Parmi les victimes du soulèvement de janvier 2026 en Iran, certaines femmes se distinguent par leur courage : des mères qui sont descendues dans la rue pour la liberté de l’Iran et pour l’avenir des enfants de ce pays, et qui ont été fauchées par les balles. Un examen des noms enregistrés révèle au moins 22 femmes courageuses, dont il est précisé : mère d’un, deux ou trois enfants, et même des mères enceintes, ciblées par les forces de sécurité de l’État.
Selon une estimation préliminaire, au moins 50 à 60 enfants ont perdu leur mère lors du soulèvement de janvier, des enfants qui doivent désormais poursuivre leur vie sans elles. Le chiffre réel est sans doute beaucoup plus élevé, car les noms de nombreuses victimes n’ont pas encore été rendus publics.
Ces femmes n’ont pas pris part aux manifestations pour un moindre objectif que la liberté. Leur engagement reposait sur l’espoir de construire un avenir digne, fondé sur l’accès égal à l’éducation, aux soins de santé et aux opportunités pour tous les enfants d’Iran. La réponse du régime à ces revendications fondamentales a été la force létale. Après ces froides journées d’hiver, leurs enfants se rassemblent chaque semaine sur les tombes de leurs mères, où, au lieu d’un tendre câlin, ils tiennent dans leurs bras la terre froide.

Parmi ces mères, on compte :
- Akram Pirgazi, 40 ans, mère de deux filles à Neyshabur, fut la première femme tuée le 7 janvier 2026. Elle a été touchée à l’abdomen par le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) et est décédée quelques heures plus tard à l’hôpital.
- Mansoureh Heydari, infirmière et mère de deux enfants âgés de 7 et 10 ans à Boushehr, a été tuée lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu depuis une mosquée sur des manifestants.
- Zahra Bani Amerian, descendue dans la rue avec toute sa famille, a été tuée avec son mari et son fils de 19 ans lorsque les forces de sécurité ont tiré sur leur voiture à Karaj. Son fils aîné a été grièvement blessé.
- Arezoo Abed, 50 ans, mère de deux enfants d’Ispahan, alpiniste et coach sportif, fut abattue à la tête lors des manifestations à Ispahan, devant son fils de 25 ans et sa fille de 19 ans. Elle est morte dans les bras de son fils.
- Shokoufeh Abdi, photographe professionnelle et mère de deux jeunes filles, a été tuée à Arak. Elle était connue pour ses images reflétant l’amour pour ses enfants et ses espoirs pour leur avenir.
- Parisa Lashkari, 30 ans, mère d’une fille de 7 ans à Nurabad Mamasani, a été abattue le 10 janvier. Après avoir contacté son mari et son frère pour demander de l’aide, elle a été atteinte à bout portant en plein cœur. Une photo de sa fille tenant la pierre tombale de sa mère figure parmi les images les plus déchirantes du soulèvement de 2026.
- Mona Esmi, 38 ans, mère d’un garçon de 8 ans, a été tuée par balle au cœur le 8 janvier.
- Jamileh Shafiei, 66 ans, a tenté de protéger les jeunes manifestants en se plaçant entre eux et les forces de sécurité. Elle a été abattue à bout portant et enterrée secrètement dans un village près d’Arak.
- Zahra Bagheri, mère de deux enfants, de Bagh-e Daran, Ispahan
- Farzaneh Tavakoli, 40 ans, mère de deux enfants, d’Arak
- Parisa Naghibi, 45 ans, mère de deux enfants, de Rasht
- Ziba Dastjerdi, 33 ans, enceinte, mère d’une fille de 8 ans, de Nishapour
- Sholeh Sotoudeh, enceinte, mère de deux enfants, de Langaroud
- Samin Rostami, 42 ans, infirmière, mère de deux enfants, de Karaj
- Zahra Najafi, 30 ans, enceinte, de Mashhad
- Tayebeh Rezaei, mère de deux enfants, de Kermanshah
- Leila Lashkari, 43 ans, mère de trois enfants, de Qarchak, Varamin
- Malakeh Razavian, 40 ans, mère de trois enfants, d’Ispahan
- Bahareh Babaei, mère de trois enfants, de Farrokhshahr, province de Chaharmahal et Bakhtiari
- Mojgan Zeinali, 38 ans, mère de trois enfants, de Tabriz
- Sanaz Gharadaghi, 31 ans, mère d’une fille, de Karaj
- Fereshteh Rajabi Eghbash, 39 ans, mère de deux enfants, de Téhéran
Cette liste, bien qu’incomplète, offre un portrait saisissant de femmes de différentes régions et origines ethniques à travers l’Iran, certaines descendues dans la rue même avec leurs enfants.
Femmes : l’avant-garde de la lutte pour la liberté
Les femmes ont joué un rôle décisif et central dans ce soulèvement. Non armées, elles ont fait face à des forces lourdement armées, élevant leur voix et refusant de céder face à la répression.
Elles incarnent la volonté d’une nation déterminée à conquérir la liberté, quel qu’en soit le prix.
Comme l’a écrit Carla Sands, ancienne ambassadrice des États-Unis au Danemark (2017–2021) :
« Les femmes ont été parmi les principales victimes de la répression en Iran. Elles sont aussi devenues la force la plus dynamique pour la contester. À travers le pays, les femmes ne se contentent plus de participer à la dissidence. Elles la dirigent. Dans chaque ville, elles affrontent les forces les plus répressives du régime. Dans de nombreux cas, elles ne se contentent pas de rejoindre les manifestations ; elles les mènent. »
Effectivement, les femmes représentent une force motrice pour le changement, une force qui continue de s’affirmer, même au prix le plus élevé : une génération d’enfants contraints de grandir sans leur mère.




















