistance de l’OMPI.
Je vois cela dans l’histoire de Vahid, Pouya, Babak, Arghavan et des milliers d’autres qui nous ouvrent la voie pour poursuivre leur combat jusqu’à ce que l’Iran soit libre.
Vive la liberté et la démocratie en Iran. Vive l’OMPI.
Merci. »




















