Lors de la 134e semaine de la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran, des prisonniers et prisonnières politiques répartis dans 60 prisons à travers tout le pays ont observé une grève de la faim le mardi 18 août 2026. Ils ont une nouvelle fois affirmé leur opposition ferme au prononcé et à l’application ininterrompue de sentences de mort.
Dans ce combat, les prisonnières politiques détenues dans divers quartiers de femmes jouent un rôle vital et prééminent pour maintenir cette résistance. Les participants à cette campagne ont également honoré la mémoire de tous les prisonniers et prisonnières politiques tués lors du massacre de 1988, soulignant l’urgence de la justice et exigeant que les auteurs et les commanditaires de ce crime contre l’humanité répondent de leurs actes devant un tribunal.
Communiqué de la campagne : priorité à la justice pour le massacre de 1988 et fin des exécutions
Dans un communiqué publié pour cette 134e semaine, coïncidant avec l’anniversaire du massacre de 1988, les membres de la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran ont mis en avant la dimension judiciaire de leur mouvement, déclarant :
« En cet anniversaire du massacre des prisonniers politiques de l’été 1988, reconnu comme un “crime contre l’humanité” par M. Javaid Rehman, ancien rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme, nous honorons la mémoire de tous ceux qui ont perdu la vie pour la liberté et l’égalité. Nous espérons que les auteurs et les cerveaux de cette tragédie anti-humaine feront bientôt face à un tribunal de justice. La campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran demande justice pour chacun de ces êtres chers et pour tous ceux exécutés par la dictature au pouvoir en Iran. »
Le communiqué poursuit en abordant les récentes exécutions perpétrées par le régime clérical :
« Au cours de la semaine passée, le régime tyrannique a brutalement pendu Shahram Sadeghi, un prisonnier politique issu des manifestations de janvier 2026, à Karaj. Avec les exécutions de Shahram Sadeghi et de Mohammad (Charag) Afrookhte à Zahedan, le nombre de prisonniers politiques exécutés depuis le début de l’année iranienne 1405 (mars 2026) a atteint au moins 39. »
Les membres de la campagne ont averti que ces chiffres constituent un signal d’alarme grave pour tous les autres prisonniers, politiques ou non, actuellement dans le couloir de la mort. Le texte traite ensuite de la stratégie de répression continue du régime tout en soulignant les acquis des protestations des détenus :
« Malgré des protestations généralisées, le régime clérical au pouvoir n’a jamais cessé les exécutions, car il considère que sa survie dépend de la répression et des meurtres. Ces derniers mois, le rythme des exécutions a bondi à tel point qu’après 134 semaines de la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran et ses rapports répétés au public et aux instances internationales, 32 pays à travers le monde ont publié une déclaration commune historique exigeant l’arrêt immédiat des exécutions en Iran. »
Appel à conditionner les relations internationales à l’arrêt des exécutions
Dans une autre partie du communiqué, les membres notent :
« Nous, membres de la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran, appelons toutes ces nations à conditionner l’ensemble de leurs relations diplomatiques et commerciales avec le régime iranien à un arrêt total des exécutions, garantissant ainsi une action efficace pour stopper la machine à exécuter. De plus, nous lançons un nouvel appel à toutes les consciences éveillées pour qu’elles soient la voix de cette campagne et de tous les condamnés à mort en Iran, en menant des actions continues par tous les moyens possibles. »
Quartiers de femmes et prisons participant à la grève de la faim
Lors de cette 134e semaine, un groupe de détenus de la prison de Gatchsaran a publié un communiqué rejoignant officiellement la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran. Par conséquent, des prisonniers de 60 établissements à travers le pays se sont unis au mouvement et ont entamé une grève de la faim.
Liste des quartiers et prisons participants :
Les quartiers des hommes et des femmes de la prison d’Evin, les quartiers des hommes et des femmes de la prison de Sepidar à Ahvaz, les quartiers des hommes et des femmes de la prison d’Adelabad à Chiraz, les quartiers des hommes et des femmes de la prison de Zahedan, les quartiers des hommes et des femmes de la prison de Yazd, les quartiers des hommes et des femmes de la prison de Lakan à Racht, la prison de Qarchak à Varamin,
la prison de Ghezel Hessar (unités deux, trois et quatre), la prison centrale de Karaj, la prison de Fardis à Karaj, la Grande prison de Téhéran, la prison de Khorin à Varamin, la prison de Choubindar à Qazvin, ainsi que les prisons d’Ahar, Arak, Langroud à Qom, Khorramabad, Boroudjerd, Yasoudj, Asadabad à Ispahan, Dastgerd à Ispahan, Sheiban à Ahvaz, Nezami à Chiraz,
Firouzabad dans le Fars, Dehdacht, Borazjan, Ramhormoz, Behbahan, Bam, Kahnoudj, Tabas, la prison centrale de Birdjand, Machhad, Gorgan, Sabzevar, Gonbad-e Qabous, Qaemshahr, Roudsar, Haviq à Talesh, Azbaram à Lahidjan, Dizelabad à Kermanchah, Ardabil, Tabriz, Oroumieh, Salmas, Khoy, Naqadeh, Miandoab, Mahabad, Boukan, Saghez, Baneh, Marivan, Sanandadj, Kamayaran, Ilam, Kerman, Boroudjen, Neyshabour et Gatchsaran.
À propos de la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran
Entrant désormais dans sa troisième année, la campagne des “mardis non aux exécutions” en Iran est devenue l’un des mouvements de protestation les plus étendus, les plus durables et les plus percutants à l’intérieur des prisons du pays. Malgré l’intensification de la pression sécuritaire, les menaces permanentes, les restrictions de communication et les mesures punitives contre les participants, ce mouvement est resté inarrêtable.
Ces dernières semaines, avec l’adhésion de nouveaux détenus de divers établissements, sa portée s’est encore élargie, portant la protestation contre la peine de mort à 60 prisons à travers l’Iran. Une part significative de ces grévistes est constituée de prisonnières politiques purgeant leurs peines dans les quartiers des femmes d’Evin, de Qarchak à Varamin, de Sepidar à Ahvaz, d’Adelabad à Chiraz, ainsi que dans les prisons de Zahedan, Yazd et Lakan à Racht.



















