Dix cafés et restaurants, 28 motocyclettes et 70 voitures ont été la cible de mesures judiciaires et policières dans la province du Khorassan du Sud depuis le début de l’année civile persane (le 20 mars), pour des motifs exclusivement liés à la fermeture de commerces pour le hijab obligatoire et à la conduite de véhicules par des femmes.
D’après des informations de presse publiées par l’agence Mehr le 20 août 2026, Ahmad Ghasemi, le procureur du chef-lieu du Khorassan du Sud, a annoncé ces chiffres, reconnaissant ainsi les nouvelles dimensions de la pression coercitive exercée sur les citoyennes et les entreprises locales.
Ahmad Ghasemi a admis que depuis le début de l’année, 28 motocyclettes ont été saisies en lien avec les réglementations sur le port obligatoire du voile. Il a précisé que 9 motocyclettes ont été mises en fourrière par les Forces de sécurité intérieure (FSI) et 19 autres par la police de la circulation.
Selon lui, ces mesures ont été prises dans des cas où des femmes conduisaient les motocyclettes ou lorsque les passagères ne respectaient pas le code vestimentaire imposé par le régime. Ghasemi a ajouté que dans 25 autres cas, les passagères ont reçu des avertissements formels de la part de la police sans que leur véhicule ne soit saisi.
Le procureur provincial a par ailleurs rapporté que les détails de 70 voitures ont été enregistrés dans le système pour non-respect du voile obligatoire, précisant que cette mesure visait à tracer et potentiellement saisir ces véhicules. Il a également annoncé que 10 cafés et restaurants de la province ont été fermés sous scellés depuis le début de l’année pour des raisons liées à la fermeture de commerces pour le hijab obligatoire.
Sans divulguer les noms ou localisations exacts de ces unités commerciales, Ghasemi a affirmé que 18 autres établissements avaient déjà été fermés lors de récentes manifestations pour des motifs similaires. La publication de ces statistiques officielles souligne l’ampleur de l’escalade des pressions sécuritaires, du contrôle strict de la liberté de mouvement des femmes et des dommages délibérés causés aux moyens de subsistance du secteur privé.
Fermeture de clubs de sport : la pression continue sur les espaces féminins
Ces mesures coercitives ne se limitent pas à la province du Khorassan du Sud et se poursuivent de manière intensive dans d’autres régions. Précédemment, quatre clubs de sport féminins de la ville de Yazd ont été fermés sous scellés par la police de surveillance des lieux publics.
Selon l’agence de presse Mehr du 2 août 2026, le chef de la police de surveillance des lieux publics de Yazd a annoncé que ces quatre clubs de sport pour femmes avaient été fermés en raison de « violations disciplinaires » et que des dossiers judiciaires avaient été ouverts contre leurs gérants.
Ce label vague est une tactique bien connue de l’appareil répressif pour trouver des prétextes contre les activités indépendantes des femmes et imposer par la force un mode de vie dicté par l’État. En réalité, une part importante de ces opérations de nettoyage est menée sous couvert de « non-respect du hijab obligatoire » et de chefs d’accusation fabriqués tels que la « violation des normes », les « actes contre la pudeur » et le « non-respect des codes islamiques ».



















