Mahan Taraj: Notre génération a le devoir de faire de la justice le pilier de la liberté :
Le samedi 25 octobre 2025, le rassemblement des jeunes pour une Iran libre s’est tenu avec une large participation de jeunes soutenant la Résistance iranienne venus d’Europe, des États-Unis, du Canada et d’Australie, et a été relié en direct aux rassemblements simultanés de Bonn, Londres et Zurich. Lors de cette conférence, organisée à l’approche de l’anniversaire de l’insurrection de novembre 2019 et en présence de Mme Maryam Rajavi, Mahan Taraj a pris la parole au nom du collectif des jeunes avocats et jurists :
Merci, Madame Rajavi, mesdames et messieurs, chers amis.
En tant que juriste franco-iranienne, je m’adresse à vous au nom de notre collectif de juristes, de jeunes juristes et d’avocats.
Je suis née en Iran. Je suis arrivée en France très jeune, avec mes parents, qui fuyaient la répression des mollahs.
J’ai fait mes études de droit en France et aux États-Unis, et je travaille aujourd’hui dans un grand groupe international. Ma famille est un exemple parmi tant d’autres que la lutte pour la liberté et la démocratie ne s’éteint jamais.
C’est un combat, c’est une flamme qui se transmet de génération en génération pour s’opposer à la dictature, qu’elle soit monarchique ou théocratique.
Je voudrais aborder avec vous un sujet fondamental pour l’avenir de l’Iran : celui du droit et de la justice. Décenniesus de quatre décennies, l’appareil judiciaire du régime des mollahs est l’incarnation même de l’injustice.
Il a perverti le droit en un instrument de répression d’État. Sous couvert de religion, il a légitimé la torture, les exécutions arbitraires, la censure et les violations les plus absolues des droits humains.
En Iran, la justice n’est pas un sanctuaire pour l’innocent. Le juge n’est pas un protecteur, mais l’exécutant d’un pouvoir théocratique. Et malheureusement, cette dérive ne vient pas de nulle part.
Le régime actuel a tristement hérité de la culture d’impunité et de répression du régime précédent, celui du chah. C’était déjà une justice soumise à la raison d’État, où l’on condamnait des opposants à trois fois la peine de mort.
L’histoire s’est répétée : la tyrannie a simplement changé de costume, troquant la couronne contre le turban.
Mais l’Iran que nous voulons, l’Iran que nous méritons, doit rompre définitivement avec ce cycle de despotisme juridique.
C’est pourquoi je veux évoquer devant vous deux articles essentiels du plan en dix points de Madame Maryam Radjavi, véritable charte d’un État de droit pour l’Iran de demain.

Plus de torture ni d’exécutions: la vraie justice commence
L’article 3 consacre les libertés fondamentales et les droits individuels, conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Il abolit la torture, rejette la peine de mort et promet justice aux victimes des massacres de prisonniers politiques. Cet article 3 prévoit également la séparation de la religion et de l’État.
L’article 6, quant à lui, pose les fondements d’une justice indépendante. Conforme aux normes internationales, il garantit la présomption d’innocence, le droit à un procès public et l’indépendance absolue du pouvoir judiciaire.
C’est là le cœur même de l’État de droit : la séparation effective des pouvoirs, l’abolition des tribunaux révolutionnaires et de la charia des mollahs.
Ces orientations, portées par le Conseil national de la Résistance iranienne, sont en rupture totale avec les propositions que nous entendons parfois ailleurs.
Récemment, des partisans de l’ancien régime monarchique ont partagé un projet de transition où l’indépendance du pouvoir judiciaire n’est tout simplement pas assurée.
C’est une erreur historique : on ne bâtit pas une démocratie avec les outils de la monarchie.
Un projet centré sur la restauration d’un pouvoir central fort, qui ignore la séparation des pouvoirs, perpétue le risque d’un exécutif dominateur. Une telle vision ne prépare pas la liberté, elle prépare le retour à l’arbitraire.
Chers amis, notre génération a le devoir de construire et d’établir une nouvelle Constitution où la justice ne sera plus un instrument d’oppression, mais le pilier de la liberté.
L’Iran libre que nous appelons de nos vœux ne sera ni monarchique, ni théocratique, mais républicain, pluraliste et fondé sur le droit.
Je vous remercie.





















