La campagne « Non aux exécutions du mardi », marquée par des grèves de la faim hebdomadaires menées par les détenus, entame désormais sa 115e semaine. Ce jalon intervient dans un contexte sombre, marqué par l’exécution de six de ses membres de longue date. Malgré une pression croissante, les participants ont réaffirmé leur engagement à poursuivre tant les grèves de la faim que leur contestation de la peine de mort.
Les prisonniers engagés dans ce mouvement ont déclaré rester fidèles aux principes de la campagne. Cette mobilisation perdure malgré de graves perturbations des communications, notamment des coupures d’Internet et des restrictions visant à entraver la circulation de l’information. Néanmoins, selon les informations disponibles, les grèves de la faim en milieu carcéral ne se sont pas arrêtées et se poursuivent en dépit de ces contraintes.
Le maintien de ces actions sous un régime de black-out informationnel souligne la résilience et la persévérance du mouvement dans des circonstances extrêmement difficiles.
Exécution de six membres de longue date de la campagne
Au cours de la semaine écoulée, six membres historiques de la campagne « Non aux exécutions du mardi » ont été exécutés. Il s’agit de Vahid Bani Amerian, Mohammad Taghavi, Babak Alipour, Pouya Ghobadi, Abolhassan Montazer et Akbar Daneshvar Kar.
Ces hommes étaient des figures reconnues du mouvement et avaient participé à de nombreuses reprises aux grèves de la faim hebdomadaires. Ils rejoignent Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani, deux autres membres exécutés précédemment. Avec ces nouvelles mises à mort, le nombre de militants de la campagne ayant perdu la vie s’est encore alourdi.

La résilience des familles, pilier du mouvement
La présence constante et déterminée des familles de condamnés à mort constitue le pilier central de la campagne. Mères, pères, frères, sœurs et proches continuent de faire entendre leur voix chaque semaine, malgré les pressions incessantes des services de sécurité.
Pleinement conscientes des risques liés à la contestation publique, notamment les convocations, les menaces, les détentions et la pression psychologique, ces familles refusent de se taire. La pérennité de la campagne est, dans une large mesure, le fruit de cette détermination.
Si ces familles avaient reculé, le mouvement se serait probablement essoufflé avec le temps. Au lieu de cela, malgré toutes les contraintes, elles ont maintenu leurs protestations, transformant ce qui aurait pu n’être qu’une réaction temporaire en un mouvement pérenne. Dans les faits, leur persévérance joue un rôle décisif pour maintenir vivante l’opposition à la peine capitale en Iran.




















