Vida Nik Talean à la JIF 2026 : le leadership des femmes de l’OMPI, l’union du courage individuel et de la force collective
Le samedi 21 février 2026, à la veille du 8 mars, Journée internationale des femmes, la Commission des femmes du CNRI a organisé à Paris une conférence internationale intitulée « Le leadership des femmes : un impératif pour un Iran libre et une république démocratique ». Cette rencontre, réunissant des parlementaires, des universitaires, des intellectuelles et des figures politiques de premier plan, s’est concentrée sur la participation politique et le leadership des femmes comme éléments décisifs d’une société démocratique.
Vida Nik Talean, présidente de l’Association des femmes pour la démocratie en Iran, a prononcé un discours lors de cette conférence. En voici l’intégralité :
Vida Nik Talean : l’autonomisation des femmes comme voie de transformation des structures du pouvoir
« Chère Madame Radjavi, héroïques membres de l’OMPI à Achraf-3 et à travers le monde, chers amis et compagnons de la liberté,
C’est un grand honneur pour moi de m’adresser à vous aujourd’hui en tant que présidente de l’Association des femmes pour la démocratie en Iran. Avant d’évoquer mes responsabilités actuelles, j’aimerais revenir sur un parcours qui a façonné quatre décennies de ma vie.
Il y a quarante ans, en raison de mes activités politiques, j’ai été contrainte de quitter l’Iran pour me réfugier en Allemagne. J’ai été témoin de la répression exercée contre mes camarades de classe, arrêtées pour avoir simplement vendu le journal Mojahed, et qui ne sont jamais revenues à l’école. Parmi mes proches, certains ont également été exécutés. La société sombrait dans le silence et la peur. Il n’y avait plus d’espace pour respirer librement. C’est au cours de ces activités que j’ai découvert l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI). Dans de telles conditions, rester signifiait se taire, et je n’ai eu d’autre choix que de quitter mon pays.
Je suis arrivée en Allemagne non pas pour oublier, mais pour continuer. J’ai rejoint le réseau des partisans de l’OMPI en Allemagne et j’ai commencé mes activités à leurs côtés. Mon travail allait de la défense des droits des femmes et de la participation aux manifestations à l’organisation de rencontres politiques et de campagnes dénonçant les violations des droits humains.
Sur ce chemin, j’ai été inspirée par une femme devenue un symbole de constance et de résistance : Maryam Radjavi. Elle a réussi à former, à ses côtés, une longue lignée de femmes combattantes et membres de la résistance. Des femmes qui ont chacune assumé des responsabilités politiques, organisationnelles et internationales cruciales. Elles ont appris à décider, à diriger, à rendre des comptes et à ne pas reculer, même dans les circonstances les plus éprouvantes.
La caractéristique distinctive de ces femmes est l’alliance du courage individuel et de l’esprit collectif, de la lutte inlassable et de la responsabilité inébranlable. Elles n’ont pas peur et définissent leur réussite à travers celle du collectif. En présence de telles femmes, chaque obstacle et chaque menace devient une opportunité de renforcement. Cette communauté inspirante est le fruit d’une vision stratégique pour l’émancipation des femmes, une conviction que placer les femmes au centre de la prise de décision transforme les structures du pouvoir et conduit la société vers la justice. »

Vida Nik Talean : nous continuons pour la justice et l’égalité : un Iran libre, sans le chah ni les mollahs
« Pour moi, cette expérience a renforcé ma foi dans la voie de la liberté. Tout au long de ce voyage, aux côtés de mes sœurs de l’OMPI, j’ai appris le véritable sens du travail et de la responsabilité collective. J’ai compris que le véritable pouvoir réside dans le “nous”, et non dans le “je”. À chaque nouvelle responsabilité, la confiance du collectif m’a donné de la force. Je savais qu’aucun engagement n’était purement individuel ; nous nous soutenons mutuellement pour atteindre notre objectif commun.
Lorsque nous parlons de campagnes pour les droits humains, d’échanges avec les parlements européens, de l’organisation de rassemblements et de la mobilisation de l’opinion publique, je dois souligner que la présence des femmes n’est ni symbolique, ni temporaire. Elle est le résultat d’années d’autonomisation volontaire visant à rejeter toute forme de dictature, qu’il s’agisse de celle du chah ou de celle des mollahs, afin de bâtir un Iran libre et égalitaire pour des millions de femmes.
Ce que l’on voit aujourd’hui sur la scène internationale est l’aboutissement d’un parcours profondément ancré vers un avenir différent, un avenir dont les femmes seront les architectes. Cette jeune fille sur les bancs de l’école vit toujours en moi. Mais aujourd’hui, elle n’est plus seule ; elle fait partie d’une génération consciente et déterminée.
Nous avons appris que la liberté n’est pas un cadeau. Elle doit être construite et préservée. Nous ne laisserons personne voler notre révolution, et la propagande ainsi que la désinformation sur les réseaux sociaux n’ont aucune valeur aux yeux du peuple iranien. Aujourd’hui, je le dis avec certitude : nous continuerons pour la justice, pour l’égalité et pour un Iran libre et démocratique, sans le chah et sans les mollahs. Un Iran qui sera bâti grâce à la responsabilité et au leadership des femmes. Comme l’ont dit mes sœurs à Achraf-3 : nous restons, nous luttons et nous reprendrons l’Iran. »



















