CNRI Femmes – Fatemeh Karimi, mieux connue de tous sous le nom de Mère Farzanesa, est décédée le dimanche 13 décembre 2020 dans un hôpital de Cologne, en Allemagne. Elle a succombé à une attaque cérébrale qui l’a laissée dans le coma pendant trois jours. Elle avait lutté contre deux dictatures en Iran pendant 50 ans.
Fatemeh Karimi est née en février 1930 à Téhéran dans une famille religieuse et politique. Elle était enseignante de profession. Elle et son mari, Mahmoud Farzanesa, étaient de fervents partisans du défunt leader du mouvement de libération de l’Iran, le Dr. Mohammad Mossadegh. Ils avaient déployé de nombreuses activités sociales en son soutien dans les années 1950.

Mère Farzanesa est devenue une partisane de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) dès les premiers jours où ils ont commencé leur lutte contre la dictature du Shah. Pendant 50 ans, elle n’a cessé de soutenir l’OMPI sous le chah et tout au long des années de la turannie cléricale.
Son fils, Majid Farzanesa, a été arrêté en 1977 par la police secrète du chah, la SAVAK. À cette époque, Fatemeh Karimi a rejoint les mères et les familles des prisonniers politiques. Elle a participé à des activités dénonçant les atrocités du chah et a rendu visite aux prisonniers politiques dans les prisons.
Elle a participé activement à toutes les manifestations de la révolution anti-monarchique. Elle était présente lors de la manifestation du 8 septembre 1978, qui a tourné au bain de sang en bain de sang quand les troupes du chah ont ouvert le feu.

Fatemeh Karimi a également participé à la lutte pour la libération des prisonniers politiques. Elle a participé aux sit-in des mères et des familles de prisonniers politiques et a lu leurs déclarations lors de leurs rassemblements. Le 20 janvier 1979, lorsque le dernier groupe de prisonniers politiques a été libéré, elle était avec la foule devant les portes de la sinistre prison de Qasr à Téhéran, pour les accueillir.
Après le renversement du chah, Fatemeh Karimi mène ses activités directement avec l’OMPI/MEK. Elle s’active auprès du monde du travail et endosse la responsabilité du bureau des travailleurs au sein de l’organisation.
Lors de la campagne pour la première élection présidentielle après la chute du chah, elle mène une campagne dynamique pour présenter au public le candidat de l’OMPI/MEK Massoud Radjavi. Infatigable, elle se rend dans les villes d’Abadan et d’Ahwaz, ans le sud-ouest et a prend la parole lors de rassemblements en sa faveur.
Elle va ensuite rejoindre l’Association des mères musulmanes, partisanes de l’OMPI/MEK. Elle est de toutes les réunions et a assume diverses responsabilités. Elle participe activement à la manifestation des mères de l’OMPI le 27 avril 1981.
Elle a également participé à la manifestation historique du 20 juin 1981. Elle a été arrêtée par les pasdarans de Khomeiny, mais a réussi à échapper à la détention, disant qu’elle était une voyageuse et qu’elle ne faisait que passer.

La torture et le martyre de ses enfants n’ont fait qu’ajouter à sa détermination et à sa foi dans la voie qu’elle avait choisie. Sa fille, Mahshid Farzanesa, a été tuée le 8 février 1982 lors de l’attaque des pasdarans de Khomeiny contre le siège de la direction de l’OMPI à Téhéran. Son fils, Majid Farzanesa, a été exécuté en juin 1982 à Téhéran. Elle a perdu un autre fils, Alireza, lors de l’opération Lumière éternelle en 1988. Fatemeh Karimi a également perdu plusieurs autres parents au cours de la lutte.
En racontant un de ses souvenirs, Mère Farzanesa a confié : « Le journal Mojahed a été imprimé à notre domicile. C’était un honneur pour nous. Mon mari a été arrêté à cause de cela en novembre 1981. Il a fait un infarctus du myocarde après avoir subi de nombreuses tortures physiques et psychologiques en prison, et après que notre fille Mahshid et son mari Mohammad aient été tués le 8 février 1982, et que leur bébé de sept mois ait été emmené par des pasdarans, et après que notre fils Majid ait été tué. »
Elle s’est appuyée sur son amour et sa foi dans la cause de la liberté de l’Iran pour supporter toutes les souffrances qu’elle a connues sur ce chemin.
Pendant ses années d’exil, elle ne s’est jamais plainte de ces difficultés. Elle était toujours heureuse, vivante et participait activement à toutes les activités, cérémonies et campagnes de l’OMPI.





















