Mojgan Mahdavi, membre du Conseil central de l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI) et membre de longue date du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), s’est éteinte en Albanie le jeudi soir 20 août 2026, des suites d’une maladie respiratoire dont elle souffrait depuis un an. Sa disparition marque la fin de quatre décennies d’une lutte continue, professionnelle et inébranlable contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran.
Éducation et ralliement au mouvement de résistance
Née à Téhéran en 1961, Mojgan Mahdavi a obtenu un diplôme en biochimie aux États-Unis. En 1979, alors qu’elle achevait sa dernière année de master en Oklahoma, elle a rejoint la Société des étudiants musulmans iraniens (MISS, sympathisants de l’OMPI aux États-Unis). En 1987, elle a mis de côté sa carrière académique et ses perspectives personnelles pour se consacrer entièrement à la résistance.
Commandement militaire au sein de l’Armée de libération nationale
En 1988, Mme Mahdavi a rejoint l’Armée de libération nationale de l’Iran (ALN) au camp d’Ashraf. Suite à son implication dans les opérations de l’ALN, ses capacités de leadership ont conduit à une promotion rapide au commandement d’une unité de combat. En 1999, elle a assumé le commandement d’un secteur de forces à la base Habib, située à 35 kilomètres de la frontière iranienne.
Constance à Ashraf et à Liberty
Tout au long des 14 années de résistance des membres de l’OMPI aux camps d’Ashraf et Liberty, Mojgan Mahdavi a commandé diverses unités de l’ALN. Elle a fait preuve d’une détermination exceptionnelle lors des attaques violentes contre le camp d’Ashraf les 28 et 29 juillet 2009 et le 8 avril 2011, ainsi que lors des assauts ultérieurs contre le camp Liberty.
Le dimanche 8 avril 2012, lors de l’inspection des effets personnels du quatrième groupe de résidents se préparant à être transférés d’Ashraf vers Liberty, les forces de répression irakiennes (SWAT) ont lancé un assaut violent à coups de pierres, de matraques en bois, de barres de fer et de bâtons électriques contre 28 membres de l’OMPI placés sous la responsabilité de Mme Mahdavi.
Au cours de l’attaque, les véhicules ont été gravement endommagés et Mme Mahdavi a subi une fracture sévère de la jambe suite aux coups portés par les forces de l’ordre. L’ampleur de la violence était telle que Martin Kobler, alors représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, a été contraint de qualifier les faits de simple « incident » lors d’un compte-rendu au Conseil de sécurité de l’ONU sur le camp d’Ashraf le 10 avril 2012, sans toutefois identifier les responsables ni pointer du doigt Qassem Soleimani, qui était l’instigateur de l’attaque.
Responsabilités politiques et aux affaires étrangères
Après la relocalisation collective réussie des membres de l’OMPI d’Irak vers l’Europe, Mojgan Mahdavi a occupé des rôles clés au sein des départements politiques et des affaires étrangères du CNRI, consacrant ses efforts à représenter la résistance du peuple iranien sur la scène internationale.
Hommage de Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI
Exprimant sa douleur après la perte de Mojgan Mahdavi, la présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, a rendu hommage à ses quatre décennies de dévouement désintéressé dans la lutte contre la dictature religieuse :
« Les héros exceptionnels et sacrificiels comme Mojgan sont des étoiles brillantes dans le ciel politique de l’Iran, au milieu des ténèbres de l’oppression et de la discrimination exercées par les clercs misogynes. »
« Mojgan a désormais rejoint ses compagnons tombés au combat, mais son nom et son chemin illuminé restent un phare pour les femmes et les jeunes filles rebelles de notre patrie dans leur combat pour renverser ce régime. »
« Mojgan Mahdavi incarne l’exemple brillant de la femme combattante iranienne qui a volontairement renoncé à ses privilèges académiques, professionnels et personnels pour tout dédier à la libération de son peuple. C’est à travers de tels modèles que le peuple iranien triomphera finalement dans sa quête de liberté. »
« Je tire une immense fierté de figures telles que Mojgan Mahdavi, Akram Shahrabi et Zohreh Ghaemi, qui constituent la fierté éternelle des femmes iraniennes et de l’histoire de notre nation. »



















