15 novembre 2025 – La Convention pour un Iran libre 2025 s’est tenue à Washington, D.C., réunissant des centaines de chercheurs, de spécialistes, de défenseurs des droits humains, de jeunes ainsi que des dirigeants de la communauté irano-américaine venus de l’ensemble des États-Unis. Des soutiens et des personnalités de premier plan du monde entier ont également pris part à la convention.

Lors du deuxième panel de la Convention pour un Iran libre 2025, intitulé « Les femmes iraniennes et l’héritage de la Résistance », le rôle des femmes en tant que force décisive dans la construction du mouvement démocratique en Iran a été examiné. S’appuyant sur plus d’un siècle de lutte et sur quatre décennies de résistance organisée, le panel a analysé la manière dont les femmes iraniennes, longtemps ciblées par la discrimination, la répression et la violence d’État, sont devenues les architectes de la stratégie, de l’organisation et du leadership au sein de l’opposition. Avec la participation d’experts de premier plan et de défenseurs des droits humains, la session s’est concentrée sur la façon dont la résilience, le sacrifice et la lucidité des femmes les ont placées au cœur du combat pour un Iran démocratique, laïc et non nucléaire.
Ana Sami : « Notre deuxième panel, Les femmes iraniennes et l’héritage de la Résistance. Mesdames et messieurs, nous allons maintenant nous pencher sur l’une des forces les plus transformatrices du changement en Iran : les femmes iraniennes. Nous avons l’honneur d’accueillir quatre femmes exceptionnelles dont les réalisations incarnent l’esprit de résistance et de renouveau. Merci de vous joindre à moi pour accueillir nos intervenantes. »

Dr Ramesh Sepehrrad – universitaire praticienne, auteure publiée et experte de premier plan en technologie, cybersécurité et politique iranienne :
« Nous allons examiner comment, malgré toute la violence brutale qu’elles subissent, les femmes iraniennes continuent de tenir bon, de s’affirmer et d’accéder au leadership que nous voyons aujourd’hui. Il est extrêmement important de comprendre comment les femmes iraniennes sont devenues une force décisive du changement : un changement pour un Iran démocratique et un changement véritablement inclusif. Nous voyons des femmes issues de tous les milieux et de toutes les composantes de la nationalité iranienne : Azéries, Turques, Kurdes, Baloutches, Lors, toutes les nationalités de la population iranienne sont représentées dans les rangs de la Résistance iranienne.
Aujourd’hui, toutefois, nous allons parler de la culture, la culture qui a transformé des générations de femmes opprimées en un leadership organisé, doté de structure, de stratégie et d’objectifs. Les femmes de l’OMPI (MEK) et de la coalition plus large du CNRI ont montré que la discipline, le sacrifice et la clarté stratégique définissent ce mouvement depuis des décennies. Et nous avons reconnu que le régime a répondu par la brutalité.
Aucun autre pays au monde n’a exécuté autant de femmes que le régime iranien. C’est un fait, mesdames et messieurs. Mais c’est aussi la preuve que les femmes iraniennes ne renoncent pas. Elles se battent, elles sont résilientes, organisées, elles ont une vision, une stratégie, une feuille de route et, surtout, une dirigeante. Oui, elles ont une dirigeante, une dirigeante qui a présenté un plan en dix points, comme cela a été évoqué lors du panel précédent. »

Dr Azadeh Sami – pédiatre certifiée, Fairfax, Virginie :
« Comme vous l’avez dit, le leadership des femmes ne s’est pas imposé sans lutte, et certainement pas du jour au lendemain. Sous la monarchie, les femmes de l’élite bénéficiaient d’une visibilité sélective, mais les femmes politiquement actives faisaient face à une surveillance constante, à l’arrestation, à la torture, à l’exécution et à l’exil. Puis le régime clérical est arrivé et a transformé la misogynie en doctrine d’État, avec le hijab obligatoire, des lois familiales discriminatoires et l’apartheid de genre. Tout cela est devenu des outils de contrôle politique. Depuis lors, dès les premières années, le régime a emprisonné, torturé, exécuté et massacré des femmes, parce qu’il se sentait, et se sent toujours, menacé par elles. Il savait que l’émancipation des femmes signifie la fin de la tyrannie.
Alors, qu’a fait l’OMPI (MEK) ? Et cela a été remarquable. Elle a conçu et mis en œuvre formellement un cadre de leadership émancipateur qui a placé des femmes qualifiées et engagées à des postes de direction stratégique et opérationnelle. Cela a créé une véritable voie permettant aux femmes de diriger, d’organiser et de commander. Trente ans plus tard, cela a fait de l’OMPI le mouvement dirigé par des femmes le plus ancien de la région. Nous avons des femmes dirigeantes opérationnelles à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran.
Les unités de résistance comptent un noyau féminin solide, ce que le régime lui-même a reconnu. Et les rassemblements de la diaspora montrent une participation intergénérationnelle puissante des jeunes, des femmes et des filles. En résumé, on peut dire que cette oppression systémique a permis l’émergence de dirigeantes. Mais au-delà de cela, l’OMPI a créé la structure nécessaire pour autonomiser ces femmes. C’est la voie égalitaire vers un Iran libre et démocratique, vécue dans la pratique et non seulement en théorie. »
Dr Ramesh Sepehrrad : Pouvez-vous nous donner votre point de vue sur la question du hijab ?
Dr Azadeh Sami :
Le débat sur le hijab en Iran est souvent présenté de manière beaucoup trop étroite, car il ne s’agit pas du tissu en lui-même. Et c’est là l’essentiel : il s’agit de la question du choix et de l’autonomie politique. Sous Reza chah, en 1936, les femmes ont été contraintes d’ôter le voile, et de nombreuses jeunes filles voilées ont même été exclues des écoles. Puis, 40 ans plus tard, le régime clérical est arrivé et a imposé le voile, en en faisant un pilier du contrôle politique.
Qu’ont donc en commun ces deux scénarios ? Tous deux refusent aux femmes le droit de choisir. Ainsi, lorsque les femmes iraniennes revendiquent la liberté, elles ne débattent pas simplement d’un code vestimentaire : elles contestent la contrainte étatique sous toutes ses formes. Leurs revendications vont bien au-delà du hijab et reflètent une lutte plus large pour l’égalité, la dignité et la participation à la vie publique.
C’est aussi pour cette raison que, lorsque l’on considère la position de Maryam Radjavi, elle est parfaitement claire : non au hijab obligatoire, non à la religion obligatoire, non au gouvernement obligatoire. Au cœur de cette déclaration se trouvent la notion de choix et les droits fondamentaux. Aujourd’hui, en Iran, les femmes scandent : « Avec hijab, sans hijab, marchons vers la révolution. » Et cela résume tout.

