Les manifestations à Sabzevar ont éclaté pour la deuxième nuit consécutive, le 22 juillet 2025, en raison des coupures d’électricité et de la pénurie d’eau, dans un contexte de colère publique croissante.
Ces manifestations à Sabzevar ont été menées par des femmes en colère et déterminées qui sont descendues dans la rue pour dénoncer les pannes généralisées et une crise de l’eau de plus en plus grave. Par leurs slogans et leur détermination, elles ont ravivé l’indignation de la population face à la mauvaise gestion chronique et à l’échec structurel du régime iranien.
Des dizaines de citoyens épuisés et désespérés, dont un nombre important de femmes, se sont rassemblés devant le bureau du gouverneur de Sabzevar pour exprimer leur colère face à la dégradation des conditions de vie et au silence assourdissant des autorités. Aux cris de « Nous n’avons ni électricité ni eau – gouverneur, dors-tu ? », les femmes ont joué un rôle central dans l’organisation des slogans, la direction de la foule et la maîtrise de la situation. Non seulement elles ont brisé le silence, mais elles ont pris la tête du mouvement.
La forte présence des forces de sécurité et des miliciens Bassidji n’a pas réussi à disperser le rassemblement. Les agents ont eu recours au gaz lacrymogène et aux passages à tabac violents, mais les manifestants ont tenu bon, scandant :
« Nous ne gagnerons nos droits que dans la rue ! »
« N’ayez pas peur ! Nous sommes tous ensemble ! »
« Honte à vous ! Honte à vous ! »
« Terre des Sarbedaran (ceux qui ont préféré la potence à la soumission), crie pour tes droits ! »
Selon des sources locales, au moins dix manifestants ont été arrêtés au cours des protestations.
Une manifestation locale qui reflète une crise nationale
Les manifestations à Sabzevar reflètent une urgence nationale plus large, alors que les coupures de courant répétées, les pénuries chroniques d’eau et l’incapacité du régime à satisfaire même les besoins les plus élémentaires alimentent le mécontentement dans tout l’Iran – de Téhéran à Tabriz, d’Ahvaz à Ispahan.
Une femme manifestante a crié à la foule :
« Il ne s’agit pas seulement d’eau et d’électricité. Il s’agit d’étrangler nos vies mêmes. »
Alors que la canicule sans précédent se poursuit, le régime clérical, incapable de résoudre la crise de l’eau et de l’électricité, a décidé de fermer les bureaux gouvernementaux, les banques, les institutions publiques et les écoles. Selon une carte publiée par les médias officiels, mercredi, 24 des 31 provinces du pays seront fermées.
La Compagnie des Eaux et des Eaux Usées a annoncé que Téhéran connaît actuellement ses pires conditions en matière de ressources en eau depuis 100 ans. Le barrage de Mamlou cessera d’être opérationnel en septembre, et les barrages de Lar, Latian et Karaj ne seront plus non plus en mesure d’assurer l’approvisionnement en eau. (Asr-e Iran – 21 juillet 2025)

Sabzevar : de la révolte des Sarbedaran au soulèvement d’aujourd’hui
Sabzevar n’est pas étrangère à la résistance. La ville a de profondes racines historiques dans la rébellion, en tant que berceau du mouvement des Sarbedaran au XIVe siècle — un soulèvement populaire contre la domination mongole qui a établi le premier État chiite indépendant d’Iran sous le slogan :
« Nous donnerons notre tête, mais jamais nous ne plierons devant l’humiliation. »
Aujourd’hui, les femmes de Sabzevar s’inscrivent une nouvelle fois dans cette même tradition de défi, brandissant l’étendard de la résistance. Leur lutte ne se limite pas à l’effondrement des infrastructures, mais vise l’ensemble de la machine de répression.
Un régime rongé par la peur d’un nouveau soulèvement national
Craignant un nouveau soulèvement national, le régime iranien a une fois de plus eu recours à sa tactique habituelle : la répression violente. Pourtant, la présence courageuse des femmes en première ligne et la persistance des slogans malgré les mesures sécuritaires intenses indiquent un tournant. La patience du peuple — en particulier celle des femmes — a atteint ses limites. Ce n’est plus une simple explosion ponctuelle, mais le signe d’un mouvement plus profond et plus conscient, qui exige la chute du régime tout entier.





















