Samedi soir 10 janvier 2026, le 14ᵉ jour du soulèvement national en Iran, des dizaines de villes ont été le théâtre de manifestations populaires massives et de confrontations directes avec les forces de sécurité.
Les manifestants ont scandé des slogans tels que « À bas le dictateur », « À bas Khamenei », « À bas l’oppresseur, qu’il soit le chah ou le guide (des mollahs) » et « Balles, tanks, feux d’artifice, les mollahs doivent disparaître », exprimant leur détermination à dépasser le régime autoritaire.
Selon les informations, le soulèvement national s’est déjà étendu à près de 200 villes à travers l’Iran et à plus de 120 lieux à Téhéran seulement. Les coupures massives d’Internet, le transfert massif des manifestants blessés vers les hôpitaux et de nombreux signalements de tirs à balles réelles par les forces de sécurité témoignent de l’ampleur et de la violence employée par le régime.
Outre Téhéran, des villes telles que Kermanchah, Gilan-e Gharb, Racht, Ispahan, Qorveh, Machhad, Chiraz, Kazeroun, Tabriz, Ourmia, Qom, Qazvin, Sanandadj, Izeh, Hamedan, Ahvaz, Karaj, Gonbad-e Kavous, Ghoutchan, Kerman et Saqqez ont été le théâtre de violents affrontements entre manifestants, en grande partie des jeunes, et les forces de sécurité. À Téhéran, des jeunes ont résisté aux attaques dans au moins 30 lieux différents.
À Karaj, le boulevard Banafcheh et la Phase 3 d’Andicheh ont vu de grandes foules scander des slogans anti-gouvernementaux.
Les femmes ont joué un rôle majeur dans les manifestations de la 14ᵉ nuit, tant dans les rangs des protestations que dans le coût humain qu’elles ont supporté. À Téhéran et dans d’autres villes, le nombre de manifestants, avec une forte participation féminine, a dépassé celui des mouvements précédents. Dans plusieurs provinces, dont le Kurdistan et au moins 12 autres, les grèves de bazars se poursuivent, tandis que des affrontements de rue sont signalés dans environ 200 villes.
Face à l’expansion du soulèvement, le régime a recours aux coupures d’Internet, à une répression intensifiée et à des menaces judiciaires. L’officiel affilié au CGRI, Ali Larijani, a reconnu la mort et les blessures de « plusieurs citoyens ordinaires », tout en annonçant une « action décisive » contre les détenus.

Une jeune femme tuée par les forces de sécurité
Le bilan humain du massacre est illustré par des témoignages familiaux poignants. Robina Aminian, étudiante en art de 22 ans, a été abattue à bout portant dans le dos le 8 janvier en quittant l’université. Sa famille, venue de Kermanchah à Téhéran, a rencontré des obstacles sécuritaires pour identifier et récupérer son corps. Selon les proches, le lieu de stockage contenait plus d’une centaine de corps de jeunes, âgés principalement de 18 à 22 ans.
Finalement, la famille de Robina a dû transférer son corps de manière non officielle. À leur retour, leur domicile a été assiégé par les forces de sécurité, et ils n’ont pas pu organiser de funérailles. Sous forte pression, la jeune étudiante a été enterrée sans cérémonie sur la route entre Kermanchah et Kamyaran.
À ce jour, les identités de 63 personnes tuées dans le cadre du soulèvement national ont été confirmées par la Résistance iranienne. Toutefois, en raison des coupures Internet et de la présence massive des forces de sécurité, le bilan réel est probablement beaucoup plus élevé. Selon un médecin basé à Téhéran, cité par le magazine Time, au moins 217 décès liés aux manifestations, principalement dus à des balles réelles, ont été recensés dans seulement six hôpitaux de la capitale.
Malgré la répression sanglante, le soulèvement national en Iran se poursuit, porté par la participation déterminante des femmes et des jeunes. Leur engagement continu démontre que les aspirations à la liberté et à l’égalité de la société iranienne persistent, malgré la répression et la coercition.




