Hannaneh Amanpour, Esq. – avocate, Virginie du Nord :
Dans sa Constitution, le régime avait l’intention d’empêcher les femmes de bénéficier de droits égaux devant la loi. Et pourtant, nous voyons continuellement les femmes iraniennes se hisser en première ligne de la Résistance. C’est un phénomène remarquable qui mérite d’être compris. Au sein de l’OMPI (MEK), on peut observer un modèle particulièrement éclairant de la manière dont cela s’est produit. Dès le début des années 1980, et plus précisément en 1985, des femmes ont commencé à être placées à des postes de pouvoir politique, diplomatique et organisationnel au sein du MEK. Puis, en 1993, nous voyons Maryam Radjavi devenir la présidente élue du CNRI.
Ce que cela démontre au sein du MEK, c’est un modèle représentatif de ce qui est à venir, du potentiel de l’Iran après la transition démocratique, et de ce que les femmes iraniennes pourraient devenir à l’intérieur du pays. Malheureusement, ces avancées se sont faites au prix de lourds sacrifices. Au sein du MEK, non seulement l’organisation est systématiquement diabolisée par le régime et ses relais, mais une attention particulière est portée aux femmes membres du MEK, qui sont les plus ciblées en raison des sacrifices qu’elles ont consentis. Ce n’est pas un hasard, c’est intentionnel. Cela vise à s’attaquer à ce modèle égalitaire éprouvé qu’elles ont mis en place, et qui démontre qu’il est effectivement possible d’avoir une société où chacun bénéficie de droits égaux devant la loi. C’est précisément pour cette raison qu’elles sont prises pour cible.

Dr Ramesh Sepehrrad : Votre point de vue sur le hijab ?
Hannaneh Amanpour :
Il n’y a en réalité aucun conflit entre une femme qui dit « je choisis de porter le hijab » et une femme qui dit « je choisis de ne pas porter le hijab ». Car, au final, l’essentiel est que ce soit leur choix, le choix de la manière dont elles souhaitent se présenter au monde et de ce qu’elles veulent montrer d’elles-mêmes. Lorsque je regarde ma sœur dans la révolution qui porte le hijab et ma sœur dans la révolution qui ne le porte pas, il n’existe absolument aucun conflit entre elles. Nous pouvons lutter ensemble pour les droits des femmes devant la loi, dans une société où chacun a la liberté de porter ce qu’il souhaite, ce qui lui donne le plus de force et de confiance.

Dr Azadeh Zangeneh – médecin interniste, Cleveland (Ohio) :
Cette réalité s’inscrit dans l’histoire profonde des femmes iraniennes et dans leur rôle central en tant que colonne vertébrale de chaque grand mouvement de changement : de la Révolution constitutionnelle de 1906, à la lutte contre la monarchie, en passant par la répression des années 1980 et jusqu’aux vagues de répression les plus récentes. Le fil conducteur est clair : les femmes ont dirigé ces mouvements. Le modèle dirigé par des femmes au sein de l’OMPI (MEK) est à la fois le prolongement et l’élévation de cette lutte historique.
Depuis des décennies, les femmes en Iran et au sein du MEK exercent un véritable leadership, non pas symbolique, mais concret, dans des rôles opérationnels et stratégiques exigeant discipline, sacrifice et vision. Cette organisation a véritablement brisé le plafond de verre en matière de leadership féminin.

Elles occupent des postes clés, et cela n’a rien d’accidentel. Il s’agissait d’une correction stratégique face aux normes dominées par les hommes, en Iran comme à l’extérieur, et d’une nécessité révolutionnaire pour rompre avec les fondements patriarcaux et jeter les bases d’un Iran réellement démocratique.




















