La participation égale des femmes au leadership politique est une nécessité pour une vraie démocratie
Le 15 septembre, Journée internationale de la démocratie, offre un moment privilégié pour évaluer les véritables critères de la liberté, des droits humains et de la gouvernance populaire. Dans toute société, la mesure ultime de la démocratie et du progrès réside dans la participation égale des femmes à la vie politique, en particulier au sein du leadership politique.
Cinq décennies de lutte contre la tyrannie religieuse en Iran démontrent une réalité manifeste : la démocratie ne peut être authentique et durable que si les femmes disposent non seulement de droits égaux, mais jouent également un rôle décisif dans la direction et la prise de décision politique.
Les femmes, moteur du changement et du refus de la dictature
Au cours des cinq dernières décennies, les femmes iraniennes ont prouvé qu’elles étaient la force principale et l’avant-garde du changement. Elles ont joué un rôle pivot lors de la révolution de 1979, rejoignant pour la première fois par millions les manifestations contre le chah. Pourtant, dès les premiers jours de l’après-révolution, la dictature religieuse au pouvoir a commencé à priver les femmes de leurs libertés fondamentales sous le prétexte du « voile obligatoire ». Le régime avait compris que pour enchaîner une société tout entière, il lui fallait d’abord soumettre les femmes qui portaient ses revendications les plus progressistes.
Après la suppression des libertés démocratiques plus larges, le régime des mollahs a instauré une sombre période de répression au cours des années 1980. Cela a débuté par l’exécution sans précédent de 12 adolescentes dont les identités n’avaient même pas été vérifiées. Des dizaines de milliers de personnes ont été victimes des pelotons d’exécution, notamment des jeunes filles âgées de 10 et 13 ans, des femmes enceintes et des mères de plus de 70 ans.
Les femmes iraniennes ont payé un prix immense pour résister à la tyrannie religieuse, assument de lourdes responsabilités et guident le mouvement de résistance à travers des conditions complexes et hostiles. Ces dernières années, elles se sont tenues activement en première ligne des manifestations et des soulèvements nationaux. Elles ont prouvé sans l’ombre d’un doute que la participation des femmes est indispensable à la lutte contre la dictature religieuse.
Aujourd’hui, les femmes iraniennes rejettent fermement tant le régime misogyne du Velayat-e Faqih (pouvoir absolu du jurisconsulte) que toutes les formes de structures autoritaires et patriarcales, qu’elles soient monarchiques ou religieuses.
Comment le leadership des femmes façonne l’issue du renversement de la tyrannie
Aux tournants historiques, lorsque les sociétés se trouvent au bord d’un changement fondamental, le succès final du renversement d’une dictature dépend entièrement de la nature de l’alternative politique. Le critère décisif pour évaluer tout mouvement politique réside dans sa position sur les droits des femmes et leur intégration dans la direction.
La présence des femmes aux postes de direction constitue le test ultime, distinguant une alternative véritablement démocratique de la simple reproduction de l’autoritarisme. Un gouvernement fondé sur la discrimination de genre ne peut devenir démocratique par le simple fait de changer de nom ou d’intervertir les figures au pouvoir. Si la structure sous-jacente reste ancrée dans la domination, le monopole et l’exclusion, un changement de régime ne parviendra pas à transformer les relations de pouvoir.
Ainsi, la participation active des femmes au leadership politique est la marque de fabrique qui sépare une alternative démocratique authentique des systèmes autoritaires. Toute force politique affirmant son engagement en faveur d’une société démocratique doit répondre à quatre questions simples :
Les femmes occupent-elles une place réelle au sein de ses instances de direction et de décision politique ?
A-t-elle traduit l’égalité des sexes en un principe opérationnel, plutôt qu’en une simple rhétorique dans ses déclarations ?
Reconnaît-elle pleinement le droit de la femme au libre choix ?
Est-elle prête à redéfinir le pouvoir politique autour d’une participation égale des femmes et des hommes ?
La démocratie ne peut se forger à travers la culture politique qui marginalise la moitié de la population. C’est sans doute le constat le plus crucial de la Journée internationale de la démocratie pour l’Iran.
Si un futur Iran doit s’établir sur les libertés individuelles et sociales, les droits humains, l’égalité citoyenne, la séparation de la religion et de l’État, ainsi que l’égalité des droits pour toutes les minorités ethniques et nationalités, l’intégration des femmes dans la direction politique ne saurait être reportée à demain.
Loin d’être anti-homme, le leadership féminin représente une transformation émancipatrice destinée à démanteler l’idéologie sexiste et les systèmes de domination. L’expérience au sein de la Résistance iranienne montre que l’adoption du leadership des femmes peut également transformer les relations entre les hommes, les faisant évoluer de la compétition et de la domination vers la solidarité, la fraternité et la responsabilité partagée.
L’aube d’une démocratie dirigée par les femmes
En cette Journée internationale de la démocratie, le message des femmes iraniennes résilientes et politiquement conscientes à la communauté internationale est clair : l’ère des régimes oppressifs et misogynes est révolue.
Le leadership des femmes n’est pas une réflexion secondaire à remettre à plus tard, après la chute d’un régime. Il est le moteur même du changement, la boussole qui oriente le combat et la seule garantie d’une transition de pouvoir pacifique, démocratique et durable vers le peuple.
Portée par une génération de femmes courageuses et d’hommes attachés à l’égalité, la société iranienne s’est engagée sur une voie qui culminera avec la chute de la tyrannie religieuse et l’avènement de la démocratie, de la liberté et de l’égalité à travers tout le pays.
Cela traduit le lien essentiel qui unit les femmes, la liberté et la démocratie dans l’Iran contemporain : la liberté des femmes n’est pas un dérivé de la démocratie, elle en est le cœur. Et la présence des femmes dans les instances de direction demeure le véritable test de la démocratie en Iran.




















